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Dark Eden, de Chris Beckett


Parfois il faut mettre ses à priori de côté. 

Pour moi, les éditions Presses de la cité, c'était surtout du roman de terroir pour petites vieilles de province (bouuuuh, la sale parisienne !). Je voyais arriver du Signol, du Bourdin, Anglade ou Annie Degroote dans ma librairie, et je voyais toujours les mêmes clients, très sympathiques au demeurant, mais ayant la particularité de faire partie du "troisième âge" venir les chercher. Peut-être devrais-je me mettre au Terroir, me direz-vous, mais là n'est pas la question. J'étais persuadé que les éditions Presses de la cité ne sortaient que cette collection, Terres de France. Or, il s'avère que Presses de la cité publie de temps à autre d'excellents romans de science-fiction.
Si si, c'est bien vrai ! Et Dark Eden est là pour le prouver.
Alors certes, la mention "Prix Arthur C. Clarke" sur sous le titre a attiré mon attention. La couverture hypnotique s'est chargée du reste. Mais c'est le contenu qui m'a captivé ! 
J'ai commencé Dark Eden dans le métro le matin du jeudi 30 avril. Je l'ai terminé le 1er mai, après l'avoir baladé dans mon lit, dans mon bain, dans le métro, derrière le comptoir de caisse de ma librairie... je n'arrivais tour simplement pas à le lâcher ! Et j'aime ces lectures là, celles qui vous obsèdent tellement que vous aimeriez arrêter de vivre juste pour pouvoir les terminer. Ne plus dormir, ne plus manger, ne plus travailler, juste pour pouvoir continuer la lecture.



Peut-être auriez-vous besoin d'un petit résumé ?

Dans un futur plus ou moins proche, une communauté humaine tente de survivre sur une planète sans lumière nommée Eden par leurs ancêtres. John Lampionrouge a été bercé toute son enfance de l'histoire d'Angela et Tommy, le couple de survivants humains originels qui a atterri sur Eden et attendu toute sa vie qu'un vaisseau de secours terrien vienne les chercher.
160 ans après, les descendants de Tommy et Gela attendant toujours au même endroit des nouvelles de la Terre, Les histoires de la planète mère sont devenues des mythes, relayés de manière orale de génération en génération. La technologie s'est perdue avec le crash des vaisseaux, et la culture de la Terre persiste seulement à travers les traditions familiales déformées au fil des décennies. Alors que son peuple végète dans l'attente d'un aide extérieure inexistante, refusant totalement de s'adapter au monde qui l'entoure et de partir à sa découverte, John, tout juste un pubieux de vingt ventrées, va bouleverser l'ordre établi en forçant sa communauté à regarder la vérité en face et à partir à la découverte des territoires d'Eden, au péril de sa vie et de ceux qui lui sont proches...

Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu ce genre de roman. Le roman pourrait ressembler à un mélange de science-fiction et de fantasy, du fait de la description d'Eden - de sa faune et sa flore -, et de la civilisation presque préhistorique que forme John Lampionrouge et sa famille.
Mais c'est clairement un roman de Science-fiction, à travers les histoires que raconte le peuple de John, le lecteur comprend que la dénommée Angela et son collègue Michael étaient des "flicorbitaux", partis arrêter un vaisseau spatial mené par Tommy et deux de ses compagnons pour aller traverser un trou de ver (ou un trou noir ? Les personnages l'appellent "hole-in-sky", traduit en français par "trou-dans-ciel") et plonger dans l'inconnu de l'espace malgré l'interdiction formelle du président. 
Ils ont tous atterri sur Eden, et plus tard Michael et les deux compagnons de Tommy sont repartis sur Terre pour chercher du secours, laissant Angela et Tommy en arrière. Malheureusement leur vaisseau était endommagé, personne ne sait si ils ont réussi à revenir sur Terre.

Issue des enfants d'Angela et Tommy (eux-même savent qu'il y a dû avoir pas mal d'inceste pour arriver à créer en 160 ans une communauté de 500 personnes comme la leur, malgré les lois édictées par Tommy à l'origine "tu ne coucheras point avec ton frère ou ta soeur"), la communauté de John est retombée à une sorte d'âge de pierre. Les voitures, vaisseaux spatiaux, avions, "ordi-nateurs" et "L'éctricité" ne sont plus que des contes murmurés au coin du feu par les plus anciens des Familles.

Alors que son peuple se complaît dans cette attente désespérante, John sait qu'ils doivent recommencer à explorer, à s'adapter, à évoluer et à inventer des nouvelles choses comme leurs ancêtres. Son personnage est très intéressant, à la fois très porté sur l'évolution de son peuple vers un avenir meilleur, mais aussi très égoïste et centré sur son propre héroïsme, son propre courage. John veut marquer l'histoire d'Eden comme ses ancêtres, et ne vit qu'à travers l'empreinte qu'il laisse sur ses proches. Il s'entourent d'autres pubieux (comprenez adolescents) comme la belle mais surtout maline Tina Picarbre, qui comprend les enjeux des décisions de John et le soutien comme elle peut face à une foule de conservateurs moribonds, ou comme Jeff, un pré-ado "griffu" - né avec les pieds déformés comme d'autres naissant avec des becs-de-lèvres dans cette communauté consanguine - dont l'handicap lui a apporté une compréhension du monde qui les entoure totalement unique.

J'ai adoré la description de ce monde, Eden est une planète sans soleil, sa seule lumière est issue de son activité géothermique et de la bioluminescence de toutes les formes de vies qui la peuple (sauf les humains). Chris Beckett invente tout un bestiaire d'animaux et de plantes, les rats-bijoux, les rats-volants, les laineux, les sournois, les fleurs-étoiles, les arbres-à-lampions..., une faune et une flore extraterrestre que les humains vont devoir apprendre à chasser, à dompter ou à découvrir pour survivre. C'est cette partie de l'univers de Dark Eden qui m'a le plus fait penser à de la Fantasy, cette sorte de magie qui transparaît de cet environnement alien, et ces fabuleuses descriptions qu'en fait l'auteur. La façon de décrire de l'auteur est très visuelle, et le lecteur s'imagine avec facilité cet écosystème inventé.

Difficile après ça de passer à une autre lecture. Pour faire une transition moins difficile j'ai entamé deux romans de jeunesse, un pour les 8/10 ans appelé Fairy Oak qui sortira en juin et qui plaira aux petites filles friandes de fées et de sorcières, et un autre pour les ados, les Autodaffeurs, qui pour l'instant me tient bien en haleine !

Bref, vous l'aurez compris, Dark Eden, c'est d'la balle, gros pouce en l'air, coeur qui fait chabadabada = il faut le lire ! Point final.



Commentaires

  1. Arrête de me tenter avec tes lectures !
    (Au passage, ravie d'apprendre que les Autodafeurs te plaît ;) )

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    1. Moi, te tenter ? Jamais de la vie ! Oui j'accroche bien et j'ai déjà réussi à le conseiller en boutique ;)

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    2. Fais pas l'innocente ! (Bon je m'en plains pas tellement non plus, je suis ravie de ce que tu m'as conseillé pour l'instant ! cf L'épouse de bois <3 ).
      Cool :D
      C'est une de mes meilleures ventes ;)

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    3. Vendu le T.3 à l'instant ;)

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  2. Ah, je note - je note parce que vu la liste de livres que j'ai décidé de lire/relire, ce n'est pas gagné.

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  3. Hello. J'ai reçu Eden dans ma commande SFFF mensuelle, hâte de m'y mettre!

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    1. Trop chouette ! Hâte d'avoir le retour :)

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    2. Merci pour cet avis...un livre de plus sur ma liste trop longue de livres à acheter :-(
      Je viens de voir aussi que la suite "les enfants d'Eden" de Chris Becket vient de sortir aux éditions Presses de la cité ;-)

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    3. Oui et je tarde beaucoup trop à le lire... honte.

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