Accéder au contenu principal

La danse des étoiles de Spider et Jeanne Robinson




Le temps s'égraine doucement depuis l'ouverture. Il y a plein de choses à faire, de la paperasse, de la manutention, et beaucoup de lecture à rattraper, mais les vacances font que le quartier est dans une sorte de torpeur qui impacte notre commerce.
Ahhhh, les vacances... un doux moment de solitude pour ceux qui n'en prennent pas ! Je souris gaiement quand mes amis me racontent leurs prévisions de vacances au ski, de raclette et de fondue après une bonne journée de neige, autour du feu. Ça me fait un peu envie... je dois l'avouer.
Mais j'aurais pour le moment du mal à laisser ma librairie plus de deux jours pour le moment. C'est trop frais, j'ai trop envie d'y être. Revoir à nouveau ces cartons remplis de belles nouveautés me met en joie.
Je ramène des cabas plein de bandes dessinées le soir, je lis mes romans de SF jusqu'à plus d'heure, j'avais perdu ce rythme depuis près d'un an.

Dernièrement j'ai lu un très bon roman des éditions Actusf, il 'agit de La Danse des étoiles, de Spider et Jeanne Robinson. Un roman initialement paru aux Etats-Unis en 1977, qui a raflé tous les grands prix de SF : Hugo, Nebula, Locus, et qui n'a pas été réédité en France depuis bout de temps.

Sauf que... je suis frustrée. Je conseille ce roman à des amateurs de Science-fiction, et je me rends compte que, alors que je pensais ces lecteurs ouverts d'esprit, certains sont très têtus !
Car si je vous raconte l'histoire de La danse des étoiles, les trois quarts du lectorat masculin qui lit cette chronique va me dire "ouais... ça a l'air bien... mais non". Et je dis bien masculin.

Pourtant, le narrateur de l'histoire est un homme, Charlie, cynique, désabusé, alcoolique notoire, parfois odieux connard, qui nous raconte sa rencontre avec une femme extraordinaire qui va changer la face du monde. Ancien danseur destiné à une carrière prometteuse, Charlie a eu la malchance de croiser la route d'un cambrioleur tendu de la gâchette. Une balle dans la hanche l'empêche de vivre sa vocation, et lui laisse un douleur et des regrets perpétuels. Pour palier à cette carrière manqué, Charlie est devenu monteur de film pour des compagnies d'artistes. Il fait la rencontre de Shara, jeune danseuse extrêmement talentueuse, mais dont la grande taille et les formes pulpeuses freinent son ascension dans le monde de la danse. Cette discrimination la pousse à tenter ce que nul homme n'a jamais fait : danser dans l'espace, en apesanteur. Charlie décide de la suivre, et va se retrouver à un tournant de l'histoire humaine : le premier contact avec une race extra-terrestre. Lui et Shara, seuls êtres humains à comprendre la manière de communiquer de ces êtres étranges à l'air hostiles, vont devoir sacrifier leur vie pour sauver l'humanité.

Alors voilà, La danse des étoiles est un roman sublime sous tous rapports : il nous plonge dans l'espace d'une manière inhabituelle, mais son côté artistique, c'est à dire sa mise en avant de la danse, semble embêter la gente masculine. Pourtant le roman n'est pas niais, il ne parle pas que de danse, il parle de l'espace, de l'apesanteur, des étoiles, de l'humanité et véhicule des idées novatrices et inutilisées dans le genre, mais les potentiels lecteurs s'arrêtent à ce fait : les héros sont des danseurs. Bon. Et alors ? C'est un fait, mais ça ne fait pas tout le roman. L'intrigue est plus vaste, et le roman est superbe.

Alors moi je vous le conseille vivement, il m'a passionné d'un bout à l'autre, c'est un bon argument non ? Non ? Bon.

Bref, voilà pour le dernier coup de coeur en date de Guix.

Je vais retourner à la douce tranquillité de la vie dans la librairie. Si vous voulez nous aider à avoir un peu d'action, vous pouvez passer aujourd'hui 25 février pour rencontrer Thierry Gaudin et Romain Ronzeau, les auteurs de la série de BD d'humour et d'espionnage Espions de famille à l'occasion de la sortie du tome 4. 



C'est vraiment une très chouette série, où l'on suit un ado, Alex, persuadé que son Papy raconte des craques lorsqu'il lui parle de son passé d'espion à la 007. Or, lorsqu'il disparaît, Alex va prendre conscience du passé musclé et véridique de son Papy, et devoir l'aider à vaincre l’un de ses vieux ennemis, l’infâme docteur Mordicus.

Espions de famille

Un mélange doux dingue entre James Bond (version Papy) et un Chérub humoristique.
La dédicace est à 16h, si vous voulez vous offrir une belle dédicace illustrée du dessinateur, et même découvrir ses autres BD (Love is in the Air Guitare, Carnets de mariage et Billets d'amour, destinée à un public uniquement adulte par contre pour celles-là), c'est le moment.


Carnets de mariage

J'en profite pour vous annoncer nos futures animations (on a pas encore de site internet - en construction - donc je fais ma petite promo, au cas où ça vous intéresse) :

Le mercredi 11 mars
à 18h, rencontre avec Gabriel Katz pour sa saga Aeternia chez Scrinéo, le premier tome est dans la veine de romans de David Gemmell, avec son héros guerrier et charismatique qui fait siffler le tranchant de sa hache comme un certain Druss.



Le samedi 14 mars à 18h pour le collectif Glory Owl, avec Gad et Bathroom Quest pour parler de leurs strips mordants et trash qui font le bonheur de nos zygomatiques.

Glory Owl

Le samedi 28 mars dès 14h avec Philippe Ogaki pour sa BD de SF Terra Prime, un mélange de science-fiction et de fantasy qui fait écho (pour moi) à des séries de SF comme La romance de ténébreuse et à des univers comme Star Wars.



Voilà voilà, bon, lisez la Danse des étoiles, s'il vous plait, et transmettez sa bonne parole autour de vous ! Amen.



CITRIQ

Commentaires

  1. Je note "La danse des étoiles" - et je suis un mec...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Vous m'en voyez ravie (c'était le but de tout ce foin, héhé)

      Supprimer
    2. la danse des étoiles,est une réédition parue aux éditions "Calmann-levy,collection"dimension sf",en 1979.Bon livre,lu il y a quelques années.

      bonne continuation,pour le blog,la librairie,.....

      Supprimer
    3. Oui, merci pour la précision, j'en ai parlé avec l'éditeur récemment qui me l'a appris mais je n'ai pas pris le temps d'actualiser l'article.

      Merci :)

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Édification d'un rêve, ou la librairie fantastique.

Dessin de Tom Gauld Combien de fois dans mon entourage (le peu qui lisent mes chroniques en diagonale) m’a demandé quels étaient ces plans « top secrets » dont j'ai fait état dans plusieurs de mes billets. Ceux qui m'ont posé la question sans détour ont obtenu l'information claire et définitive que je partage avec vous ici : je veux créer ma boîte. Je vous ai déjà parlé avec nostalgie et envie de mes rêves. Depuis mon adolescence je fantasme sur cette possibilité. J’ai vécu dans le rêve brumeux et cotonneux de posséder ma propre librairie. Je l’ai imaginée, décorée, rempli et re-imaginée des centaines de fois. Parfois elle ressemblait à l’ancien local de la librairie Imagin’ères à Toulouse, une toute petite pièce au plancher craquant et aux étagères ployant sous des rayonnages de livres de SF, la musique de Loreena McKennit se mêlant aux effluves de patchouli. Parfois elle ressemblait au Forbidden Planet de Londres, gigantesque, fournissant profusion de Bds

La singulière tristesse du gâteau au citron - Aimee Bender

Ça fait un bout de temps que mes doigts n’ont pas effleuré le clavier. Je me laisse aller les amis. Pourtant j‘en ai des choses à raconter, mais bon, que voulez-vous, je passe trop de temps dans mes pensées et dans mes livres, ou bien à gratter le bedon du félidé. Tenez récemment j’ai lu un livre au titre plus qu’improbable, La singulière tristesse du gâteau au citron aux éditions de l'Olivier. Non, ce n’est pas Katherine Pancol, mais je vous accorde qu’elle aurait pu être l’auteur de ce titre fantaisiste. Nous n’oublierons jamais Les yeux jaunes des crocodiles , La valse lente des tortues , mais surtout le fameux Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi (et seulement le lundi, car Katherine Pancol détient une vérité ultime et dérangeante de la vie des écureuils New-yorkais). L'auteur se nomme Aimee Bender, et ce quatrième roman génialissime est celui qui l'a fait connaître outre-Atlantique. Mais allez plus loin que le titre, et plus loin que ce

Les visages, de Jesse Kellerman

Des Visages et des Cracke Il y a seulement deux semaines, je montais ma nouvelle bibliothèque Expedit de chez Ike* toute seule ! Non, le félidé n'a toujours pas de pouces opposables et n'en branle pas une ramée pour monter nos meubles,  sur lesquels il adore se prélasser, au passage ! Crénom j’en étais fière. Il faut considérer que j’avais passé ma semaine à déménager, empaqueter, porter des cartons, monter des meubles, pousser des meubles, bref mes petits muscles étaient déjà en souffrance. J’ai donc monté cette bibliothèque seule, moi petit être frêle, (je dis Shu* u* aux mauvaises langues qui pensent déjà « pfff vas-y trop facile moi j’t’en monte 10 quand tu veux là ! » ouais ben allez-y, ça fait mal aux mains d’enfoncer des petits bitoniaux en bois à fond !) parce qu’il fallait bien que je case mes derniers cartons de livres. Ils trainaient par terre, et je déteste ça (au contraire le félidé avait élu domicile dans les cartons, la truffe enf