dimanche 1 mars 2015

Etiquette et espionnage, de Gail Carriger

Je vous avais déjà parlé de la saga Le protectorat de l'ombrelle. Mélange de Steampunk, de fantastique et d'humour, c'est une série de romans de Gail Carriger que j'avais apprécié, une lecture détente à la fois bien conçue et bien écrite, mais dont le côté "romance" trop appuyé m'avait un peu ennuyé.


Du coup j'ai tenté sa série Le pensionnat de Mlle Geraldine en lisant le premier tome Etiquette et espionnage, paru chez Orbit l'an dernier, et je peux vous dire que j'ai passé un délicieux moment. Alors pour être honnête, celui-ci est plutôt destiné à un lectorat d'adolescents ou de jeunes adultes, mais si vous voulez passer un bon moment de lecture, il peut se lire à tout âge (un peu comme Harry Potter ou Artemis Fowl).

Pour vous conter l'histoire, donc, Sophronia (quel doux nom), jeune fille de bonne famille aux manières désastreuses, se voit envoyée par sa mère dans un pensionnat, histoire de lui apprendre le savoir-vivre afin de devenir une dame du monde. Or, ce que sa mère ne sait pas, c'est que le pensionnat de Mlle Géraldine n'est pas ce qu'il semble être. Certes les professeurs vous apprennent à faire de belles révérences, à servir le thé comme une pro, à accorder votre toilette et à rougir avec grâce, mais aussi comment se protéger des loup-garous et vampires, ainsi que la dissimulation, l'espionnage et l'assassinat en règle. De quoi plaire à Sophronia, au départ bien ennuyée à l'idée de devoir côtoyer de jeunes aristocrates hautaines et futiles.



C'était drôle. Très drôle et bien écrit, l'humour de Gail Carriger, très subtil et décalé, fait toujours mouche, et relève agréablement les aventures de la jeune Sophronia. Mélange de récit d'apprentissage et d'aventure, de fantastique et d'humour, il pourrait conquérir un large public de lecteurs, si ce n'est que son héroïne est une fille, dans un pensionnat de filles (certes de futures espionnes et meurtrières... mais de filles), ce qui déplaira certainement à quelques ados de la gente masculine qui ne pourront pas s'identifier au personnage. Encore une fois je vous exhorte à passer outre le côté féminin du récit, tout l'aspect "manuel du savoir-vivre" de l'histoire et du pensionnat est tourné en ridicule, et est tellement, tellement drôle (les cours pour apprendre à rougir à la perfection, c'est à dire de manière sensuelle et coquette plutôt que d'avoir la face rougeaude et enlaidie, ça m'a fait mourir de rire).

Il faut savoir que l'histoire se passe dans les provinces anglaises d'un XIXème siècle fantasmé : loup-garous, vampires, pirates du ciel dans des dirigeables, domestiques mécaniques, robots tueurs, tout ça agrémente le roman d'un côté fantastique et steampunk, et vu qu'apparement Etiquette et espionnage se déroule dans le même monde que Le protectorat de l'ombrelle, cela permet à l'auteur d'étoffer l'univers de sa première série et de remettre en avant certains de ses personnages à une époque différente. Ce qui pour moi fait une grande différence entre ces deux séries, c'est justement l'absence d'une romance trop lourde (et terriblement prévisible) dans Etiquette et espionnage. Pas de scène de fesse donc, contrairement aux Protectorat de l'ombrelle, public visé oblige. Et c'est très bien comme ça ! On est focalisé sur l'humour de l'auteur et des personnages, et sur l'aventure en elle-même. Le roman n'est pas parfait, certains passages sont un peu rapides (expédiés ?) et auraient demandé un peu plus de développement. Mais ça reste une réussite !

Bref, il sort chez Livre de poche sous peu, je ferais une petite piloute pour pouvoir le conseiller à tour de bras. Et maintenant j'attends la suite, Etiquette et espionnage est une lecture qui fait du bien, ses qualités d'écriture ne gâchent rien au plaisir, alors je ne vais pas me priver.

Et comme les anglophones sont très forts, ils ont fait une chouette bande annonce :



A la revoyure !

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5 commentaires:

  1. La couverture française n'est pas géniale parce qu'elle gomme tout le côté Steampunk. D'un autre côté, ça m'agace ces fantasmes Steampunk de jeunes filles libérées quand on sait quelle était la condition de la femme à l'"époque". C'est quelque chose qui me tient à cœur puisque j'ai essayé d'éviter cet écueil avec mon personnage d'Aglaëe Aglaë.
    Alors, on pourra me dire que c'est du roman, c'est de la distraction... blablabla ... mais un roman qui, pour la distraction, montrerait (même sous forme Steampunk) des mineurs de fond heureux de leur sort (des sortes de nains joviaux j'imagine) ferait grincer des dents (ou pire, des Africains/indiens satisfaits de la colonisation) alors que raconter des histoires de jeunes filles de la classe possédante qui... bon, bref, je m'égare mais ça m'agace.

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    1. Ah, et le couv' anglaise est la même, l'illustration d'après vient du site internet dédié aux romans.

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    2. Héhé, le coup de gueule. Gail Carriger montre effectivement des jeunes filles de bonne famille anglaise, néanmoins Sophronia est justement méprisée par les autres élèves parce qu'elle n'est pas aussi riche que les autres (même si effectivement ses parents sont riches, mais campagnards), les jeunes filles qui composent sa classe ne sont pas que des petites aristocrates gâtées et superficielles, et elle se prend d'amitié avec les machinistes de l'école (l'école est mouvante, dans un énorme ballon dirigeable), des hommes d'une autre condition donc dont elle préfère jouir de la compagnie. (vieux, jeunes, noirs, blancs, ingénieurs ou analphabète, ils vivent dans les entrailles de l'école et ne sont pas censés rencontrer les élèves...) Effectivement Gail Carriger n'a pas réécrit le pensionnat de Jane Eyre et ne fait pas du Zola... c'est comme ça.
      Et pour l'héroïne vivre à cette époque sous ces conditions (le formatage des femmes de la bonne société) est juste une horreur, elle déteste ça et ne se sent pas libre de cette manière. Elle l'accepte pour mieux pouvoir devenir une espionne, elle se "fond dans la masse", mais justement ces cours de savoir-vivre sont tournés en dérision par l'auteur.
      Bref, ce coup de gueule n'a pas réellement lieu d'être ici, même si je comprend votre pensée.

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  2. Voilà ce que c'est que de râler sans avoir lu le livre :-)

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  3. Ah, c'est rare qu'il n'y ait pas une couverture "localisée"...

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