mercredi 28 octobre 2015

Nous allons tous très bien, merci - de Daryl Gregory


Oui, le blog prend la poussière. J'ai tendance à me laisser aller, mon esprit est sans cesse occupé par le travail autour de la librairie : administration, manutention, communication, et j'en passe. La lecture est malheureusement redevenue une obligation due à mon métier, et j'avoue que lors de mon réel temps libre (et il y en a peu), je décroche complètement du monde du livre.
Mais écrire me manque, et raconter mes lectures aussi, alors je me secoue un peu et reprends du service.

Et pour ça je vais vous parler de ma lecture du nouveau Daryl Gregory, paru aux éditions du Belial' : Nous allons tous très bien merci.
Je lorgnais déjà sur son précédent titre, L'éducation de Stony Mayhall, un roman de zombies peu ordinaire, mais n'avais pas eu l'opportunité de le lire. Alors lorsque ce court texte, Nous allons tous très bien, merci, avec ce titre intriguant et cette quatrième de couv' aguicheuse est arrivé en boutique, je l'ai automatiquement ajouté à ma pile de lectures. Et je ne regrette pas, c'est l'un de mes plus gros coups de coeur de cette année, avec les fabuleux La voie des rois, Blood song et Dark Eden qui ont illuminé mes lectures de 2015 (je ne compte pas les nouveaux ouvrages de Jaworski, cela va de soit.).




Le pitch aguicheur dont je vous parle, le voici :

Il y a d'abord Harrison, qui, adolescent, a échappé à une telle horreur qu'on en a fait un héros de romans. Et puis Stan, sauvé des griffes d'une abomination familiale l'ayant pour partie dévoré vif. Barbara, bien sûr, qui a croisé le chemin du plus infâme des tueurs en série et semble convaincue que ce dernier a gravé sur ses os les motifs d'un secret indicible. La jeune et belle Greta, aussi, qui a fui les mystères d'une révélation eschatologique et pense conserver sur son corps scarifié la clé desdits mystères. Et puis il y a Martin, Martin qui jamais n'enlève ses énormes lunettes noires. Tous participent à un groupe de parole animé par le Dr Jan Sayer. Tous feront face à l'abomination, affronteront le monstre qui sommeille en eux et découvriront que le monstre en question n'est pas toujours celui qu'on croit.

Dayl Gregory se spécialise dans la monstruosité ! Après les zombies, voici le paranormal horrifique : cultes sataniques, chasseurs de monstres, tueurs en séries démoniaques et tout un tas d'autres choses carrément terrifiantes viennent émailler l'ouvrage de l'auteur américain. Mais dans une courte interview qui suit le roman (d'ailleurs trèèès intéressante), Daryl Gregory utilise l'expression de "antihorreur" pour définir le genre de son roman, et c'est exactement ça : pour ceux qui n'aiment pas avoir la frousse, ne supportent pas les romans d'horreur, Nous allons tous très bien, merci est plutôt un roman qui rend hommage, tant par sa forme et que par son fond, aux différents romans, films ou téléfilms d'horreur de la culture populaire. Il ne fait pas réellement peur, c'est plutôt un mélange de livre d'épouvante, de roman fantastique et de thriller relevé avec un brin d'humour très apprécié !

La narration du roman est très singulière, elle alterne entre le point de vue d'un personnage, qui nous révèle en général l'histoire de celui-ci et son face à face avec le paranormal, et entre le point de vue général des personnages, le groupe (l'auteur utilise le pluriel et dit "nous"), qui est finalement le vrai héros de ce roman. Bien que légèrement perturbant au départ, j'ai aimé ce mode de narration original, le style et l'atmosphère que cela donnait au récit. Ce groupe de personnages qui se retrouvent propulsés dans cette thérapie hors norme est juste génial. Mes moments préférés sont justement les passages où les protagonistes se rejoignent pour raconter ou écouter les mésaventures des uns et des autres, ce qui donne lieu a des échanges très drôles, tantôt touchants, tantôt carrément angoissants. L'histoire du vieux Stan, certainement la plus gore de toutes, est justement dédramatisée par les bavardages et radotages incessants du personnage lors des rassemblements du groupe sur les événements horribles qui lui sont arrivés autrefois, ce qui créé une atmosphère comique décalée complètement jouissive !
Chaque personnage est attachant, chaque histoire est différente et plus perturbante ou horrible que la précédente, et chacune mériterait certainement d'être approfondie, pourquoi pas dans d'autres romans, des spin-off ? C'est apparemment le cas pour le personnage d'Harrison, Daryl Gregory raconte ses aventures dans le roman jeunesse Harrison Squared encore non traduit en France. 

La brièveté du roman m'a légèrement laissé sur ma faim, du coup j'adorerai pouvoir retrouver Harrison dans une édition française (Le Bélial', si tu m'entends).
Mais comme l'auteur le dit lui même, il a voulu retrouver ce qu'autrefois il trouvait dans les novella de science-fiction : ôter le décorum pour aller à l'essentiel, "show, don't tell", et ça fonctionne terriblement bien.
Maintenant j'espère pouvoir lire plus de Daryl Gregory, Nous allons tous très bien, merci à suffit pour me conquérir, et je suis persuadée qu'il continuera de me surprendre avec d'excellents romans.

Je dois bien avouer que j'ai plaidé avec insistance auprès de son éditeur français pour l'avoir en dédicace à la boutique lorsque j'ai vu qu'il venait aux festival des Utopiales de Nantes ! Et j'ai réussi à le faire venir à Paris. Il viendra donc nous faire un coucou, et accessoirement dédicacer ses ouvrages^^, le lundi suivant, c'est à dire le 2 novembre au soir.
Encore une fois, je suis joie - je suis bonheur ! Et vous seriez certainement dans le même état si vous aviez lu Nous allons tous très bien, merci, ou certainement L'éducation de Stony Mayhall.En plus, c'est bientôt Halloween, l'occasion pour vous de découvrir un roman qui colle parfaitement avec la saison, héhé.
Bref, mission accomplished, maintenant je n'ai plus qu'à lire ce qui a déjà été traduit *soupir de contentement*.


Ma prochaine lecture !


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mercredi 13 mai 2015

Dark Eden, de Chris Beckett


Parfois il faut mettre ses à priori de côté. 

Pour moi, les éditions Presses de la cité, c'était surtout du roman de terroir pour petites vieilles de province (bouuuuh, la sale parisienne !). Je voyais arriver du Signol, du Bourdin, Anglade ou Annie Degroote dans ma librairie, et je voyais toujours les mêmes clients, très sympathiques au demeurant, mais ayant la particularité de faire partie du "troisième âge" venir les chercher. Peut-être devrais-je me mettre au Terroir, me direz-vous, mais là n'est pas la question. J'étais persuadé que les éditions Presses de la cité ne sortaient que cette collection, Terres de France. Or, il s'avère que Presses de la cité publie de temps à autre d'excellents romans de science-fiction.
Si si, c'est bien vrai ! Et Dark Eden est là pour le prouver.
Alors certes, la mention "Prix Arthur C. Clarke" sur sous le titre a attiré mon attention. La couverture hypnotique s'est chargée du reste. Mais c'est le contenu qui m'a captivé ! 
J'ai commencé Dark Eden dans le métro le matin du jeudi 30 avril. Je l'ai terminé le 1er mai, après l'avoir baladé dans mon lit, dans mon bain, dans le métro, derrière le comptoir de caisse de ma librairie... je n'arrivais tour simplement pas à le lâcher ! Et j'aime ces lectures là, celles qui vous obsèdent tellement que vous aimeriez arrêter de vivre juste pour pouvoir les terminer. Ne plus dormir, ne plus manger, ne plus travailler, juste pour pouvoir continuer la lecture.



Peut-être auriez-vous besoin d'un petit résumé ?

Dans un futur plus ou moins proche, une communauté humaine tente de survivre sur une planète sans lumière nommée Eden par leurs ancêtres. John Lampionrouge a été bercé toute son enfance de l'histoire d'Angela et Tommy, le couple de survivants humains originels qui a atterri sur Eden et attendu toute sa vie qu'un vaisseau de secours terrien vienne les chercher.
160 ans après, les descendants de Tommy et Gela attendant toujours au même endroit des nouvelles de la Terre, Les histoires de la planète mère sont devenues des mythes, relayés de manière orale de génération en génération. La technologie s'est perdue avec le crash des vaisseaux, et la culture de la Terre persiste seulement à travers les traditions familiales déformées au fil des décennies. Alors que son peuple végète dans l'attente d'un aide extérieure inexistante, refusant totalement de s'adapter au monde qui l'entoure et de partir à sa découverte, John, tout juste un pubieux de vingt ventrées, va bouleverser l'ordre établi en forçant sa communauté à regarder la vérité en face et à partir à la découverte des territoires d'Eden, au péril de sa vie et de ceux qui lui sont proches...

Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu ce genre de roman. Le roman pourrait ressembler à un mélange de science-fiction et de fantasy, du fait de la description d'Eden - de sa faune et sa flore -, et de la civilisation presque préhistorique que forme John Lampionrouge et sa famille.
Mais c'est clairement un roman de Science-fiction, à travers les histoires que raconte le peuple de John, le lecteur comprend que la dénommée Angela et son collègue Michael étaient des "flicorbitaux", partis arrêter un vaisseau spatial mené par Tommy et deux de ses compagnons pour aller traverser un trou de ver (ou un trou noir ? Les personnages l'appellent "hole-in-sky", traduit en français par "trou-dans-ciel") et plonger dans l'inconnu de l'espace malgré l'interdiction formelle du président. 
Ils ont tous atterri sur Eden, et plus tard Michael et les deux compagnons de Tommy sont repartis sur Terre pour chercher du secours, laissant Angela et Tommy en arrière. Malheureusement leur vaisseau était endommagé, personne ne sait si ils ont réussi à revenir sur Terre.

Issue des enfants d'Angela et Tommy (eux-même savent qu'il y a dû avoir pas mal d'inceste pour arriver à créer en 160 ans une communauté de 500 personnes comme la leur, malgré les lois édictées par Tommy à l'origine "tu ne coucheras point avec ton frère ou ta soeur"), la communauté de John est retombée à une sorte d'âge de pierre. Les voitures, vaisseaux spatiaux, avions, "ordi-nateurs" et "L'éctricité" ne sont plus que des contes murmurés au coin du feu par les plus anciens des Familles.

Alors que son peuple se complaît dans cette attente désespérante, John sait qu'ils doivent recommencer à explorer, à s'adapter, à évoluer et à inventer des nouvelles choses comme leurs ancêtres. Son personnage est très intéressant, à la fois très porté sur l'évolution de son peuple vers un avenir meilleur, mais aussi très égoïste et centré sur son propre héroïsme, son propre courage. John veut marquer l'histoire d'Eden comme ses ancêtres, et ne vit qu'à travers l'empreinte qu'il laisse sur ses proches. Il s'entourent d'autres pubieux (comprenez adolescents) comme la belle mais surtout maline Tina Picarbre, qui comprend les enjeux des décisions de John et le soutien comme elle peut face à une foule de conservateurs moribonds, ou comme Jeff, un pré-ado "griffu" - né avec les pieds déformés comme d'autres naissant avec des becs-de-lèvres dans cette communauté consanguine - dont l'handicap lui a apporté une compréhension du monde qui les entoure totalement unique.

J'ai adoré la description de ce monde, Eden est une planète sans soleil, sa seule lumière est issue de son activité géothermique et de la bioluminescence de toutes les formes de vies qui la peuple (sauf les humains). Chris Beckett invente tout un bestiaire d'animaux et de plantes, les rats-bijoux, les rats-volants, les laineux, les sournois, les fleurs-étoiles, les arbres-à-lampions..., une faune et une flore extraterrestre que les humains vont devoir apprendre à chasser, à dompter ou à découvrir pour survivre. C'est cette partie de l'univers de Dark Eden qui m'a le plus fait penser à de la Fantasy, cette sorte de magie qui transparaît de cet environnement alien, et ces fabuleuses descriptions qu'en fait l'auteur. La façon de décrire de l'auteur est très visuelle, et le lecteur s'imagine avec facilité cet écosystème inventé.

Difficile après ça de passer à une autre lecture. Pour faire une transition moins difficile j'ai entamé deux romans de jeunesse, un pour les 8/10 ans appelé Fairy Oak qui sortira en juin et qui plaira aux petites filles friandes de fées et de sorcières, et un autre pour les ados, les Autodaffeurs, qui pour l'instant me tient bien en haleine !

Bref, vous l'aurez compris, Dark Eden, c'est d'la balle, gros pouce en l'air, coeur qui fait chabadabada = il faut le lire ! Point final.



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mercredi 29 avril 2015

Celle qui a tous les dons, de M. R. Carey


J'ai demandé à ma soeur de m'offrir un livre à Noël. J'en avais un peu marre qu'on ne m'offre jamais de livres. Sachez pourtant que cela fait toujours plaisir à un libraire, il ne faut juste pas lui faire de doublons (héhé !). Une nouveauté si possible, un roman fantastique que je n'aurais pas encore lu.
A Noël je n'étais plus libraire depuis 7 mois, et j'avais hâte de retrouver mon cocon de papier.
Alors ma soeur (libraire aussi de son état, bien que mise au chômedu par nos chers amis les Chats pitres) est allée dénicher du bon roman pour moi, et m'a ramené emballé un exemplaire de Celle qui a tous les dons, de Mike Carey.

J'étais réellement heureuse, j'avais déjà vu sa couverture sur de nombreuses tables et j'avais très (très) envie de le lire.

Je l'ai commencé peu après, et l'ai dévoré d'une traite. Je ne suis pas fan pourtant de l'univers zombie. J'ai lu quelques romans, Max Brooks (très bien), David Wellington (moins bien, sauf le tome 1, qui est très chouette), et Walking Dead (le comics, pas la série) est mon péché mignon : surtout parce qu'il y a pas mal de psychologie des personnages.


Celle qui a tous les dons est un roman de zombies qui sort de l'ordinaire. Déjà il commence d'une manière assez étonnante, avec l'histoire de Mélanie. 
Mélanie va à l'école, apprend tout ce qu'apprend un enfant de son âge, mais la journée elle est attachée dans un fauteuil roulant, et la nuit enfermée dans une cellule gardée par des militaires.
Mélanie ne sait pas qu'elle est particulière, et que malgré son intelligence et ses sentiments tout à fait humains, elle n'est pas comme sa maîtresse, ou comme les gardes qui la regardent avec mépris.
Mélanie sait juste qu'elle vit dans un complexe militaire hautement sécurisé, où certains de ses camarades de classes vont voir le docteur pour ne jamais revenir, alors que dehors le monde a été dévasté par un virus particulièrement violent et que les infectés se font appeler... des zombies.

C'est ainsi que commence Celle qui a tous les dons, roman post-apocalyptique situé dans une Angleterre ravagée par les zombies. Autour de Mélanie vont graviter plusieurs autres personnages, un militaire, une enseignante et une scientifique, tous liés à son destin pour une raison ou une autre, tous en quête d'un moyen de survie dans ce monde où tout s'effondre progressivement. Loin d'être caricaturaux et imbéciles, les personnages de Celle qui a tous les dons sont originaux et consistants, et portent le récit tambour battant dans un road trip sanglant qui sera l'apothéose du roman. Le final, étonnant, divisera peut-être, mais pour l'écriture fluide et rythmée, pour l'aventure, pour l'originalité, Celle qui a tous les dons est un excellent roman, qui plaira à un public large, et pas seulement aux amateurs de zombies. S'y retrouveront les lecteurs/spectateurs de Walking Dead ou 28 jours plus tard, qui aiment lorsque la réflexion se fait plus intense que l'action.

Après ma lecture, j'ai cherché d'autres romans de l'auteur. A mon grand étonnement, il n'y en avait pas. Puis j'ai compris que j'en avais déjà lu, et que M.R. Carey n'est autre que Mike Carey, l'auteur de la série des Felix Castor éditée chez Bragelonne, qui met en scène un détective exorciste qui rappellera à certains Hellblazer (normal, l'auteur en a été scénariste) ou encore les romans de Jim Butcher. 
Mike Carey est donc aussi un auteur de comics qui a travaillé sur Hellblazer, The Unwritten, X-men, les 4 fantastiques ou encore Lucifer (et j'en passe). Ce n'est donc pas un amateur, loin de là !

Malheureusement épuisé chez l'éditeur
2 tomes parus en France
Alors je ne vous cache pas ma joie (et celle de Ju, mon associé) lorsque son éditeur français, l'Atalante, nous a contacté pour nous demander si nous voulions le recevoir en dédicace pour Celle qui a tous les dons.

Oui, oui, mille fois oui !

Donc voilà, M.R. Carey a.k.a Mike Carey vient dans notre librairie le mercredi 27 mai à 18h : je suis JOIE, je suis FELICITE.

Bon, donc si vous voulez découvrir un super auteur de roman fantastique, c'est le moment. Je ne sais pas si il y aura une suite, la fin du roman reste ouverte, même s'il n'est pas indiqué de numéro de tome.

A suivre donc...

CITRIQ
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vendredi 13 mars 2015

Le cercle de Farthing, de Jo Walton


Avant de vous parler de ma dernière lecture en date tout à fait passionnante (titre ci-dessus), juste un petit mot pour rendre hommage à un grand auteur de fantasy, Terry Pratchett.

Il est décédé hier. Tout le monde s'attendait à une fin prématurée, mais lorsque la nouvelle tombe c'est toujours assez rude. 
Il est étonnant de voir le nombre d'articles qui ont fleuri lors de l'annonce de son décès sur des sites d'information qui n'ont jamais écrit son nom dans aucun autre article, jamais voulu rendre hommage à ce génie de la littérature fantastique de son vivant. La Mort fait toujours cet effet là... 
J'espère juste que son départ, qui a fait grand bruit, fera découvrir son oeuvre à plein de nouveaux lecteurs de tous âges et tous horizons.

Je ne suis pas la mieux placée pour en parler, je n'en ai lu que peu. J'aimais beaucoup son imagination, l'humour de ses personnages et l'originalité de son univers, mais je n'ai jamais eu le temps de dévorer ses Annales du Disque-monde en entier, que je n'ai commencé à lire que très tard, lorsque j'étais déjà libraire.
Néanmoins l'un de mes livres préférés au monde reste De bons présages, écrit avec son tout aussi illustre ami Neil Gaiman. J'ai ri aux éclats, eu envie de le lire et le relire encore et encore une fois la dernière page tournée, et n'ai cessé de le conseiller autour de moi et de l'offrir.



Alors voilà, une page se tourne en fantasy, c'est toujours difficile de dire au-revoir à un tel auteur, et de dire au-revoir par la même occasion à tous les personnages et toutes les aventures qui peuplaient son esprit et qui ne demandaient qu'à être couchées sur le papier.
Mais ce n'est pas la fin, il a laissé derrière lui un nombre de lecteurs imprégnés de son humour et de la magie de ses mots, dont certains deviennent eux-même des auteurs.
La fantasy ne cesse de se renouveler, et l'imaginaire n'est pas mort.

Le roman de Jo Walton dont je vais vous parler n'est certes pas aussi drôle que les romans de notre Sir Pratchett, au contraire. Avec Le cercle de Farthing nous entrons dans un récit partagé entre le roman policier et l'uchronie.

Fin des années 40, l'Angleterre et l'Allemagne nazie ont signé un traité de paix en 1941, mettant fin à la Seconde Guerre Mondiale pour les îles britanniques. L'Angleterre ne se mêle plus des affaires du Reich, désormais en guerre contre la Russie et les bolchéviques.
C'est grâce au "Cercle de Farthing", qu'a été signé ce traité, un groupe d'aristocrates et d'hommes politiques qui ont réussi par ce coup d'éclat à évincer le ministre Churchill du pouvoir. Le cercle se réunit à nouveau au domaine Everslay le temps d'un week-end. Lucy Kahn, anciennement miss Lucy Everslay, est invitée avec son mari, David Kahn, riche banquier juif, à ce rendez-vous organisé par ses parents, Lord et Lady Everslay, membres éminents du cercle de Farthing. Mais le week-end de retrouvailles va tourner à l'horreur lorsque le cadavre de Sir James Thirkie, à l'origine du traité de paix avec Hitler, va être retrouvé dans une macabre mise en scène. Une étoile juive est fichée dans son torse à l'aide d'un poignard, et son corps est barbouillé de rouge à lèvre sang.
Tous les soupçons se portent sur le mari de Lucy, source de dissension dans la famille Everslay, qui n'a jamais accepté l'union de leur fille avec un roturier juif.
Confinés dans la demeure jusqu'à la découverte du coupable par l'inspecteur Carmichael, les secrets de famille vont éclater les alliances politiques se dévoiler.



Le cercle de Farthing est un roman glaçant. 
Et si effectivement l'Angleterre n'avait pas été le bastion de la résistance européenne, et si les américains n'avaient pas soutenu les alliés et laissé le Fürher régner sur l'Europe, que se serait-il passé ? 
L'Angleterre, qui a vécu deux années de guerre et vu mourir un nombre de mari, de fils et de frères incroyable, se complait dans cette paix illusoire, ignorant sans remords les atrocités commises sur le continent. L'antisémitisme est un mal qui n'est pas confiné aux pays conquis Hitler, et qui ronge lentement les îles britanniques et son peuple pourtant si ouvert d'esprit et flegmatique. Les évènements qui se passent au sein de la demeure des Everslay sont-ils l'oeuvre de juifs extrémistes ou une machination destinée à déclencher une réaction en chaine, apportant la peur et la haine dans ce pays pourtant neutre et en sécurité ?
La division de la narration entre Lucy et l'inspecteur Carmichael apporte deux visions différentes des évènements, et les éléments que chacun découvre au fil des heures et des jours qui vont suivre le meurtre soulève petit à petit le voile qui recouvre ce mystère.
L'enquête est passionnante, et son développement terrible et effrayant révèle une réalité alternative qui aurait très bien pu exister. Le roman de Jo Walton est très réussi, il m'a réellement beaucoup plu, et je conseillerai aux amateurs d'uchronie, de polar, ainsi que de romans historiques d'y jeter un coup d'oeil et de se laisser happer par l'intrigue.

Maintenant que j'ai découvert Jo Walton, je vais pouvoir me pencher sur son roman Morwenna, paru l'année dernière dans la même maison d'édition, Denoël. Vu les critiques enthousiastes que j'ai lu à son sujet, je ne doute pas qu'il va aussi me plaire !

En attendant, je vais me consacrer à un genre que je découvre (il faut l'avouer), la hard science fiction, avec l'ouvrage de Charles Stross Accelerando, qui paraît le 2 avril aux éditions Piranha. Je vous en dirai des nouvelles !
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dimanche 1 mars 2015

Etiquette et espionnage, de Gail Carriger

Je vous avais déjà parlé de la saga Le protectorat de l'ombrelle. Mélange de Steampunk, de fantastique et d'humour, c'est une série de romans de Gail Carriger que j'avais apprécié, une lecture détente à la fois bien conçue et bien écrite, mais dont le côté "romance" trop appuyé m'avait un peu ennuyé.


Du coup j'ai tenté sa série Le pensionnat de Mlle Geraldine en lisant le premier tome Etiquette et espionnage, paru chez Orbit l'an dernier, et je peux vous dire que j'ai passé un délicieux moment. Alors pour être honnête, celui-ci est plutôt destiné à un lectorat d'adolescents ou de jeunes adultes, mais si vous voulez passer un bon moment de lecture, il peut se lire à tout âge (un peu comme Harry Potter ou Artemis Fowl).

Pour vous conter l'histoire, donc, Sophronia (quel doux nom), jeune fille de bonne famille aux manières désastreuses, se voit envoyée par sa mère dans un pensionnat, histoire de lui apprendre le savoir-vivre afin de devenir une dame du monde. Or, ce que sa mère ne sait pas, c'est que le pensionnat de Mlle Géraldine n'est pas ce qu'il semble être. Certes les professeurs vous apprennent à faire de belles révérences, à servir le thé comme une pro, à accorder votre toilette et à rougir avec grâce, mais aussi comment se protéger des loup-garous et vampires, ainsi que la dissimulation, l'espionnage et l'assassinat en règle. De quoi plaire à Sophronia, au départ bien ennuyée à l'idée de devoir côtoyer de jeunes aristocrates hautaines et futiles.



C'était drôle. Très drôle et bien écrit, l'humour de Gail Carriger, très subtil et décalé, fait toujours mouche, et relève agréablement les aventures de la jeune Sophronia. Mélange de récit d'apprentissage et d'aventure, de fantastique et d'humour, il pourrait conquérir un large public de lecteurs, si ce n'est que son héroïne est une fille, dans un pensionnat de filles (certes de futures espionnes et meurtrières... mais de filles), ce qui déplaira certainement à quelques ados de la gente masculine qui ne pourront pas s'identifier au personnage. Encore une fois je vous exhorte à passer outre le côté féminin du récit, tout l'aspect "manuel du savoir-vivre" de l'histoire et du pensionnat est tourné en ridicule, et est tellement, tellement drôle (les cours pour apprendre à rougir à la perfection, c'est à dire de manière sensuelle et coquette plutôt que d'avoir la face rougeaude et enlaidie, ça m'a fait mourir de rire).

Il faut savoir que l'histoire se passe dans les provinces anglaises d'un XIXème siècle fantasmé : loup-garous, vampires, pirates du ciel dans des dirigeables, domestiques mécaniques, robots tueurs, tout ça agrémente le roman d'un côté fantastique et steampunk, et vu qu'apparement Etiquette et espionnage se déroule dans le même monde que Le protectorat de l'ombrelle, cela permet à l'auteur d'étoffer l'univers de sa première série et de remettre en avant certains de ses personnages à une époque différente. Ce qui pour moi fait une grande différence entre ces deux séries, c'est justement l'absence d'une romance trop lourde (et terriblement prévisible) dans Etiquette et espionnage. Pas de scène de fesse donc, contrairement aux Protectorat de l'ombrelle, public visé oblige. Et c'est très bien comme ça ! On est focalisé sur l'humour de l'auteur et des personnages, et sur l'aventure en elle-même. Le roman n'est pas parfait, certains passages sont un peu rapides (expédiés ?) et auraient demandé un peu plus de développement. Mais ça reste une réussite !

Bref, il sort chez Livre de poche sous peu, je ferais une petite piloute pour pouvoir le conseiller à tour de bras. Et maintenant j'attends la suite, Etiquette et espionnage est une lecture qui fait du bien, ses qualités d'écriture ne gâchent rien au plaisir, alors je ne vais pas me priver.

Et comme les anglophones sont très forts, ils ont fait une chouette bande annonce :



A la revoyure !

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mercredi 25 février 2015

La danse des étoiles de Spider et Jeanne Robinson




Le temps s'égraine doucement depuis l'ouverture. Il y a plein de choses à faire, de la paperasse, de la manutention, et beaucoup de lecture à rattraper, mais les vacances font que le quartier est dans une sorte de torpeur qui impacte notre commerce.
Ahhhh, les vacances... un doux moment de solitude pour ceux qui n'en prennent pas ! Je souris gaiement quand mes amis me racontent leurs prévisions de vacances au ski, de raclette et de fondue après une bonne journée de neige, autour du feu. Ça me fait un peu envie... je dois l'avouer.
Mais j'aurais pour le moment du mal à laisser ma librairie plus de deux jours pour le moment. C'est trop frais, j'ai trop envie d'y être. Revoir à nouveau ces cartons remplis de belles nouveautés me met en joie.
Je ramène des cabas plein de bandes dessinées le soir, je lis mes romans de SF jusqu'à plus d'heure, j'avais perdu ce rythme depuis près d'un an.

Dernièrement j'ai lu un très bon roman des éditions Actusf, il 'agit de La Danse des étoiles, de Spider et Jeanne Robinson. Un roman initialement paru aux Etats-Unis en 1977, qui a raflé tous les grands prix de SF : Hugo, Nebula, Locus, et qui n'a pas été réédité en France depuis bout de temps.

Sauf que... je suis frustrée. Je conseille ce roman à des amateurs de Science-fiction, et je me rends compte que, alors que je pensais ces lecteurs ouverts d'esprit, certains sont très têtus !
Car si je vous raconte l'histoire de La danse des étoiles, les trois quarts du lectorat masculin qui lit cette chronique va me dire "ouais... ça a l'air bien... mais non". Et je dis bien masculin.

Pourtant, le narrateur de l'histoire est un homme, Charlie, cynique, désabusé, alcoolique notoire, parfois odieux connard, qui nous raconte sa rencontre avec une femme extraordinaire qui va changer la face du monde. Ancien danseur destiné à une carrière prometteuse, Charlie a eu la malchance de croiser la route d'un cambrioleur tendu de la gâchette. Une balle dans la hanche l'empêche de vivre sa vocation, et lui laisse un douleur et des regrets perpétuels. Pour palier à cette carrière manqué, Charlie est devenu monteur de film pour des compagnies d'artistes. Il fait la rencontre de Shara, jeune danseuse extrêmement talentueuse, mais dont la grande taille et les formes pulpeuses freinent son ascension dans le monde de la danse. Cette discrimination la pousse à tenter ce que nul homme n'a jamais fait : danser dans l'espace, en apesanteur. Charlie décide de la suivre, et va se retrouver à un tournant de l'histoire humaine : le premier contact avec une race extra-terrestre. Lui et Shara, seuls êtres humains à comprendre la manière de communiquer de ces êtres étranges à l'air hostiles, vont devoir sacrifier leur vie pour sauver l'humanité.

Alors voilà, La danse des étoiles est un roman sublime sous tous rapports : il nous plonge dans l'espace d'une manière inhabituelle, mais son côté artistique, c'est à dire sa mise en avant de la danse, semble embêter la gente masculine. Pourtant le roman n'est pas niais, il ne parle pas que de danse, il parle de l'espace, de l'apesanteur, des étoiles, de l'humanité et véhicule des idées novatrices et inutilisées dans le genre, mais les potentiels lecteurs s'arrêtent à ce fait : les héros sont des danseurs. Bon. Et alors ? C'est un fait, mais ça ne fait pas tout le roman. L'intrigue est plus vaste, et le roman est superbe.

Alors moi je vous le conseille vivement, il m'a passionné d'un bout à l'autre, c'est un bon argument non ? Non ? Bon.

Bref, voilà pour le dernier coup de coeur en date de Guix.

Je vais retourner à la douce tranquillité de la vie dans la librairie. Si vous voulez nous aider à avoir un peu d'action, vous pouvez passer aujourd'hui 25 février pour rencontrer Thierry Gaudin et Romain Ronzeau, les auteurs de la série de BD d'humour et d'espionnage Espions de famille à l'occasion de la sortie du tome 4. 



C'est vraiment une très chouette série, où l'on suit un ado, Alex, persuadé que son Papy raconte des craques lorsqu'il lui parle de son passé d'espion à la 007. Or, lorsqu'il disparaît, Alex va prendre conscience du passé musclé et véridique de son Papy, et devoir l'aider à vaincre l’un de ses vieux ennemis, l’infâme docteur Mordicus.

Espions de famille

Un mélange doux dingue entre James Bond (version Papy) et un Chérub humoristique.
La dédicace est à 16h, si vous voulez vous offrir une belle dédicace illustrée du dessinateur, et même découvrir ses autres BD (Love is in the Air Guitare, Carnets de mariage et Billets d'amour, destinée à un public uniquement adulte par contre pour celles-là), c'est le moment.


Carnets de mariage

J'en profite pour vous annoncer nos futures animations (on a pas encore de site internet - en construction - donc je fais ma petite promo, au cas où ça vous intéresse) :

Le mercredi 11 mars
à 18h, rencontre avec Gabriel Katz pour sa saga Aeternia chez Scrinéo, le premier tome est dans la veine de romans de David Gemmell, avec son héros guerrier et charismatique qui fait siffler le tranchant de sa hache comme un certain Druss.



Le samedi 14 mars à 18h pour le collectif Glory Owl, avec Gad et Bathroom Quest pour parler de leurs strips mordants et trash qui font le bonheur de nos zygomatiques.

Glory Owl

Le samedi 28 mars dès 14h avec Philippe Ogaki pour sa BD de SF Terra Prime, un mélange de science-fiction et de fantasy qui fait écho (pour moi) à des séries de SF comme La romance de ténébreuse et à des univers comme Star Wars.



Voilà voilà, bon, lisez la Danse des étoiles, s'il vous plait, et transmettez sa bonne parole autour de vous ! Amen.



CITRIQ
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jeudi 12 février 2015

L'obsession des canidés

Y a pas à dire, reprendre le boulot ça me motive à lire et à écrire à nouveau.
Donc, pour votre plus grand plaisir (mais surtout le mien), je vais continuer à écrire mes chroniques de lectures ici.

Que cela soit bien clair, ce blog n'est pas le site internet de la librairie que j'ai crée avec Ju, ce blog est un terrain de jeu et d'écriture pour moi, Guixxx, dans lequel vous pouvez lire ce que j'ai pensé de mes dernières lectures. Pour voir la vitrine de notre librairie c'est par ici, et pour avoir la liste et les critiques de nos coups de coeur à tous les deux c'est par . Nous n'avons pas encore de site internet, il est en construction !

Voilà, maintenant que ce fait est établi, je vais pouvoir à nouveau m'épancher sur ma petite vie insignifiante et mes lectures divertissantes, comme autrefois.

Je disais donc, reprendre le taff, ça redonne du poil de la bête ! Enfin, de la motivation, parce que côté santé c'est pas trop ça. En ce moment avec Ju, on ressemble à des déterrés. Les yeux rouges, les cernes jaunes, le poil cassant et le nez coulant. Surtout  moi, depuis quelques jours je me traîne un virus. A ce qu'il paraît c'est la saison. Sauf que je préférerai être au milieu de mes rayonnages que coincée au lit avec un rouleau de PQ comme mouchoir.
Du coup je me suis entourée de tous les livres que j'ai rapporté du boulot. Maintenant qu'on a ouvert, on recommence à avoir des services de presse (petit rappel : ouvrage que l'éditeur nous envoie avant parution pour que l'on puisse le conseiller et le mettre en avant. Ce qui permet au libraire de savoir à l'avance quels livres il va conseiller, recommander et surtout de ne pas être trop en retard par rapport aux parutions), alors je dévore goulûment les dernières nouveautés de SFFF (comprenez Science Fiction Fantasy Fantastique). Je suis actuellement en train de lire un ouvrage de la maison d'édition Super 8 qui s'annonce passionnant : L'ombre, de Stephen Lloyd Jones.

Mais je ne vais pas vous parler de celui-ci, que j'ai entamé depuis hier seulement. Je vais vous parler d'un autre Super 8 qui est paru l'année dernière : L'obsession, de James Renner.



Il a été nominé au Grand Prix de l'Imaginaire 2015, et j'en suis très contente! Cela doit surprendre pas mal de gens, parce que le résumé laisse penser qu'il s'agit d'un polar, et même la future édition de poche chez Pocket induit le lecteur en erreur en le classant dans sa collection "Thriller". Ce n'est pas une première avec Pocket, ils avaient déjà fait le coup avec The city and the city de China Miéville, et on peut dire que pas mal de Mo Hayder sont du genre fantastique autant que polar. Mais passons...

L'obsession commence effectivement comme un polar. David Neff est un journaliste qui roule sur l'or depuis que l'un de ses ouvrages - une enquête approfondie sur les meurtres présumés d'un pédophile exécuté depuis plusieurs années - a fait éclater une erreur judiciaire au grand jour. 
Mais cette investigation lui a personnellement coûté : sous anti-dépresseurs lourds suite à un syndrome de stress post-traumatique, il a du faire face au suicide de sa femme et élever seul son fils nouveau-né, avec qui il vit reclus depuis près de quatre ans. 
C'est un fait divers qui va le faire sortir de sa confortable retraite. Son éditeur lui propose d'enquêter sur une mort étrange, celle de "l'homme de Primrose Lane", un ermite qui a été retrouvé tué d'une balle dans le corps, les doigts coupés et passés au mixeur. Qui était "l'homme de Primrose Lane" ? La police le surnommait "l'Homme aux mille moufles", car il ne sortait jamais les mains découvertes, été comme hiver. Pourquoi n'y avait-il aucune empreintes digitales chez lui ? Comment se fait-il qu'il n'existe aucune photo de lui, et que son nom, Joe King, soit en fait emprunté à un enfant décédé quarante ans plus tôt ? Et surtout, pourquoi suivait-il depuis des années une jeune inconnue, Katie, qui ressemble comme deux gouttes d'eau à la défunte femme de David, Elizabeth ?

Vous me direz, tout ça a de quoi faire un très bon polar ! Et pendant la première moitié du roman, il s'agit exactement de cela, un excellent polar, où chaque réponse entraîne de nouvelles questions. On en apprend plus sur le décès de la femme de David, laquelle est mêlée depuis l'enfance à d'autres enquêtes non élucidées. Petit à petit, un simple fait divers prend une ampleur phénoménale, l'affaire devient tentaculaire et le lecteur ne sait plus où donner de la tête. 
Que croire ? Qui croire ?

Je n'en dirais pas beaucoup plus, juste que la moitié du roman marque un tournant dans l'histoire. Le fantastique fait son entrée dans le récit, et pas sournoisement ou insidieusement comme cela arrive souvent, non il défonce la porte à gros coup d'écrase-merde 44 fillette, s'il vous plait ! Pour certains cela risque de paraître étrange. Pour moi, c'était un retournement de situation inattendu (bon, on m'avait prévenu que l'explication serait dévoilée au milieu du livre, alors depuis le début je cogitais, je cherchais des explications métaphysiques fantastico-magicalafrigilix à droite à gauche, mais je me trompais lourdement !).
Je n'en dirais pas plus, je dirais juste que cette enquête, dont les méandres étaient déjà étourdissants, prend une nouvelle dimension. Et le final, glaçant, est le point d'orgue du roman.

Et en ce début d'année, de toutes mes lectures de janvier/février, il s'agit de mon plus gros coup de coeur. Viennent ensuite les nouvelles de Lisa Tuttle chez Dystopia Workshop, le recueil Les chambres inquiètes, mais comme d'habitude avec les nouvelles, il y en a toujours que je trouve moins intéressantes que d'autres, et cette qualité en dents de scie m'embête. Je préfère définitivement lire des romans que des nouvelles.

Peut-être plus tard vous parlerai-je d'un roman pour ados qui m'a beaucoup fait rire et que j'ai dévoré, Etiquette et espionnage de Gail Carriger (l'auteur du Protectorat de l'ombrelle) édité chez Orbit et à paraître sous peu dans la collection Livre de poche. Un roman qui mélange fantastique, steampunk et humour dans un pensionnat anglais pour jeune filles pas comme les autres, et un délice de lecture !

Sur ce, je vais retourner me moucher (mon nez ressemble à une betterave), on me dit dans l'oreillette que je dois me reposer, je vais en profiter pour avancer dans l'Ombre de Llyod Jones.

Je vous quitte sur cette splendide photo du canidé qui a fait ses premiers pas titubants dans la librairie lundi dernier, faisant fuir quelques livreurs au passage. Il ne sera pas là très souvent, mais je promeus ainsi les canidés en librairie, un peu comme mon ancienne campagne "les félidés en librairie" (voir les premiers posts du blog).



*POUF*



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dimanche 1 février 2015

Ouverture et tralala

Voilà, ça y est, après des mois de recherches, des semaines harassantes à s'occuper de l'administratif, puis des travaux, puis de l'administratif, puis de la manutention, puis de l'administratif (quoi, je me répète ?), on a enfin ouvert cette librairie.

La dimension fantastique.

On a ouvert hier, samedi 31 janvier, et on se sentait pousser des ailes.
On prend tranquillement nos marques, on reprend nos bonnes habitudes acquises lors de nos précédentes expériences, on essaye de se débarrasser des mauvaises (celles des branleurs au chômages qui se sont prélassés dans leur canap' pendant des mois en attendant que ça bouge).

On prépare nos nouveautés, on organise nos premières dédicaces, on sourit benoitement devant notre premier chiffre d'affaire. La vie est belle depuis hier !

Bon allez, je vous mets quelques photos, les fruits de notre dur à labeur à Julien et moi.








Pour ceux qui n'ont pas suivi (ou ceux qui débarquent ici pour la première fois), la librairie s'appelle donc La dimension fantastique, se situe au 106 rue La Fayette dans le 10ème arrondissement de Paris, et elle est spécialisée en littératures de l'imaginaire et en bandes dessinées en tous genres pour tout public. Bref, tout ce qu'on aime !

On a même installé un petit coin détente, notre Batcave, avec canapé, fauteuil moelleux, thé et café en libre service, des ouvrages à consulter (pas les mêmes que ceux en vente) et qui accueillera des expos temporaires de temps à autre ainsi que des vitrines pleines de figurines !

Bon voilà pour la publicité gratuite. sachez que je suis exténuée, crevée jusqu'à la moelle, mais heureuse (bien qu'un peu anxieuse : on se demande toujours "est-ce que les gens vont venir ? Vont aimer ? Vont revenir ? Vont acheter ? Vont nous aimer ? Est-ce que j'arriverai à payer mon loyer ?" tout ça quoi... pas du tout des questions importantes.)

Du coup j'ai repris les lectures de nouveautés! Je me suis rattrapée sur une lecture de chez l'Atalante de fin d'année 2014 : Celle qui a tous les dons, que j'ai beaucoup aimé, et je suis en train de dévorer Aeternia de Gabriel Katz chez Scrinéo. On espère d'ailleurs faire une dédicace pour ce livre sous peu.(fin février début mars ?)

En attendant on reçoit avec joie Brendan Leach qui est l'auteur de l'excellente BD Iron Bound  (New Jersey, 1961, on suit des petits gars en blousons noirs pris dans les traffics de la mafia et les guerres de gangs) et Les chasseurs de Ptérodactyles, toutes les deux éditées chez Cà et là. Il vient le vendredi 6 février à 18h30, et on va devoir pratiquer notre anglais... hm hm!



On accueille aussi Alice Scarling le samedi 14 février à 16h. C'est une jeune auteur parisienne de Bit'lit' éditée chez Milady, et elle vient signer son troisième opus de Requiem pour Sascha. On a été heureux de voir les réactions passionnées de ses lectrices après l'annonce (passionnées c'est le mot!).

Je sais... je suis retombée dans la promo gratuite... mais je suis fière quoi, zut flûte crotte, laissez moi exprimer ma joie ! (Je suis joie, je suis amour, je danse intérieurement comme Mickael jackson, en vrai j'ai mal partout et j'ai froid - problèmes de chauffage -)

Bon, je vous attends moi maintenant... je suis à la librairie, transie de froid, avec l'espoir de vous y voir pour échanger un brin de parlotte. A tantôt donc ?
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