lundi 29 décembre 2014

Un coup de main pour vous en mettre plein les mirettes


Parmi ceux qui nous ont soutenu dans notre périlleuse entreprise de création de librairie, un irréductible gaulois : X., patron de la petite mais internationalement renommée librairie Scylla, elle aussi spécialisée en littératures de l'imaginaire.

Si vous êtes dans les environs de Paris et passionnés de cette littérature de genre, vous y avez peut-être mis les pieds une fois, ou peut-être est-ce votre librairie préférée de toutes les librairies de notre système solaire, dans tous les cas je me dois de vous la présenter, et de vous présenter son dernier projet en date.

Scylla donc est une petite librairie nichée dans le quartier Nation/Montgallet. Souvent quand on y va on se sent comme un sorcier qui saute sur le quai 9 3/4 de King Cross, on pousse une porte que les gens ne voient pas forcément et on se retrouve dans une petite pièce chaleureuse, où des bibliothèques habillent les murs du sol au plafond, et où des étagères repues ploient sous le poids de nombreuses références de SFFF (comprenez science-fiction, fantasy, fantastique), des livres neufs et d'occasions dont les tranches colorées vous crient de les prendre là, tout de suite, maintenant, et de les feuilleter jusqu'à plus soif.

C'est ça, Scylla, et son patron, X., toujours de bon conseil et très accueillant. Moi j'ai eu la chance de recevoir en plus des bugnes et du thé, c'était une bien belle journée !

Donc X. est aussi éditeur. Avec ses associés, il a crée la maison d'édition aux récits fabuleux et aux couvertures délicieuses Dystopia, et aujourd'hui il se lance dans les éditions Scylla.
Mais pour lancer les deux premiers titres de sa maison, il a besoin du soutien des amateurs du genre.

Pour que vous compreniez mieux, je vous laisse le soin de cliquer sur >cette page< de financement participatif où X. décrit bien mieux que moi les besoins de la maison d'édition pour exister et financer ses deux premiers romans.



Sachez donc que le premier titre est une réédition de Garry Kilworth, Roche-Nuée. Garry Kilworth est notamment reconnu pour son roman La compagnie des fées (Folio) et sa saga des Rois Navigateurs (LGF). Roche-Nuée avait déjà été édité il y a un bout de temps chez Denoël, mais voilà une réédition digne de ce nom : retraduction, recouverture (sublime, comme d'hab), de quoi redécouvrir l'ouvrage.

Le second ouvrage est une novella qui fera parti de la collection 111 111, la contrainte étant d'avoir 111 111 signes, et s'intitule Il faudrait pour grandir oublier la frontière.

Voilà, alors si vous vous sentez l'âme généreuse, si vous aimez la SFFF, si vous voulez mettre votre grain de sel dans une belle entreprise, et si vous voulez les lire en avant-première, c'est par ici ! Entre nous, on se serre les coudes.

Concernant notre projet d'entreprise à nous, les choses avancerons après les fêtes (là c'était plutôt banque, assurances, ouvertures de compte, le blabla qui ne vous intéresse pas), mais la semaine prochaine je vous tiens au courant des avancées !

Bonnes fêtes et à l'année prochaine !
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dimanche 21 décembre 2014

Jours de fêtes


J'ai toujours du mal à me projeter dans les fêtes. 

Petit on te demande pendant un mois ce que tu veux comme cadeaux, tu épluches les catalogues de jouets, lèches les vitrines de magasins de jeux, on te fait décorer un gros sapin de Noël clignotant avec de guirlandes multicolores (et comme tu as un sens de l’esthétique aussi gros qu'une boule de Noël, autant dire que ça pique les yeux), et tu te rends compte que c'est Noël.
Mais un jour tu grandis et Noël devient surtout synonyme de "merde, on est déjà le 23 et j'ai pas acheté de foie gras ni de vin blanc, le Monop' va être blindé c'est la plaie".

D'habitude je travaille en librairie. Je me dois de dire à des centaines de clients "Et bonnes fêtes hein !" pendant un mois, c'est un peu hypocrite (le dire à ses proches c'est normal, le dire à des centaines d'inconnus au bout d'un moment ça perd son sens), mais je comprends que bientôt je serais avec ma propre famille autour d'une table à faire péter les boutons du jean pour fêter la... enfin le... bref fêter.

Cette année pour la première fois depuis 6 ans je passe un Noël plus relax, pas coincée entre quatre murs à faire tinter le "cashiiiiiing" du tiroir-caisse après un conseil pour dix-huit membres d'une famille nombreuse (qui tu l'espères aiment les livres...).

Mais je ne suis pas en vacances. Depuis trois semaines je planifie avec J., mon associé, l'ouverture de notre boutique en janvier. Et je me rends compte que c'est les fêtes grâce à (ou à cause de) tous ces fournisseurs et interlocuteurs qui me font comprendre qu'entre le 20 décembre et le 1er de l'an faut pas trop espérer compter sur eux.

C'est comme si la France, et certainement le monde, vivait dans un trou noir le temps d'une dizaine de jours.

Du coup, pour nous aussi ces prochains jours vont être sans trop de vagues. A part de l'organisation administrative dont vous n'avez pas envie d'entendre parler parce que ce n'est vraiment pas sexy, pas de travaux prévus avant les premiers jours de 2015.

Après ça, on vous donnera un peu plus de nouvelles de La dimension fantastique.

Et pour vous parler un peu de mes lectures, figurez-vous que j'ai enfin fini par lire Sandman de Neil Gaiman, je me devais de combler cette lacune, et que j'en ai tiré bien du plaisir !

J'ai aussi enfin terminé les Chroniques du pays des mères, de Elisabeth Vonarburg, un roman qui m'a été offert par ma petite fée L., et qui, malgré sa densité parfois un peu irritante, m'a enchanté. 
C'est un roman de post-apo qui se situe dans un futur très lointain, où les hommes de l'ère du Déclin (nous) ont tellement pollué le monde que certaines zones sont inhabitables et que les hommes et autres êtres vivants subissent de nombreuses mutations. 
En résulte Le pays des mères, où naissent beaucoup plus de femmes que d'hommes, et où s'est créée une société matriarcale basée sur le troc et la religion. 
De très bonnes idées dans ce roman, une écriture très travaillée et des personnages consistants et attachants, peut-être un peu trop d'interrogations (y a un moment où j'avais envie de frapper Libeï, le personnage principal, dès qu'elle faisait une phrase interrogative, ce qui arrivait à peu près toutes les 5 lignes), mais un très bon moment de lecture que je recommande fortement.

Sur ce, passez tous une bonne fin d'année, immergés dans les bulles et repus par les petits fours, et à la revoyure pour de nouvelles aventures... en 2015.

Ça fait un bout de temps que je n'avais pas milité
pour les chats en librairie ! Merry X-mas du félin!



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vendredi 12 décembre 2014

Naissance d'une librairie



Bon, ça y est.

Fini de geindre, de vous parler de mes maux de jambes et de mes cervicales en compote parce que j'étais ronchonne et stressée, et que dans ces cas là on ne fait que se plaindre.

Aujourd'hui je suis enfin heureuse d'annoncer que nous avançons dans notre projet de création de librairie !
Nous avons obtenu un local, un prêt bancaire, signé un bail et immatriculé l'entreprise !

C'est donc la naissance de la librairie La dimension fantastique, librairie spécialisée en bandes dessinées en tout genre et littératures de l'imaginaire (science-fiction, fantasy et fantastique). 

Logo de Sandrine Gendek


Nous proposerons aussi quelques produits dérivés, et des expositions avec œuvres originales à la vente.

Voilà, on y est, maintenant c'est le stress des formalités et de la paperasse à remplir. Il va falloir faire des embellissements dans nos locaux, commander et installer le mobilier, ouvrir nos comptes fournisseurs et implanter notre stock.Tout un programme qui va prendre beaucoup de temps et de patience, mais très excitant (bon la paperasse ça nous amuse moyen, mais ça fait partie du métier...).

Donc pour ceux qui sont intéressés par cette nouvelle, voici la page Facebook de notre bébé librairie :


Mais aussi le Twitter de la librairie :


Vous pourrez y suivre l'avancée de l'entreprise, les travaux, les animations en programmation, et bientôt les prévisions d'ouverture.

Voici l'adresse de la future librairie : 106, rue La Fayette - 75010 Paris

Pour y aller c'est assez simple, c'est à 150m du métro Poissonnière (Ligne 7), à 5min à pied de Gare du nord et 10min à pied de Gare de l'Est et de Bonne Nouvelle.

Pour le moment c'est vide, et il y a l'ancienne devanture, donc n'essayez pas de venir acheter des livres... y en a pas encore ! Soon... soon.

To be continued !

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mardi 2 décembre 2014

Pendant ce temps, à Vera Cruz



On attend des nouvelles des banques, qui doivent arriver "d'une minute à l'autre" depuis jeudi dernier. Ça fait presque une semaine que tout le monde nous demande "Alors vous avez eu une réponse ?". Non. Toujours pas. Mon portable est actuellement mon ami le plus intime, je ne le quitte pas des yeux, il ne quitte pas ma poche, je le sens vibrer alors qu'il reste inerte, c'est une torture.

Etat actuel des troupes : #Frustrés #Fatigués #TropD'Espoir #EnvieDeTuerUnBanquier #J'enPeuxPlus






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dimanche 16 novembre 2014

Un coucou en passant !

Je passe en courant d'air, comme c'est un peu le cas depuis plusieurs mois.

Que dire de ces mois ? Je commence à épuiser mon stock de livres (non, c'est pas vrai, mais contrairement à mes précédents billets où je pleurais sur le fait que je devais lire trop de nouveautés, maintenant elles me manquent !), mais le bon côté des choses c'est que je ne me ruine plus à en acheter des piles de bouquins et ma bibliothèque reste encore à taille humaine (si c'est possible). Sa croissance exagérée reprendra lorsque j'aurais enfin réussi à accomplir l'exploit de ma vie : créer ma librairie.




En attendant je m'enfile encore des séries télé allongée comme un tas sur le canapé, le canidé sous un bras, le félidé me boudant au bout de l'accoudoir. Mais attention, j'ai rattrapé mon retard en séries de SF, Doctor Who, Torchwood, Warehouse 13, The almighty Johnsons, mais surtout FRINGE (love of my life...). Bon, je consolide une certaine culture générale quoi, vous m'comprenez. En attendant je me chope des varices, mal aux cervicales et des cuissots de jambons à force de rester inactive.

Travailler me manque.
Beaucoup.
Trop.

Lorsque je passe dans une librairie, je ne peux m'empêcher de replacer un livre mal posé ou de remettre en ordre un présentoir. C'est maladif. Et diantre, ça me rend nostalgique.
Il faut un juste milieu, entre le chômage et l'exploitation, il faut un juste milieu ! 

Bon on ne peut pas dire que je ne fasse absolument rien. Je négocie avec des bailleurs, des agences immobilières, je harcèle des banquiers, je fais des visites, contre-visites, des devis, je bidouille des fichiers Excel où s'accumulent des business Plan casse-têtes. Je passe mon permis (ça me donne des migraines et des hauts le coeur). Ça me maintient en forme ! Ça me maintient stressée aussi, sachant que je suis une stressée de la vie : la frustration, le stress et la fatigue combinés me font choper toutes les maladies qui traînent (je suis même allée jusqu'à attraper les oreillons, incroyable mais vrai !).

Pour l'instant, tant que rien n'est signé, tant que tout ne tient qu'à un fil, je n'en dirais pas plus. Nous avons des espoirs, nous avons aussi essuyé des échecs et maintenant nous restons prudents : tout peut arriver.
Néanmoins je rêve d'en être à la peinture et au mobilier, à la composition du stock et au rangement des cartons, et surtout à l'inauguration ! Un jour peut-être.
Voilà, des nouvelles du front.

Au passage j'ai lu quelques livres très intéressants : Rosemary's baby, Desolation Road, Gun Machine, The city and the city, Le secret d'Edwin Strafford, de très bonnes lectures mais malheureusement rien de transcendant. Si vous avez des conseils, je suis preneuse !

A la revoyure.
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samedi 11 octobre 2014

Espoirs et déboires d'une aspirante libraire


Depuis le temps que je vous bassine avec mon rêve de création d'une librairie !

Pour certains, c'est encore pire que pour vous, je leur pète les bu... enfin je les emmouscaille légèrement depuis le lycée, où je me planquais constamment pour lire dans tous les recoins de l'établissement. Une fille le cul par terre, dos collé au mur, mèches de cheveux devant les yeux et livre en main ? C'était moi. J'imaginais déjà les lieux, le fauteuil rouge et douillet prêt à accueillir le client (ou la libraire, plutôt...), les étagères croulantes, la musique de Loreena McKennit. Je me cassais la tête à chercher un nom accrocheur, une identité à cette librairie qui hantait mes pensées jour et nuit.

Ça n'a pas changé, après mes études spécialisées, après mon apprentissage, après mes années de jeune libraire sous-payée, j'en suis encore là, à imaginer les travaux, la déco, le fonds, la musique, jusqu'à la marque du thé que j'offrirais à mes clients. Mais aujourd'hui je le fais avec une boule au ventre, la peur de ne pas y arriver, car je me suis imposée Paris comme destination, et les propriétaires de locaux commerciaux comme les banques ont décidé d'en faire baver à notre joyeuse génération. Les garanties demandées sont beaucoup plus lourdes qu'il y a dix ou vingt ans et les prix de vente et de location en feraient pâlir plus d'un. 

Business Plan, Etude de marché, Cautions Bancaires, Fonds Bloqués, Caution Solidaire, Droit au Bail, Fond de Commerce, Trésorerie, Bilan, Financement...Tous ces mots tourbillonnent désormais au milieu de mes rêves d'ado et de jeune adulte, pourrissant petit à petit l'optimisme qui m'a toujours porté.

Depuis le mois d'avril, je me suis mise au chômage pour pouvoir profiter des prêts gouvernementaux et des aides sociales pour les jeunes et les créateurs d'entreprise (et heureusement qu'ils existent, déjà que les jeunes français ne veulent pas entreprendre, sans ça on se serait tous barrés). Je profite du système pour pouvoir mieux lui rendre après. Pour ça je gagne pire que des clopinettes en espérant un jour faire des bénéfices dans mon commerce et avoir enfin une vie décente, sans me laisser submerger par le SMIC inévitable des employés de ce métier.

Heureusement que c'est un beau métier, heureusement que c'est une passion, une vocation diraient certains... Heureusement que je suis jeune, bien entourée, aimée et encouragée, car il serait facile de se laisser abattre et de tout laisser tomber. Sachez juste qu'il faut avoir le dos solide pour entreprendre ce que nous avons décidé d'entreprendre (et dans tous les sens du terme!), parce que c'est à vous coller des insomnies et à vous rendre dingue toute cette paperasse administrative. C'est le stress, l'attente, de savoir si le bailleur vous rappellera, de savoir si la banque vous soutiendra... si quelqu'un vous donnera une chance, vous tendra la main.

Revoir d'anciens collègues, me promener dans des librairies inconnues et ressentir leur charme désuet et cette odeur d'encre et de papier reconnaissable entre toutes, me plonger dans des romans que j'ai toujours voulu lire mais n'ai jamais pu ouvrir lorsque je croulais sous le travail, toutes ces choses me font garder espoir qu'un jour un autre rêveur passionné passera dans ma librairie et sentira cette odeur de livre avec le même enchantement que moi.

Voilà, pour ceux qui se posaient la question, où j'en suis. Si je suis chanceuse, peut-être ouvrirais-je une librairie en 2015. Et j'espère que tous ceux qui ont eu un jour plaisir à lire un article sur ce blog passeront me voir et que j'aurais à mon tour le plaisir de les écouter.


Luke Pearson

PS : Pour ceux que ça intéresse les romans qui j'ai fini par ouvrir, petit récapépète de mes lectures fantastiques sur Senscritique juste > <.


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vendredi 25 juillet 2014

Avouons-le, j'ai décroché !



Bon, le temps s'espace pas mal entre mes chroniques, et sérieusement entre la création d'entreprise et l'idée folle que j'ai eu de passer le code et le permis en même temps (j'optimise mon chômage), je n'arrive pas à tenir le rythme. Mes lectures se concentrent sur le livre de code et les textes professionnels, ce qui m'attriste un brin, mais je me dis que bientôt, quand j'aurais accompli ces deux exploits là, je reprendrai mes lectures et mes chroniques.

Donc patience, et souhaitez-moi bon courage.


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dimanche 13 juillet 2014

Le lézard lubrique de Melancholy Cove, de Christopher Moore


Comment rattraper le temps perdu ? Il s’est passé à la fois rien et plein de choses depuis mon dernier article en avril. J’explique ma disparition avec difficulté. Disons que mon métier m’a amené à énormément lire depuis 6 ans, même si mon rythme de lecture est effréné depuis mon adolescence. Mais surtout mon métier m’a forcé à lire des choses que je n’avais pas forcément envie de lire, parce que c’est nouveau, médiatisé, qu’il faut en parler, le vendre : le diktat du commerce quoi. On se dit que le livre n’est pas un produit commercial comme les autres, c’est un objet de passion, mais c’est comme tout en fait : trop c’est trop.

Alors après Féerie pour les ténèbres je suis tombée dans une spirale (pas autodestructrice, plutôt relaxante) de visionnage de séries télé. J’ai rattrapé mon retard sur ce secteur culturel là, il faut dire que je suis passionnée par la fiction en général, les romans, les films, les séries, c’est que du bonheur. Lorsque je ne remplissais pas fébrilement un business plan ou que je ne m’esquintais pas les yeux à éplucher des centaines d’annonces de locaux commerciaux, je me matais des saisons entières de séries de tous horizons. Quel pied ! Je le fais encore, mais graduellement j’essaye de me replonger dans mon addiction première : le livre. Mon intoxication est terminée, je dois m’y remettre.

Pour ce faire, j’ai sélectionné deux poches de ma bibliothèque pour occuper mon voyage dans la belle province québécoise, l’un est intitulé Le vaisseau ardent, de Jean-Claude Marguerite chez Folio SF et pèse bien ses 1500 pages d’aventures, l’autre que j’ai terminé est plus modeste dans sa composition, se nomme Le lézard lubrique de Melancholy Cove, de Christopher Moore chez Folio Policier. Comment ne pas tomber amoureuse d’un tel titre ? Je vous le demande.  « Lézard » et « lubrique » sont deux mots que l’on n’associe pas de manière anodine, mais ils vont parfaitement ensemble.



Et effectivement, dans la petite ville touristique américaine de Melancholy Cove, une insignifiante catastrophe nucléaire (hum) va réveiller un monstre millénaire moult fois mutant, un gros lézard qui n’a qu’une hâte : se taper une gonzesse. L’automne bat son plein, les touristes sont parti, et la ville retombe dans une routine familière sans grands bouleversements. Mais en voici un de taille (au moins gros comme une caravane). C’est sans compter sur Théo, flic de campagne défoncé qui décide d’enquêter sur le suicide de l’une de ses habitantes, une population soudain frénétiquement active sexuellement, un bluesman au cœur tendre, une psychologue déglinguée et une actrice de série B, Molly alias Kendra l’amazone des terres inconnues, qui se promène en costume de film, épée en main. Rien ne va donc plus à Melancholy Cove…

Diantre ça fait du bien un peu d’absurde, de la légèreté et du rire ! N’allez pas chercher une écriture ciselée (au couteau ! comme dirait l’une de mes anciennes collègues), ni une histoire profonde, sensible et subtile, Le lézard lubrique de Melancholy Cove est un roman dont le titre décrit à la perfection l’ambiance foldingue, un brin dépravée et jouissive. Melancholy cove, ce havre de mélancolie, devient le théâtre d’évènements saugrenus qui mettent les personnages dans des situations surréalistes mais bidonnantes, et ses habitants nous livrent des dialogues absolument savoureux, drolatiques au possible, du début à la fin !

Paru initialement en collection Série Noir chez Gallimard, ce roman de Christopher Moore est plus un ovni frapadingue qu’un roman noir ou une enquête policière, mais cela ne fait que confirmer les bons goûts de la direction éditoriale qui nous avait déjà bluffé et séduit avec La bouffe est chouette à Fatchakulla de Ned Crabb (pépite unique qui raconte les meurtres sordides - par démembrement – dans un village de péquenauds du fin fond des Etats-Unis, lesquels préfèrent assigner l’enquête à leur poivrot local – Sherlock Holmes alcoolique – qu’à leur police régionale) et Fantasia chez les ploucs de Charles Williams (un enfant de 7 ans nous conte les péripéties de son père bookmaker dans l’Amérique de la prohibition et de son oncle fermier dont les activités de contrebandes sont une épine au pied de la police local).

Que vous dire, Le lézard lubrique de Melancholy Cove est un remède à la mélancolie, pour sûr. De quoi passer des vacances ensoleillées et amusantes, et voir les lézards d’un œil nouveau. Je vous le conseille, quoi.

Dès que j’ai terminé Le vaisseau ardent (j’en suis page 530, c’est long !) je vous en parle, parce que là c’est tout l’inverse : une langue travaillée, un récit à tiroirs, une aventure fantastique de piraterie à travers la Hollande, les Balkans et les Caraïbes, bref un joyau.

A bientôt les amis, avec – on espère- la prochaine fois de bonnes nouvelles concernant notre future entreprise, on croise les doigts… mais notre corps de métier et notre jeunesse (26 ans) semble poser problème aux banques et aux bailleurs : on vit dans un monde où la jeunesse ne peut se lancer dans entrepreneuriat que si elle est riche de base… Douce France.


Mais on ne baisse pas les bras. Et n’oubliez pas de me conter vos avis sur les mésaventures du lézard lubrique !

CITRIQ

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dimanche 20 avril 2014

Féerie pour les ténèbres, de Jérôme Noirez

Bon, je vous avais parlé de faire un article sur l'Homme Soleil, et je vais le faire (mode auto-motivation on), mais pas tout de suite. Tout simplement parce que les mots me manquent, et parce que j'ai quand même été un peu déçue... si on doit le comparer à l'excellence de La symphonie des spectres... ben c'est pas excellent. Mais je n'ai pas chômé pour autant, j'ai enchaîné avec deux excellents romans, dont un qui était un rattrapage obligatoire et que je ne regrette pas !

Pourquoi n'ai-je pas lu Féerie pour les ténèbres avant ? Les rioteux ont emporté la réponse dans l'En-dessous... 

Pourtant j'en ai entendu beaucoup de bien, et de nombreuses fois. On parle d'un roman parût il y a presque dix ans aux éditions Nestiveqnen, repris en intégrale par le Belial il y a deux ans, et enfin paru en poche chez J'ai lu ce printemps. Il m'a donc fallu l'observer de loin tout ce temps avant d'emporter un exemplaire avec moi dans le métro et de dévorer cette gourmandise fantasyste envoûtante.





Difficile de raconter Féerie pour les ténèbres, faudrait-il pour commencer vous parler la Technole, cette matière étrange qui surgit de la terre et régurgite du caoutchouc, du béton, des parkings et des gares, des lampadaires et des radios, des rebuts qui font aujourd'hui la richesse de la région, même si personne n'en connait la provenance. Ou bien vous relater les investigations de l'officieur Obicion, dont l'enquête du meurtre d'une jeune fille mutilée, aux os de plastiques, dévoile de bien sombres complots au Palais royal ? Ou bien vous parler de Malagasta de Sponlieux, quittant la mer Clapotante de Vicerine pour éviter la peine de mort et accomplir les noires besognes de ses dirigeants ? Ou bien l'histoire de Grenotte et Gourgou aux quenottes affamés, diablotins et terreurs des sœurs de sainte Cadacace, muses du sculpteur aux moeurs dissolues Jectin de Lourche ? Mais il faudrait alors vous parler de Meurlon le rioteux, de Quinette la sans-tête, des esmoignés, des fraselés, des féeurs, puis de Charnaille qui s'active au fond du Fondril, dans le centre de la terre...

Vous n'avez rien compris ? C'est plutôt normal, dans cet univers sombre et déjanté que Jérôme Noirez a inventé, il faut avoir beaucoup d'imagination et le cœur bien accroché ! Féerie pour les ténèbres est un mélange de science-fiction et de Fantasy, où l'auteur s'empare des ingrédients de plusieurs genres pour faire sa tambouille, une tambouille de chef.
Féerie pour les ténèbres est un univers de fantasy où l'ère médiévale est gangrenée par une technologie sortie de nulle, une technologie dont personne ne sait si elle vient d'un passé lointain ou de l'esprit malade d'un dieu, et qui depuis quelques années bouleverse l'équilibre du pays : on l'appelle la Technole, une apparition qui génère plein de ressources que l'aristocratie du pays s'arrache, plastique, skaï, caoutchouc, métal, latex, et que des hordes de travailleurs s'acharnent à dénicher dans des chantiers où ils risquent leur vie à chaque pas.



Cette Technole vous dit vaguement quelque chose ? C'est ce qu'il y a de plus tangible pour nous dans cet univers où vivent sous-terre des mutants mutilés que l'on nomme "les rioteux", morceaux de chair amputés qui parlent par tous les orifices sauf la bouche et qui sont méprisés et craints des humains, où des Féeurs prodiguent leur magie à la cour du roi et peuvent voltiger corps et âmes au fin fond de la terre et cracher des maléfices mortels avec des formules ésotériques, où des ratruandières, méduses carnivores, s'accrochent aux ponts et terrifient le voisinages, et où des grobes-muçotes dévorent le ventre des petits-enfants.

Je vous épargne un peu plus de ce langage technique propre à Féerie pour les ténèbres, issu de l'imaginaire débordant, foutraque et un brin pervers de Jérôme Noirez, d'une part pour ne pas trop vous égarer, mais surtout parce que je ne serais pas capable de retranscrire correctement ses mots, son langage poétique et ses dialogues fleuris qui mêlent habilement érudition, humour et épouvante. Car oui, il y a pas mal de passages abominables dans Féerie pour les ténèbres, si vous avez peur d'histoire de mutilations et souffrez d'entendre parler de sang, d'os et de chair en décomposition, sachez que Féerie pour les ténèbres peut heurter un poil vos sens.

Mais quand je parle de la langue de Jérôme Noirez, je déconne pas les gars, il a cette capacité à faire des phrases qui semblent rouler sur votre langue quand vous les répétez à voix hautes, des phrases où vous vous dites "ce type est un génie", car c'est à la fois beau et écrit et terriblement monstrueux. Et surtout : c'est drôle ! J'ai ri un nombre de fois incalculable grâce à cette verve gouailleuse qui imprègne tout le texte. C'est certainement ce qui permet pour moi au texte de ne pas tomber totalement parfois dans le scabreux et l'intolérable, c'est cet humour absurde qui transparaît dans la personnalité des personnages tous plus attachants les uns que les autres (big up à Quinette), dans les dialogues et dans l'élaboration entière de son univers, et qui rend chaque retournement de situation cocasse, apportant du rire là où germe l'horreur. 

Alors voilà, j'ai terminé le premier volume, car il y en aura deux en poche, et j'ai hâte de lire la suite, pour me replonger dans les étranges aventures de ces héros rocambolesques légèrement frappés du bulbe, finis à la pisse et parfois même pas entier... mais les héros d'un monde hors norme totalement fascinant.


 

Alors monsieur Jérôme Noirez, je n'avais lu - du temps de mon apprentissage où je m'occupais des romans pour ados - que Fleurs de dragon, qui m'avait enchanté, mais alors là je suis conquise, et dans mon panthéon des auteurs de fantasy, vous vous hissez à la place d'Odin. Et j'espère bien, la prochaine fois que sort l'un de vos livres, vous rencontrer dans ma future librairie.

Sur ce, après ce gros shoot de bonne littérature, je vais passer ma descente en finissant Nos étoiles contraires, du talentueux John Green, qui m'avait déjà fait voir trente-six chandelles avec son coup de poing Qui es-tu Alaska, et qui me fout à nouveau la pâtée.


Ps : le blog de Jérôme Noirez, qui vaut le détour ! : http://jeromenoirez.over-blog.com/

CITRIQ
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vendredi 4 avril 2014

Je traîne... mais je suis toujours là !


Oui bon je sais, je traîne, je traîne.... je vous promets L'homme-soleil depuis des lustres et rien n'arrive. Sachez qu'il me reste 100 pages à lire. Je les aurais déjà terminé si depuis mon arrivée dans le monde du chômage il y a dix jours (volontaire, cette fois-ci) je ne faisais pas un espèce de blocage total sur la lecture. Comme si j'avais besoin de faire le vide, de rester loin d'un livre le temps de me remettre d'un traumatisme (Moi ? Traumatisée par mon expérience récente d'employée en librairie ? Non.) Je fais à la place une boulimie de séries télé (j'vous jure, quelle enfant...) et je planche sur mon projet de création de librairie : repérage de locaux, de quartiers, recherche de contacts, j'essaye d'y aller doucement, je me suis donnée comme temps de repos jusqu'à lundi prochain pour souffler un peu et reprendre mes esprits avant de me lancer dans cette entreprise qui va certainement me bouffer toute ma vie dans les quatre ou cinq années à venir. Eh oui, fini le temps des vacances, des week-ends a l'arraché, des "je rentre chez moi je m'allume la télé et je pose mes neurones sur la table basse", ça va être dur, alors là je vous avoue, je profite de mes derniers jours pour glander un peu, m'occuper de ma paperasse autre que celle du projet, m'occuper de moi, de mon nouvel appart, des bestioles (le félin, le canidé) qui sont en période d'adaptation (même si quand même ils s'adaptent très bien à la terrasse), mais je ne glande pas totalement non plus (même si j'essayais j'y arriverais pas).

Alors voilà, pour soutenir ma graphiste qui nous a fait un logo-du-feu-de-dieu-qu'on-aime trop-sa-race, je me suis inscrite sur le réseau social Biilink, un réseau qui permet aux femmes porteuses d'un projet de création d'entreprise de promouvoir leurs idées, de trouver des contacts, et surtout de participer à des concours permettant d'obtenir un prêt à taux 0 et un don financier, en plus de consulting gratuit.
Donc j'ai aidé ma graphiste à participer au premier concours (sa page ici : http://www.biilink.com/bi-comm) en likant sa page. (c'est bizarre comme mot, likant... je like tu likes, en likant, liker... diantre, Facebook de marde comme dirait mon homme)
Car il faut 100 likes pour pouvoir participer aux concours, eh oui ! Cent me direz-vous, pas si dur que ça tout de même, tout le monde à des amis (normalement...) qui peuvent aider à atteindre les cent.
Certes... sauf que Biilink est un peu traître (totalement même), il faut s'inscrire sur le site pour pouvoir liker. Et c'est souvent là que ça capote, les gens n'aiment pas s'inscrire à des sites internet, faut donner son nom, créer un compte, valider un mail, toussa toussa, trop relou quoi. Alors bon, moi je l'ai fait, et j'en suis très heureuse, déjà parce que j'ai pu aider avec ma maigre participation, ensuite parce qu'à mon tour je peux parler de mon projet et tenter de participer aujourd'hui à un concours qui propose un prêt à Taux 0 de 50 000€ sur lequel on ne cracherait pas avec mon associé (pas du tout même...), un don de 5000€, et 2 ans de consulting gratuit. Tout bénéf quoi, un vrai coup de pouce pour les entrepreneurs ! Alors on tente le coup, sait-on jamais, que notre projet attire du monde, que vous décidiez de nous soutenir, que ça fonctionne.

Tout ça pour dire que, si vous voulez nous aider à créer notre entreprise, vous pouvez nous refiler de la tune, payer notre loyer ou avancer notre stock, mais si vous voulez pas autant vous mouiller (c'est vrai quoi, on va pas trop en demander non plus) vous pouvez le faire en participant à ce concours, en faisait un petit clic sur "like" après avoir validé votre inscription sur Biilink.
Mais vous avez aussi le droit de vous en tamponner royalement la coquillette, on comprendra ! 

Alors la page à liker, c'est là : http://www.biilink.com/dimensionfantastique

Et en avant première pour vous, le logo que nous avons choisi pour notre entreprise, réalisé par Sandrine Gendek, please.



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vendredi 7 mars 2014

Les Furies de Boras, de Anders Fager

Récemment un client m’a demandé « que lisez-vous de beau en ce moment ? ». Je savais en mon fort intérieur que mes lectures ne correspondraient pas à son interprétation de « beau », même si je vous assure qu’il y a une certaine beauté dans la monstruosité tentaculaire et visqueuse des récits des Furies de Boras, de Anders Fager. Alors quand je lui ai dit que ce n’était peut-être pas très beau mais que je prenais beaucoup de plaisir à lire un roman horrifique nordique, j’ai senti qu’il continuait de me faire la conversation pour la forme, en regrettant de m’avoir posé la question. Je lui ai expliqué que c’était un recueil de nouvelles d’horreur, mêlant histoire contemporaine et folklore suédois, que c’était très intéressant, gardant pour moi les rituels de chair et de sang, les cultes démoniaques, les prédatrices sexuelles mi-femmes mi-monstres et les enfants adeptes de tyrannosaures mythiques mangeurs de SDF. Ce sont des choses qui ne se disent pas à certaines personnes.



Aurais-je piqué votre curiosité ? Et il ne s’agit que d’une poignée de nouvelles parmi ce recueil foisonnant d’idées. Les Furies de Boras, parlons-en, donc. Avis aux âmes sensibles, à ceux qui préfèrent de « belles lectures », sachez que Les Furies de Boras peut déconcerter, dégoûter, voire marquer un peu profondément vos nuits. Car oui, il y est question de tout ce que j’ai cité au-dessus, et bien plus.
Anders Fager utilise le fantastique d'une manière bien à lui. Chaque nouvelle commence simplement : un groupe de jeunes adolescentes surexcitées qui descendent d’un bus pour s’éclater dans une petite boîte de nuit de province, un petit garçon qui passe par le trou du grillage de la maternelle pour observer un lapin, une jeune femme casanière qui sort à la recherche de contacts humains, deux amants aux jeux sexuels débridés ou encore une jeune femme de la bonne société qui décide de suivre une psychanalyse pour évacuer les rêves terrifiants qui sapent son humeur et ses forces. Anders Fager inscrit ses nouvelles dans un contexte historique ou contemporain de la Suède, dans les méandres des grandes villes, dans les familles recomposées de la classe moyenne, dans les provinces reculées du pays, lors de la grande guerre du Nord et de ses avancées sanglantes, reflétant ainsi d’abord l’image de son pays, de son histoire et de son folklore. Puis vient le moment où l’étrange apparaît, où une ambiguïté imprègne le texte, où le lecteur sent une tension s’installer et sait que d’un moment à l’autre tout peut basculer, les masques tomber et les monstres se révéler. Orgies rituelles pour déités païennes, sociétés secrètes de sorciers sans âge, créatures millénaires avide de sang ou de vengeance, appelées par les hommes ou tombées du ciel, l’horreur s’installe dans l’univers de Fager et tranche brutalement l’herbe sous les pieds du lecteurs, qui ne s’attendait pas à de tels retournements de situation.

En tout cas, je peux dire que la violence inattendue de certaines nouvelles m’a profondément marquée, il m’arrive encore parfois d’y penser plusieurs heures et jours après, au boulot ou à la maison. Je repense au choc des mots de l’auteur contre ma raison, à leur violence et à leur magie propre, celle de rendre réel, tangible, un panthéon démoniaque de déités cruelles sans visages. Je repense aux personnages, à la fois excités et désespérés, esclaves de leurs monstres, intérieurs et extérieurs. Et je me dis que Les Furies de Boras, c’est bigrement bien foutu comme recueil de nouvelles d’horreur, parce qu’y en a certaines qui continuent de me foutre les chocottes quand j’y repense, que j’ai eu plus d’une fois le poil des bras hérissés durant sa lecture, et surtout parce qu’il ne tombe jamais dans l’outrance, sait s’arrêter au moment approprié pour maîtriser l’émotion de son lecteur et varie les styles d’écriture avec un talent indéniable d’une nouvelle à l’autre.

Un succès, vous dis-je. Alors, amateurs de fantastique et d’horreur laissez-vous tenter par ce recueil à la beauté glaciale. On compare souvent son auteur à Lovecraft ou Stephen King. Pourquoi pas, moi je trouve qu’il a son propre style, plus sexy que Lovecraft, plus rock’n’roll encore que King, et cette fois avec l’imaginaire et le folklore nordique, presque plus brutal et glaçant que ses confrères américains.

Remercions donc les éditions Mirobole, jeune maison d’édition bordelaise, pour la traduction de ce recueil. J’ai déjà parlé d’eux en évoquant le roman de S.G. Browne, Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère… et retrouvé l’amour, cette fois-ci un roman fantastique américain, parodie de roman de zombie dont l’humour m’avait étiré les muscles zygomatiques de la première à la dernière page. Mais Mirobole nous offre des romans fantastiques ainsi que des polars venus des quatre coins du globe, des russes, des polonais, des américains, des suédois, et même des moldaves ! Le tout avec des couv’ au graphisme léché qui donne envie de les collectionner dans sa bibliothèque. De la qualité, donc, de l’objet jusqu’au contenu de l’œuvre. Alors, suivez mon conseil : découvrez Mirobole.



Sur ce, je vais tenter la lecture de L’homme-soleil de Gardner, après La Symphonie des spectres, j’ai décidé de m’attaquer à ce deuxième gros morceau du prodigieux auteur américain décédé trop tôt. Si il est aussi bon que son dernier roman, alors ça ne peut être que du bonheur.

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jeudi 13 février 2014

Et nos yeux doivent accueillir l’aurore, de Sigrid Nunez


Ça fait longtemps rien que je ne me suis pas dégourdie les doigts en vous tapant un petit article. Alors profitons du fait que j’ai terminé hier ma lecture d’un roman de Sigrid Nunez aux éditions Rue Fromentin avec son titre dégoulinant et bien trop long MAIS tiré d’une chanson de Dylan (là on peut pardonner) Et nos yeux doivent accueillir l’aurore. Comme toujours, je suis friande des romans américains, j’ai une certaine tendance à les apprécier encore plus quand ils se situent dans le passé et quand j’en apprends plus sur l’Histoire. Alors ce roman mi roman de campus mi roman soixantuitard me tentait carrément bien.



Situons un peu l’histoire, si vous le voulez bien. George, de son vrai nom Georgette George (à dire à l’américaine, of course), nous raconte l’histoire d’une amitié peu commune qui marquera sa vie à jamais. Pendant la guerre du Vietnam, elle intègre le campus de Barnard, pendant féminin du fameux Columbia de la grosse pomme. Elle débarque du fin fond de l’état de New York, et contrairement aux autres jeunes femmes qui peuplent le campus, elle vient d’une famille nombreuse et pauvre avec une mère abusive, un père fuyard et des frères et sœurs qui n’ont pas sa chance. Aussi est-elle étonnée lorsqu’elle apprend que sa camarade de dortoir, Dooley, a demandé expressément à partager sa chambre avec « une camarade aussi éloignée de son milieu que possible ». Dooley se fait désormais appeler Ann, elle a abandonné le nom donné par ses riches parents issu d’un ancêtre esclavagiste. Ann aurait préféré partager sa chambre avec une femme noire, parce qu’elle aurait aimé naître noire et pauvre et rejette avec férocité son origine blanche synonyme pour elle de bourgeoisie, de richesse et de racisme. Durant leurs années à la fac, elle recherche l’amitié de George comme un enfant recherche l’amour de sa mère, avec une envie et un plaisir qui effraient George, la mettent mal à l’aise : comment peut-on cracher sur sa bonne fortune et clamer à tout va qu’on aurait voulu naître pauvre et en marge de la société ? Pour George qui a connu une enfance de cette sorte, l’engagement d’Ann, son combat militant extrême contre les inégalités et la guerre, son honnêteté à toute épreuve et son rejet de la richesse sont une hérésie. Malgré tout, une amitié indéfectible va lier les deux jeunes femmes, jusqu’à une dispute violente qui séparera leurs chemin plus de trente ans. Et lorsque George apprend que sa vieille amie est condamnée à perpétuité pour un crime contre un policier blanc, elle ne peut croire comme le disent les médias que c’est purement par haine de la race blanche et par plaisir. Mais depuis leur jeunesse dans les années 60, les mentalités ont encore changé, et personne n’a envie de donner sa chance à Ann Drayton, devenue une tueuse de flic blanc.

Sachez-le, la période qui raconte les années campus de George et Ann est finalement assez réduite, à peine un quart du roman, puisque de toute façon l’une et l’autre abandonneront leurs études rapidement, chacune pour des raisons bien particulières. Plus qu’un roman d’amitié, plus qu’un roman féminin, pour moi Et nos yeux doivent accueillir l’aurore est le portait d’une époque et d’une génération, celle de Ann et George, mais aussi de tous les personnages secondaires qui graviterons autour d’elle, car si le résumé vous a paru dense, le roman l’est encore plus.
Sigrid nous conte l’histoire de ces deux femmes avec la voix de George, désormais âgée, et qui jette un regard sur une amitié qui aura impacté sa vie comme aucune autre. Ann était pour elle une amie particulière, une femme comme on en rencontre peu. Elle établit même une comparaison avec Simone Weil, et dresse le portrait d’une femme rêvant pratiquement de devenir martyr, une femme 0d’une sensibilité extrême, dévouée corps et âme à ses valeurs et opinions, avide de faire le bien autour d’elle et de rétablir les choses dans un ordre qu’elle considère juste sans se soucier du mal qui peut aussi en découler par ailleurs, un mal qui la touche elle-même comme il touche ses amis proches et sa famille. Ann est un personnage entier, dont l’honnêteté heurte, brusque et déplait souverainement, dont les idées innovantes choquent la majorité des américains, et dont la vie est dévouée à l’engagement à une cause pour les autres et non pas à une vie pour soi. 

L’inverse de George, bien entendu, qui ressemble plus à une madame tout le monde et l’assume pleinement, c’est comme ça qu’elle est heureuse. Enfant et ado, elle se laisse porter par le courant, on la dit douée et intelligente, sa professeur la pousse à faire de hautes études, lui trace un chemin de sortie qu’elle emprunte avec plaisir mais sans grande conviction et qui lui permettra d’éviter de rester dans le trou à rat où végète sa famille. Chacun de ses frères et sœurs trouvera un moyen de faire de même, son grand frère par la guerre et la drogue, sa cadette par la fugue, la benjamine par le voile. Mais George n’a pas eu la chance comme Ann d’avoir confiance en elle dès son plus jeune âge, celle-ci d’ailleurs lui reproche de partir « toujours battue d’avance ». Elle se laisse d’abord bercer par la douceur de vivre de l’époque qui règne à la fac, se laisse entraîner quelque peu par les idéaux de son amie, devient une « hippie » et s’enfonce dans les drogues qui circulent comme des bonbons à la menthe entre les mains des étudiantes. D’ailleurs, elle aura sa meilleure note après avoir écrit un essai sur l’oeuvre de Fitzgerald intitulé « Pourquoi Gatsby n’est pas un chef-d’œuvre » dans un état de trip très avancé. Elle nous décrit cette époque avec une certaine nostalgie (les jeunes faisaient du stop et pouvaient parcourir les Etats-Unis sans problèmes, même le viol n’en était plus un, tout le monde voulait coucher avec tout le monde, l’ouverture d’esprit était plus branchée que jamais, la drogue plus accessible encore et la création musicale en plein essor) et une distance un brin désabusé (nombreux sont ceux qui se sont flingués la santé et la vie à vivre le rêve « peace and love », notamment sa jeune sœur Solange, fugueuse de 14 ans dont les abus inconsidérés provoqueront de graves problèmes de santé).
J’ai adoré qu’elle nous raconte cette période, le militantisme ambiant, les années Woodstock, le rêve d’une jeunesse nouvelle en quête d’un nouvel ordre mondial, avec ses bons et ses mauvais côtés.

Puis les deux jeunes femmes grandissent, et pendant une deuxième partie du roman, George nous raconte sa vie après la fac, comment elle a troqué son costume de hippie contre une place dans un magazine féminin de bonne réputation, oublié ses rêves de hautes études pour une envie de fonder une famille et de trouver un mari, redevenant ainsi une femme aux aspirations clichés telles que sa bonne amie Ann les déteste. Son manque d’ambition, son manque d’opinion et sa recherche d’un certain confort pousseront les deux jeunes femmes à se disputer violemment, et jetteront un voile sur leur amitié plusieurs décennies durant.

Enfin George raconte les circonstances du meurtre commis par Ann dix ans après leur dispute, comment elle a voulu sauver l’amour de sa vie, comment elle a tué un homme blanc, un flic de surcroît, comment elle n’a éprouvé aucun remords devant la cour et comment elle a été condamnée sévèrement par un juge qui abhorre les militants politiques. Puis sa vie en prison, son dévouement à la cause des prisonnières, sa lente agonie volontaire, sa fin…
Ce chapitre là m’a particulièrement touché, c’est fou comme Sigrid Nunez -  qui pourtant fait le récit de la vie de George et Ann d’une façon très factuelle la plupart du temps - arrive à nous rendre les événements très vivants, grâce à un nombre de détails incroyables, beaucoup de ressenti et de sentiments, et un mode de narration non linéaire vraiment original. George regrette certaines choses mais raconte son histoire sans amertume, sans mélo, sans tomber dans la caricature ou l’outrance. C’est un récit fictif qui me semble (j’ai bien dit me semble, je n’ai pas vécu cette époque autrement qu’à travers des films, documentaires et livres) coller fidèlement à une certaine réalité, décrivant avec exactitude deux types de vie de cette époque, celle de George, à la recherche d’une certaine banalité, d’une facilité, d’un confort modeste mais contentant (bien que sa vie fut loin d’être banale) le rêve américain en somme…, et celle d’Ann, femme martyr, dont la vie ne lui a jamais véritablement appartenue et ce volontairement, dévouée aux autres, s’oubliant soi-même, pleine d’opinions et d’idéaux parfois justes et quelquefois trop extrêmes, une militante hors du commun, un être qui marquera les esprits et restera plus un symbole aux yeux du monde qu’une femme de chair et de sang.

Non, on ne peut pas dire que ce roman soit léger, bien qu’il ne soit pas difficile à lire ; l’écriture de Nunez est fluide, agréable, entraînante, bien que jamais réellement gaie ou drôle. C’est un roman puissant, au ton changeant comme les époques qu’il passe successivement, un très bon roman que je conseille pour les amateurs de cette période, des années 60 à 80 aux Etats-Unis, aux amateurs de récits de vie et de femmes plus particulièrement, pour ma part je l’ai refermé comblée, heureuse d’avoir découvert cette auteur talentueuse, que je vous conseille sans hésitation.

Il faut dire que j’ai lu ce roman juste après avoir avalé d’une traite ou presque Né un 4 juillet de Ron Kovic paru récemment aux éditions 13ème note, livre éponyme du film avec Tom Cruise, témoignage douloureux d’un vétéran du Vietnam devenu le militant le plus acharné pour la paix après être revenu paraplégique du combat. Sa voix, son désespoir, son mal-être faisaient écho au roman de Sigrid Nunez, au militantisme de Ann, et son histoire me servait de cadre pour cette époque noire et contrastée de l’histoire américaine. Si vous avez vu le film, sachez que le livre est tout aussi bien, même certainement mieux (Ron Kovic écrit très bien), et je vous conseille aussi de le lire, cette fois non comme un roman même s’il est parfois écrit comme tel, mais comme un document nécessaire à la culture générale de tout un chacun.



Après vous avoir pondu cette chronique quelque peu indigeste mais nécessaire, je vais maintenant me laisser aller au bras de Morphée, la morve au nez et le front brûlant. Pfiouu, j’ai comme écris cet article dans un état second, une rhinopharyngitedemesdeux m’enserre le crane, me gratte la gorge et me bouche les narines, les médocs me brouillent complètement les idées mais je tenais tout de même à écrire, une envie pressante, urgente, inexplicable. Malgré mes nombreuses relectures je vais certainement laisser passer fautes et incohérences, n’hésitez pas à me reprendre.


A la revoyure, donc, pour de nouvelles aventures.

CITRIQ
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mardi 28 janvier 2014

Nosfera2, de Joe Hill


Ce que j'aime dans un roman, c'est être surprise. C'est l'imagination fertile et parfois insaisissable des auteurs, qui sont capables de faire germer des situations et des personnages hors du commun, et qui vont bien au-delà des limite de ma propre imagination.

Quand je rencontre l'imaginaire de ces auteurs, je prends mon pied. J'ai un souvenir excellent de l'imaginaire foutraque du génialement taré Warren Ellis dans son roman jouissif Artères souterraines, paru au Diable Vauvert il y a quelques années, et enfin édité au livre de poche en ce début d'année. Je transmets sa bonne parole en camouflant la trashitude de son récit par une caution "humoristique", la pile se vend comme des petits pains, et j'espère ainsi les emmener dans l'esprit détraqué d'un auteur peu ordinaire.

Mais ce n'est pas d'Artères Souterraines que je veux parler ce soir. J'ai englouti avec joie le roman d'un dénommé Joe Hill sorti il y a quelques jours aux éditions Lattès. Nosfera2, roman fantastique hors norme, fut réellement pour moi la confirmation du talent de ce jeune auteur au nom inconnu mais à l'héritage génétique fameux... puisque Joe Hill n'est autre que le fils de Stephen King.






Nosfera2, le titre évoque le teint livide et le faciès inquiétant du vampire du film muet des années 20, mais Nosfera2 (ou Nosf4a2 en anglais) ne parle pas d'un véritable vampire...



Joe Hill nous raconte l'histoire de deux personnages, celle de Victoria, petite fille intrépide qui file sur son vélo de course à folle allure et capable grâce à lui de retrouver les choses perdues, bracelets oubliés, photos cachées ou chats disparus, car ses envolées sur son vélo et sa volonté à toute épreuve lui ouvrent les voies du "raccourci", un chemin qui prend racine dans son imaginaire mais lui permet de faire un pont entre les choses disparues et la réalité. C'est ce pouvoir de l'esprit extraordinaire qui va l'amener à croiser la route de Charles Manx, tueur en série, kidnappeur insaisissable qui cueille les enfants à bord de Rolls-roys de 1938 et disparaît à jamais sur la route de "Christmasland", pays issu de son esprit tordu où les enfants vivent un Noël éternel et restent heureux à jamais.

De leur rencontre va naître le roman inclassable de Joe Hill, cette confrontation d'une violence inouïe et d'un surréalisme oppressant entre deux êtres abimés par les pouvoirs issus de leurs esprits prodigieux. Victoria, elle, paye ses courses folles dans le "raccourci" par des migraines vertigineuses et sombre dans une folie auto-destructrice, alors que Manx troque son âme contre le bonheur malsain de l'innocence éternelle par le biais le plus abject qu'il soit. Dès lors que Victoria va croiser Charles Manx, leurs destinées vont se mêler, et s'entrelacer pour le meilleur ou le pire sur de nombreuses années.



Ce résumé n'est que la partie immergée de l'histoire, celle que je peux raconter sans trop en dévoiler sur le roman en lui-même. Et contrairement à ce que cela peut laisser penser, il n'y a rien de manichéen dans cette confrontation entre ces deux personnages, qui sont tous les deux des personnages en demi-teinte. Charles Manx, bien qu'étant tout de même le méchant de l'histoire, n'est pas aussi transparent qu'il en a l'air, et Victoria, au premier abord héroïne courageuse, n'est pas aussi forte qu'elle le paraît. Chacun a été abîmé par la vie de manière différente, et chacun lutte contre ses démons grâce à ses aptitudes fantastiques. Celles de Charles Manx le poussent à devenir l'être ignoble que va croiser Victoria, pour survivre et faire perdurer un semblant de bonheur, alors que celles de Victoria vont la pousser à douter de ses propres capacités mentales et son héroïsme la faire chuter dans l'aliénation.

Victoria n'est pas une héroïne habituelle, pétrie de bonnes intentions et réellement courageuse. Ce sont son audace et ses fêlures qui vont la pousser à se dépasser et à découvrir son talent particulier. Car Victoria est une jeune fille, puis une femme, au caractère bien trempé, aux bras noircis de tatouages de motards et à l'esprit rebelle et aventureux, mais au fond surtout une nana complètement paumée, incapable de s'assumer réellement. Ca fait du bien de voir ce genre de perso principal, un peu bad-ass, totalement désabusé, qui ne tombe pas dans la caricature complète, un héros vraiment original. Et ce que j'ai aimé des personnages du roman de Joe Hill, c'est qu'ils ont tous cette ambiguité, ce défaut majeur qui fait d'eux des êtres imparfaits, plus palpables et plus intéressants.



Il faut dire aussi que Joe Hill sait rendre son roman intéressant, instillant un fantastique angoissant, il arrive à rendre le lecteur mal à l'aise par ses descriptions ignominieuses des exactions de Charles Manx et de son complice, un être fou et complètement répugnant à l'intellect d'un gamin de cinq ans mais à la perversité sans limite. Il arrive à rendre son roman gênant par la violence parfois extrême de ses propos et de ses personnages, mais aussi terriblement fascinant. Et lorsque le récit bascule du fantastique à l'horreur, je ne peux pas m'empêcher de me dire qu'il a hérité du talent de son père, un talent qu'il a fait totalement sien. J'ai adoré les références culturelles et littéraires qu'il a parsemé tout au long de roman, notamment les mentions subtiles mais géniales à son oeuvre Locke & Key, BD horrifique que je conseille au plus grand nombre, et qui était déjà pour moi la preuve de son génie scénaristique. (et je ne parle pas des autres références concernants la culture comics, la littérature anglo-saxonne, et autres références geeks qui jalonnent le roman, jouissif)



Une illu de Manx assez flippante piquée là : http://joehill.fr/


Je n'en dirais pas plus sur ce roman complètement déglingué, que je vous conseille juste de lire si vous voulez prendre votre pied. Pour ma part c'était une parenthèse bienvenue dans la complexité actuelle de ma situation. Pour tout vous dire, je passe mon temps entre mon boulot où je ne travaillerai bientôt plus (en mars, ouf), et où ma motivation me déserte (forcément, à la fin on est toujours impatient de s'en aller et on a plus envie de bosser!) et mon projet d'ouverture de librairie, projet phagocytaire, qui mange tout mon temps libre et m'obsède 24h sur 24. La recherche de locaux sur Paris est particulièrement ardue, mais pour ceux qui pensent nous voir échouer ou abandonner, sachez que nous sommes patients et confiants, et qu'on a hâte de vous accueillir dans notre cocon de librairie. On prendra le temps qu'il faut !

A bientôt, donc, pour de nouvelles aventures !

CITRIQ
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dimanche 12 janvier 2014

Des nouvelles fraîches



Deux mois plus tard, me revoilà ! (Bonnanéééé !) Oui, j'ai un peu délaissé l'écriture en cette fin d'année 2014. J'ai même délaissé la lecture en fait. J'ai passé mon temps la tête dans mes projets, et j'étais trop occupée par le mois décembre qui est un mois difficile dans le commerce, comme vous pouvez vous en douter : heures supplémentaires, plus de fatigue et moins de temps pour soi-même. Ce fut un mois difficile de différentes façons (confrontation façon Far West avec ma boss, stress de la foule des clients de Noyel...), mais un mois qui m'a ouvert les yeux sur l'urgence d'ouvrir mon propre commerce, c'est pourquoi les choses s'accélèrent et mon associé (J.) et moi sommes en train de chercher des locaux ! Nous espérons voir notre librairie ouvrir ses portes au grand public en septembre prochain alors croisons les doigts et touchons du bois.

J'essaye de garder un certain rythme de lecture mais je suis complètement dépassée par la production du moment et ma motivation pour lire des livres qui ne sont ni de la Sf ni de la Bd est égale à zéro. Malgré tout je peux vous faire un petit topo de mes dernières lectures depuis novembre, histoire de vous dire ce que j'ai aimé, bien que la liste ne soit pas très longue.


American Desperado de Evan Wright et Jon Roberts (Ed. 13ème note)
Ce n'est pas un roman, c'est plutôt le résultat d'une collaboration entre Evan Wright, journaliste, et Jon Roberts, ancien mafieux New Yorkais dont le CV ferait pâlir Scorsese et Robert De Niro dont les frasques cinématographiques ne sont pas très éloignées ! Car oui, Jon Roberts, aujourd'hui la soixantaine et retiré de ses affaires d'affranchi italiano-new-yorkais, était un very very bad boy, un beau salopard sans foi ni loi qui n'a jamais eu peur de se salir les mains et qui n'a pas beaucoup de regrets sur toutes les horreurs qu'il a pu accomplir durant sa "carrière". Le récit alterne entre le témoignage de Jon Roberts et certains de ses amis, et les interventions d'Evan Wright qui remet les souvenirs de Roberts en perspective (vérifiant leur véracité avec professionnalisme) et indique au lecteur son ressenti sur le personnage au fil de leurs rencontres. Le livre suinte de noirceur et de cette atmosphère sombre qui entoure les affaires de la mafia italienne aux Etats-Unis, mais on se délecte (avec un peu de culpabilité) de l'Histoire de la mafia qui apparaît en filigrane des années 50 aux années 90, et c'est en partie dû à la narration très fluide et très efficace utilisée dans le livre, qui se rapproche presque plus du roman que du témoignage. Un très bon ouvrage pour les amateurs du genre !

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Comment j'ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l'amour, de S.G. Browne ( Ed. Mirobole)
Le titre n'est pas très attirant, mais le roman était jouissif ! Oubliez les zombies terrifiants de Romero, oubliez les légumes de Walking Dead, dans l'univers de Browne il est finalement assez courant de se réveiller à la morgue ou dans son cercueil après son embaumement. Malheureusement, la banalité de la chose ne rend pas la vie des zombies plus facile. Bien qu'ils ne mangent pas de chair humaine, ils sont rejetés par le système qui a du mal avec le fait qu'ils sont cliniquement mort, qu'ils se putréfient et qu'ils ne respirent plus. On leur ôte donc leur accès à l'emploi, aux soins médicaux, mais surtout on les prive du droit de se promener parmi les vivant, car si un zombie est attrapé à errer seul dans la rue il risque... petit un : d'un bon jet de tomates ou pire, petit deux : de se retrouver à la fourrière ou comme cobaye dans un labo, petit trois de se faire démembrer par des Frats Boys bourrés voire immoler dans une poubelle. La vie n'est donc pas rose, mais notre héros, Andy, a décidé de lutter pour ses droits !
C'est donc un roman de zombie humoristique, qui m'a beaucoup fait rire et que j'ai trouvé original dans une production où le zombie est roi mais ne varie pas souvent d'un iota. Je ne sais pas si les amateurs de zombies y trouveront leur compte, mais dans mon cas j'ai passé un excellent moment !

CITRIQ


Guerre & Guerre de Laszlo Krasznahorkai (Ed. Cambourakis)
Je ne suis pas sûre d'arriver à raconter correctement l'histoire de Guerre & Guerre (pour tout avouer je ne suis pas sûre d'avoir tout compris), ce roman empreint d'une folie difficilement mesurable. Dans une province de Hongrie, Korim, archiviste, découvre un manuscrit qui va bouleverser sa vie. Il n'en saisit pas le sens, mais les mots, les personnages, tout le décide à changer de vie, et surtout à trouver un moyen de le rendre immortel et accessible au nombre le plus grand. Pour ça, quoi de mieux que de se rendre dans le centre actuel du monde, New-York, la ville de tous les possibles. C'est sans compter la folie obsessionnelle qui anime Korim, homme étrange au discours incompréhensible, et les obstacles qu'il va devoir surmonter avant d'arriver à rendre ce manuscrit éternel en lui donnant sa propre vie. Guerre & guerre c'est l'écriture intense de Laszlo Krasznahorkai (à vos souhaits), son imaginaire décalé, son prophète insensé, son texte alambiqué et incompréhensible qui pour moi n'a pas besoin d'avoir un sens pour prouver sa beauté et sa puissance. Encore un roman de l'absurde qui m'a fasciné d'un bout à l'autre, dérivant sans logique entre l'onirisme et le réalisme sinistre, tout ça pour la beauté de la littérature ! Bref, un indispensable pour les gros lecteurs et autres érudits en quête d'une littérature originale et essentielle.

CITRIQ

Je vais m'arrêter là, mais sachez que je me remets à lire, je viens de finir le nouveau Ron Rash, Une terre d'ombre, magnifique roman sur la superstition et les horreurs extrêmes causée par l'ignorance de l'homme, et j'ai entamé un Brandon Sanderson en SF, le nouveau et terrifique Joe Hill (génial fils du King) ainsi qu'un roman de moeurs russe aux éditions Heros limite.

Je vous en dirait des nouvelles bientôt ;) En attendant, je m'en vais rechercher mes locaux et plancher sur le logo de la future librairie, celle où vous avez intérêt à venir nous dire bonjour quand elle sera ouverte !

PS : peut-être avez-vous remarqué les petites images disant "d'autres critiques pour ce livre sur Citriq" (nooon, si peu), un site partenaire sur lequel sont recensés beaucoup de critiques écrites sur des blog littéraires ! Allez-y voir ;)
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