mercredi 27 septembre 2017

Une idée de projet



Etant désormais pour un temps au Canada, c'est le moment de se pencher sur les projets à venir.
Pour le moment toutes mes idées sont à un stade peu avancé : je ne peux pas encore travailler au Québec, mais je peux au moins réfléchir, mettre en forme, et lancer des études de marché.
L'une des idées qui nous plait le plus à ma moitié québécoise et moi, c'est le coffret littéraire.
En France, ça fonctionne du feu de dieu ! Tu t'abonnes en ligne pour un mois ou plus, et tu reçois chaque mois chez toi une boîte contenant un roman, du thé, de la papeterie et des goodies. C'est cool, original, et ça permet de découvrir plein de nouvelles choses.
Au Québec il n'y en a pas encore beaucoup. Et surtout, il n'y en a pas encore pour les geeks comme moi, ceux qui aiment les littératures de l'imaginaire et les produits dérivés !
Alors on s'est dit : et pourquoi pas ? Tâtons le terrain, voyons si ça intéresse des gens dans la belle province.
Alors voici un petit formulaire Google à remplir par les québécois, ou les canadiens francophones d'autres provinces canadiennes qui seraient intéressés par ce projet :


Le coffret littéraire serait mensuel, comporterait un roman lié à la fantasy, la science-fiction ou le fantastique, un breuvage chaud, une gourmandise, de la papeterie et potentiellement des supers goodies geeks (littérature, BD, série TV, films, jeux vidéos, manga !).

Si vous êtes canadien, ou si vous connaissez des canadiens, n'hésitez pas à jeter un oeil et à faire tourner.

Cet embryon de projet me permet d'aller de l'avant après avoir quitté la librairie, de me focaliser sur mon avenir professionnel et de ne pas tourner en rond chez moi ! 
Ma moitié travaille (ben oui, pas besoin de permis pour lui, monsieur est du pays) et passer le temps avec le félin et le canidé peut parfois virer à l'ennui !
Autant dire qu'en trois semaines j'ai bingewatché Izombie (drôle !) avancé dans ma lecture de Mausolée d'Antoine Traqui (mais je suis un peu déçue) et terminé de lire La servante écarlate de Margaret Atwood (édifiant). J'en parlerai peut-être dans d'autres billets ;)


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jeudi 14 septembre 2017

Changement de pays, changement de vie



J'ai trop longtemps délaissé ce blog, cet espace d'écriture dans lequel je me sens à l'aise, cet espace de parole dans lequel j'arrive à exprimer mes envies, mes passions, mes joies, mes peurs et mes doutes.
La raison est certainement que ces trois dernières années je n'avais plus le temps.

Je ne prenais plus le temps.

Pour tout avouer je ne prenais le temps de faire grand chose.
Ouvrir ma librairie était un rêve d'enfance, que je suis extrêmement heureuse d'avoir achevé. Mais durant ces trois années de création j'ai mis beaucoup de choses entre parenthèses.
J'ai mis ma vie de famille entre parenthèses, j'ai mis mes loisirs entre parenthèses, j'ai mis ma santé entre parenthèses.
Je vivais un rêve, alors forcément ce n'était pas grave. L'important était que, ça y est... j'y étais enfin arrivé : Ma librairie. Notre librairie. Le lieu que j'avais toujours imaginé, dédié aux littératures de l'imaginaire, à la bande dessinée : agréable, accueillant, chaleureux, plein de trésors et de mes oeuvres favorites.

J'étais dans une bulle, une bulle très prenante me direz-vous... 

J'ai commencé par travailler 6 jours par semaine en boutique, puis le dernier jour restant à travailler de la maison : répondre à des mails, gérer les factures, gérer la logistique, sans oublier de devoir lire (faut bien conseiller).
Nous avons pu souffler au bout d'un an, et passer à 5 jours par semaine en boutique chacun (la librairie est ouverte 7/7 jours, 360 jours par an).

Mon conjoint a été d'une patience prodigieuse, surtout lorsque mes nerfs lâchaient et qu'il devait me ramasser à la petite cuillère.
Il m'a soutenu tout du long : émotionnellement, financièrement, et même professionnellement en travaillant sur le site et le logiciel de la librairie.
Puis il y a un an, des problèmes de santé sont survenus dans sa famille, au Québec. Car ma moitié est québécoise, avec cet accent qui donne le sourire et sa passion de la pizza et du bon steak grillé !
Après quelques semaines au Canada pour passer du temps en famille, il est revenu en France avec l'envie de repartir vivre dans son pays (qu'il avait quitté cinq ans plus tôt).

Ce fut un sacré choc pour moi : nos projets n'incluaient pas de devoir quitter la France. Nous imaginions couler des vieux jours sur la côte océanique ou sous le soleil du Sud-ouest, mais il n'était pas question auparavant de quitter cette bonne vieille Europe.
J'ai mis du temps à accepter, je pensais que c'était un coup de tête dû aux soucis familiaux. Mais non, la graine était plantée et elle avait germé dans l'esprit de ma moitié.
Après plusieurs mois de conversations sur le sujet, après avoir longuement parlé de la librairie et de son avenir, nous sommes finalement tombés d'accord.
J'allais partir au Canada. Mon associé, J., s'occuperait avec d'autres personnes de faire tourner l'entreprise, et je céderai mes parts.
Ce fut un choix difficile : devoir tout quitter, mon pays natal, mes amis, ma famille, et cette librairie à laquelle j'ai dédié tout mon temps depuis deux ans déjà à l'époque.

La librairie était le plus gros problème pour moi, elle n'avait pas encore deux ans complets d'existence, elle était encore en plein développement, et je devais déjà la quitter. Je ne m'en sentais pas capable au début, je n'arrivais tout simplement pas à l'envisager.
Puis mon conjoint a réussi à me faire lâcher prise petit à petit. Cette librairie, c'est mon bébé, mon oeuvre que j'ai porté et façonné toutes ces années et à qui j'ai enfin donné naissance... mais ce n'était pas toute ma vie. Je suis encore jeune, les possibilités sont infinies, je peux encore donner naissance à d'autres beaux projets comme celui-ci ailleurs. La quitter n'est pas forcément la mettre à mort, c'est passer le relai à quelqu'un d'autre, la laisser entre les mains de personnes qui sauront la soutenir et la faire prospérer, et m'élancer vers de nouveaux horizons.




Aujourd'hui je suis installée au Canada, parrainée par mon conjoint pour devenir Résidente permanente.
J'ai laissé la librairie entre les mains de J., C. et N., et je me projette désormais sur d'autres choses.
Déjà, je donne du temps à mon foyer, je rattrape ces trois dernières années où je rentrais à 21h le soir, épuisée, où je travaillais les samedis et dimanches, où je faisais des heures sup tous les deux jours et plus encore à la maison.
Je me refais une santé aussi. On dirait que mon corps a pris dix ans en trois ans. J'ai des problèmes qu'ont les personnes âgées ou les femmes enceintes sans l'être ! Le stress, car je suis une angoissée de la vie, m'a précipité dans cet état là.

Depuis ces quelques jours où je ne travaille plus, mon corps se refait une santé.
Je comprends désormais ce que veux dire le mot "burn-out", j'ai quand même mis du temps à envisager que cela avait pu m'arriver. Ce terme englobe tout et n'importe quoi, mais il est finalement adéquat : les québécois disent "je suis brûlé" lorsqu'il sont fatigués, et c'est exactement ça. J'étais "brûlée" pendant 3 ans, physiquement et psychologiquement. La France ne pousse pas à la création d'entreprise, c'est un processus lourd, épuisant, des démarches longues et fatigantes. Puis une fois qu'elle est créée, les impôts tombent, la facture est salée pour les TPE, et personne ne vous fait de cadeau dans ces conditions : ni votre banquier avec ses taux d'emprunt, ni votre propriétaire avec son loyer mirobolant, ni le gouvernement avec ses taxes étouffantes.

Il semblerait qu'ici, au Canada, les choses soient plus simples pour les gens qui veulent créer leur métier. Quand je regarde quelles seraient les démarches à faire pour ouvrir un commerce, je suis estomaquée de voir que cela demanderait deux fois moins de temps et d'argent. Je ne dis pas que c'est facile, mais juste plus facile qu'en France !

Pour le moment j'explore les possibilités : je ne peux pas encore travailler, j'attends mon permis de travail ouvert. Je suis sûre d'avoir envie de créer autre chose, mais je ne sais pas encore exactement quoi. Peut-être une librairie, ou peut-être autre chose. Le marché du livre n'est pas le même ici, mais le potentiel est là.

Ces prochains mois me feront peut-être changer de voie, mais je crois que ma passion pour les livres et la culture est trop grande pour dévier totalement de chemin.
Dans tous les cas, je suis plus sereine qu'avant face à l'avenir. Ceci aussi grâce à ma moitié, avec qui je me sens bien et qui m'offre une vie royale aux pays des Caribous (avec le félidé et le canidé, qui adorent leur nouvel appartement et leur petit jardin). Il m'offre la possibilité de pouvoir recommencer ailleurs (heureusement me direz-vous, j'ai tout quitté pour lui quand même !), et la chance de découvrir un autre pays.




Pour le moment, le Canada tient ses promesses. Montréal est une ville magnifique, culturelle et pleine de vie. Je découvre une douceur de vivre loin de la pression de la capitale parisienne, plus proche du reste de la France tout en demeurant une grande métropole (1.7 millions d'habitants tout de même). Ma famille et mes amis me manquent, mes collègues et les clients aussi... mais je fais de belles rencontres et suis entourée de personnes généreuses et aimantes.
Il ne manque plus que ma bibliothèque, envoyée par cargo, pour que je me sente totalement à la maison ! (vous pensiez que j'allais la laisser derrière moi ? Mes 25 cartons de livres ? Jamais !)

Je vous tiendrai de nouveau au courant de mes coups de coeur de lecture, et de mon nouvel horizon professionnel. J'espère retrouver le plaisir d'écrire ici, comme j'ai retrouvé le plaisir de rêver.

A la revoyure.

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