mercredi 25 février 2015

La danse des étoiles de Spider et Jeanne Robinson




Le temps s'égraine doucement depuis l'ouverture. Il y a plein de choses à faire, de la paperasse, de la manutention, et beaucoup de lecture à rattraper, mais les vacances font que le quartier est dans une sorte de torpeur qui impacte notre commerce.
Ahhhh, les vacances... un doux moment de solitude pour ceux qui n'en prennent pas ! Je souris gaiement quand mes amis me racontent leurs prévisions de vacances au ski, de raclette et de fondue après une bonne journée de neige, autour du feu. Ça me fait un peu envie... je dois l'avouer.
Mais j'aurais pour le moment du mal à laisser ma librairie plus de deux jours pour le moment. C'est trop frais, j'ai trop envie d'y être. Revoir à nouveau ces cartons remplis de belles nouveautés me met en joie.
Je ramène des cabas plein de bandes dessinées le soir, je lis mes romans de SF jusqu'à plus d'heure, j'avais perdu ce rythme depuis près d'un an.

Dernièrement j'ai lu un très bon roman des éditions Actusf, il 'agit de La Danse des étoiles, de Spider et Jeanne Robinson. Un roman initialement paru aux Etats-Unis en 1977, qui a raflé tous les grands prix de SF : Hugo, Nebula, Locus, et qui n'a pas été réédité en France depuis bout de temps.

Sauf que... je suis frustrée. Je conseille ce roman à des amateurs de Science-fiction, et je me rends compte que, alors que je pensais ces lecteurs ouverts d'esprit, certains sont très têtus !
Car si je vous raconte l'histoire de La danse des étoiles, les trois quarts du lectorat masculin qui lit cette chronique va me dire "ouais... ça a l'air bien... mais non". Et je dis bien masculin.

Pourtant, le narrateur de l'histoire est un homme, Charlie, cynique, désabusé, alcoolique notoire, parfois odieux connard, qui nous raconte sa rencontre avec une femme extraordinaire qui va changer la face du monde. Ancien danseur destiné à une carrière prometteuse, Charlie a eu la malchance de croiser la route d'un cambrioleur tendu de la gâchette. Une balle dans la hanche l'empêche de vivre sa vocation, et lui laisse un douleur et des regrets perpétuels. Pour palier à cette carrière manqué, Charlie est devenu monteur de film pour des compagnies d'artistes. Il fait la rencontre de Shara, jeune danseuse extrêmement talentueuse, mais dont la grande taille et les formes pulpeuses freinent son ascension dans le monde de la danse. Cette discrimination la pousse à tenter ce que nul homme n'a jamais fait : danser dans l'espace, en apesanteur. Charlie décide de la suivre, et va se retrouver à un tournant de l'histoire humaine : le premier contact avec une race extra-terrestre. Lui et Shara, seuls êtres humains à comprendre la manière de communiquer de ces êtres étranges à l'air hostiles, vont devoir sacrifier leur vie pour sauver l'humanité.

Alors voilà, La danse des étoiles est un roman sublime sous tous rapports : il nous plonge dans l'espace d'une manière inhabituelle, mais son côté artistique, c'est à dire sa mise en avant de la danse, semble embêter la gente masculine. Pourtant le roman n'est pas niais, il ne parle pas que de danse, il parle de l'espace, de l'apesanteur, des étoiles, de l'humanité et véhicule des idées novatrices et inutilisées dans le genre, mais les potentiels lecteurs s'arrêtent à ce fait : les héros sont des danseurs. Bon. Et alors ? C'est un fait, mais ça ne fait pas tout le roman. L'intrigue est plus vaste, et le roman est superbe.

Alors moi je vous le conseille vivement, il m'a passionné d'un bout à l'autre, c'est un bon argument non ? Non ? Bon.

Bref, voilà pour le dernier coup de coeur en date de Guix.

Je vais retourner à la douce tranquillité de la vie dans la librairie. Si vous voulez nous aider à avoir un peu d'action, vous pouvez passer aujourd'hui 25 février pour rencontrer Thierry Gaudin et Romain Ronzeau, les auteurs de la série de BD d'humour et d'espionnage Espions de famille à l'occasion de la sortie du tome 4. 



C'est vraiment une très chouette série, où l'on suit un ado, Alex, persuadé que son Papy raconte des craques lorsqu'il lui parle de son passé d'espion à la 007. Or, lorsqu'il disparaît, Alex va prendre conscience du passé musclé et véridique de son Papy, et devoir l'aider à vaincre l’un de ses vieux ennemis, l’infâme docteur Mordicus.

Espions de famille

Un mélange doux dingue entre James Bond (version Papy) et un Chérub humoristique.
La dédicace est à 16h, si vous voulez vous offrir une belle dédicace illustrée du dessinateur, et même découvrir ses autres BD (Love is in the Air Guitare, Carnets de mariage et Billets d'amour, destinée à un public uniquement adulte par contre pour celles-là), c'est le moment.


Carnets de mariage

J'en profite pour vous annoncer nos futures animations (on a pas encore de site internet - en construction - donc je fais ma petite promo, au cas où ça vous intéresse) :

Le mercredi 11 mars
à 18h, rencontre avec Gabriel Katz pour sa saga Aeternia chez Scrinéo, le premier tome est dans la veine de romans de David Gemmell, avec son héros guerrier et charismatique qui fait siffler le tranchant de sa hache comme un certain Druss.



Le samedi 14 mars à 18h pour le collectif Glory Owl, avec Gad et Bathroom Quest pour parler de leurs strips mordants et trash qui font le bonheur de nos zygomatiques.

Glory Owl

Le samedi 28 mars dès 14h avec Philippe Ogaki pour sa BD de SF Terra Prime, un mélange de science-fiction et de fantasy qui fait écho (pour moi) à des séries de SF comme La romance de ténébreuse et à des univers comme Star Wars.



Voilà voilà, bon, lisez la Danse des étoiles, s'il vous plait, et transmettez sa bonne parole autour de vous ! Amen.



CITRIQ
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jeudi 12 février 2015

L'obsession des canidés

Y a pas à dire, reprendre le boulot ça me motive à lire et à écrire à nouveau.
Donc, pour votre plus grand plaisir (mais surtout le mien), je vais continuer à écrire mes chroniques de lectures ici.

Que cela soit bien clair, ce blog n'est pas le site internet de la librairie que j'ai crée avec Ju, ce blog est un terrain de jeu et d'écriture pour moi, Guixxx, dans lequel vous pouvez lire ce que j'ai pensé de mes dernières lectures. Pour voir la vitrine de notre librairie c'est par ici, et pour avoir la liste et les critiques de nos coups de coeur à tous les deux c'est par . Nous n'avons pas encore de site internet, il est en construction !

Voilà, maintenant que ce fait est établi, je vais pouvoir à nouveau m'épancher sur ma petite vie insignifiante et mes lectures divertissantes, comme autrefois.

Je disais donc, reprendre le taff, ça redonne du poil de la bête ! Enfin, de la motivation, parce que côté santé c'est pas trop ça. En ce moment avec Ju, on ressemble à des déterrés. Les yeux rouges, les cernes jaunes, le poil cassant et le nez coulant. Surtout  moi, depuis quelques jours je me traîne un virus. A ce qu'il paraît c'est la saison. Sauf que je préférerai être au milieu de mes rayonnages que coincée au lit avec un rouleau de PQ comme mouchoir.
Du coup je me suis entourée de tous les livres que j'ai rapporté du boulot. Maintenant qu'on a ouvert, on recommence à avoir des services de presse (petit rappel : ouvrage que l'éditeur nous envoie avant parution pour que l'on puisse le conseiller et le mettre en avant. Ce qui permet au libraire de savoir à l'avance quels livres il va conseiller, recommander et surtout de ne pas être trop en retard par rapport aux parutions), alors je dévore goulûment les dernières nouveautés de SFFF (comprenez Science Fiction Fantasy Fantastique). Je suis actuellement en train de lire un ouvrage de la maison d'édition Super 8 qui s'annonce passionnant : L'ombre, de Stephen Lloyd Jones.

Mais je ne vais pas vous parler de celui-ci, que j'ai entamé depuis hier seulement. Je vais vous parler d'un autre Super 8 qui est paru l'année dernière : L'obsession, de James Renner.



Il a été nominé au Grand Prix de l'Imaginaire 2015, et j'en suis très contente! Cela doit surprendre pas mal de gens, parce que le résumé laisse penser qu'il s'agit d'un polar, et même la future édition de poche chez Pocket induit le lecteur en erreur en le classant dans sa collection "Thriller". Ce n'est pas une première avec Pocket, ils avaient déjà fait le coup avec The city and the city de China Miéville, et on peut dire que pas mal de Mo Hayder sont du genre fantastique autant que polar. Mais passons...

L'obsession commence effectivement comme un polar. David Neff est un journaliste qui roule sur l'or depuis que l'un de ses ouvrages - une enquête approfondie sur les meurtres présumés d'un pédophile exécuté depuis plusieurs années - a fait éclater une erreur judiciaire au grand jour. 
Mais cette investigation lui a personnellement coûté : sous anti-dépresseurs lourds suite à un syndrome de stress post-traumatique, il a du faire face au suicide de sa femme et élever seul son fils nouveau-né, avec qui il vit reclus depuis près de quatre ans. 
C'est un fait divers qui va le faire sortir de sa confortable retraite. Son éditeur lui propose d'enquêter sur une mort étrange, celle de "l'homme de Primrose Lane", un ermite qui a été retrouvé tué d'une balle dans le corps, les doigts coupés et passés au mixeur. Qui était "l'homme de Primrose Lane" ? La police le surnommait "l'Homme aux mille moufles", car il ne sortait jamais les mains découvertes, été comme hiver. Pourquoi n'y avait-il aucune empreintes digitales chez lui ? Comment se fait-il qu'il n'existe aucune photo de lui, et que son nom, Joe King, soit en fait emprunté à un enfant décédé quarante ans plus tôt ? Et surtout, pourquoi suivait-il depuis des années une jeune inconnue, Katie, qui ressemble comme deux gouttes d'eau à la défunte femme de David, Elizabeth ?

Vous me direz, tout ça a de quoi faire un très bon polar ! Et pendant la première moitié du roman, il s'agit exactement de cela, un excellent polar, où chaque réponse entraîne de nouvelles questions. On en apprend plus sur le décès de la femme de David, laquelle est mêlée depuis l'enfance à d'autres enquêtes non élucidées. Petit à petit, un simple fait divers prend une ampleur phénoménale, l'affaire devient tentaculaire et le lecteur ne sait plus où donner de la tête. 
Que croire ? Qui croire ?

Je n'en dirais pas beaucoup plus, juste que la moitié du roman marque un tournant dans l'histoire. Le fantastique fait son entrée dans le récit, et pas sournoisement ou insidieusement comme cela arrive souvent, non il défonce la porte à gros coup d'écrase-merde 44 fillette, s'il vous plait ! Pour certains cela risque de paraître étrange. Pour moi, c'était un retournement de situation inattendu (bon, on m'avait prévenu que l'explication serait dévoilée au milieu du livre, alors depuis le début je cogitais, je cherchais des explications métaphysiques fantastico-magicalafrigilix à droite à gauche, mais je me trompais lourdement !).
Je n'en dirais pas plus, je dirais juste que cette enquête, dont les méandres étaient déjà étourdissants, prend une nouvelle dimension. Et le final, glaçant, est le point d'orgue du roman.

Et en ce début d'année, de toutes mes lectures de janvier/février, il s'agit de mon plus gros coup de coeur. Viennent ensuite les nouvelles de Lisa Tuttle chez Dystopia Workshop, le recueil Les chambres inquiètes, mais comme d'habitude avec les nouvelles, il y en a toujours que je trouve moins intéressantes que d'autres, et cette qualité en dents de scie m'embête. Je préfère définitivement lire des romans que des nouvelles.

Peut-être plus tard vous parlerai-je d'un roman pour ados qui m'a beaucoup fait rire et que j'ai dévoré, Etiquette et espionnage de Gail Carriger (l'auteur du Protectorat de l'ombrelle) édité chez Orbit et à paraître sous peu dans la collection Livre de poche. Un roman qui mélange fantastique, steampunk et humour dans un pensionnat anglais pour jeune filles pas comme les autres, et un délice de lecture !

Sur ce, je vais retourner me moucher (mon nez ressemble à une betterave), on me dit dans l'oreillette que je dois me reposer, je vais en profiter pour avancer dans l'Ombre de Llyod Jones.

Je vous quitte sur cette splendide photo du canidé qui a fait ses premiers pas titubants dans la librairie lundi dernier, faisant fuir quelques livreurs au passage. Il ne sera pas là très souvent, mais je promeus ainsi les canidés en librairie, un peu comme mon ancienne campagne "les félidés en librairie" (voir les premiers posts du blog).



*POUF*



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dimanche 1 février 2015

Ouverture et tralala

Voilà, ça y est, après des mois de recherches, des semaines harassantes à s'occuper de l'administratif, puis des travaux, puis de l'administratif, puis de la manutention, puis de l'administratif (quoi, je me répète ?), on a enfin ouvert cette librairie.

La dimension fantastique.

On a ouvert hier, samedi 31 janvier, et on se sentait pousser des ailes.
On prend tranquillement nos marques, on reprend nos bonnes habitudes acquises lors de nos précédentes expériences, on essaye de se débarrasser des mauvaises (celles des branleurs au chômages qui se sont prélassés dans leur canap' pendant des mois en attendant que ça bouge).

On prépare nos nouveautés, on organise nos premières dédicaces, on sourit benoitement devant notre premier chiffre d'affaire. La vie est belle depuis hier !

Bon allez, je vous mets quelques photos, les fruits de notre dur à labeur à Julien et moi.








Pour ceux qui n'ont pas suivi (ou ceux qui débarquent ici pour la première fois), la librairie s'appelle donc La dimension fantastique, se situe au 106 rue La Fayette dans le 10ème arrondissement de Paris, et elle est spécialisée en littératures de l'imaginaire et en bandes dessinées en tous genres pour tout public. Bref, tout ce qu'on aime !

On a même installé un petit coin détente, notre Batcave, avec canapé, fauteuil moelleux, thé et café en libre service, des ouvrages à consulter (pas les mêmes que ceux en vente) et qui accueillera des expos temporaires de temps à autre ainsi que des vitrines pleines de figurines !

Bon voilà pour la publicité gratuite. sachez que je suis exténuée, crevée jusqu'à la moelle, mais heureuse (bien qu'un peu anxieuse : on se demande toujours "est-ce que les gens vont venir ? Vont aimer ? Vont revenir ? Vont acheter ? Vont nous aimer ? Est-ce que j'arriverai à payer mon loyer ?" tout ça quoi... pas du tout des questions importantes.)

Du coup j'ai repris les lectures de nouveautés! Je me suis rattrapée sur une lecture de chez l'Atalante de fin d'année 2014 : Celle qui a tous les dons, que j'ai beaucoup aimé, et je suis en train de dévorer Aeternia de Gabriel Katz chez Scrinéo. On espère d'ailleurs faire une dédicace pour ce livre sous peu.(fin février début mars ?)

En attendant on reçoit avec joie Brendan Leach qui est l'auteur de l'excellente BD Iron Bound  (New Jersey, 1961, on suit des petits gars en blousons noirs pris dans les traffics de la mafia et les guerres de gangs) et Les chasseurs de Ptérodactyles, toutes les deux éditées chez Cà et là. Il vient le vendredi 6 février à 18h30, et on va devoir pratiquer notre anglais... hm hm!



On accueille aussi Alice Scarling le samedi 14 février à 16h. C'est une jeune auteur parisienne de Bit'lit' éditée chez Milady, et elle vient signer son troisième opus de Requiem pour Sascha. On a été heureux de voir les réactions passionnées de ses lectrices après l'annonce (passionnées c'est le mot!).

Je sais... je suis retombée dans la promo gratuite... mais je suis fière quoi, zut flûte crotte, laissez moi exprimer ma joie ! (Je suis joie, je suis amour, je danse intérieurement comme Mickael jackson, en vrai j'ai mal partout et j'ai froid - problèmes de chauffage -)

Bon, je vous attends moi maintenant... je suis à la librairie, transie de froid, avec l'espoir de vous y voir pour échanger un brin de parlotte. A tantôt donc ?
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