lundi 19 novembre 2012

La symphonie des spectres, de John Gardner


Il arrive des fois où, après avoir refermé un livre, je me rends compte que je viens de fermer un chef-d’œuvre. Ces moments sont de plus en plus rares. Comme m’en parlait l’un de mes collègues, ça arrive plus fréquemment avec les romans classiques, cultes, les grands noms de la littérature qui ne sont pas aujourd’hui mondialement connus pour rien, ou avec ceux qui sont tombés dans un oubli immérité, parce qu’ils on été ensevelis par la masse de m**** qui sort sur nos tables depuis deux décennies, et que heureusement certaines maisons décident de remettre en avant.

Bon j’ai quand même lu récemment quelques œuvres qui méritaient d’être traités de chef d’œuvre (pour moi), Les jardins statuaires de Jacques Abeille ou encore Karoo de Steve Tesich… mais ils ont été écrit il y a déjà plus de vingt ans.

Et je viens de refermer La Symphonie des spectres, de John Gardner, qui rentre définitivement pour moi dans cette catégorie de chef-d’œuvre. Encore une fois, le livre a été écrit en 1982, et l’auteur est décédé peu après sa parution…



J’ai vraiment eu cette sensation que je venais de lire un roman hors du commun, assez exceptionnel par sa forme et son fond, et que je n’oublierai pas de sitôt
Comment raconter, comment résumer La symphonie des spectres ? Et comment expliquer ce qui en fait un roman aussi incroyable. Là est le challenge. Je vais quand même m’y essayer, sans trop en dévoiler, ni pas assez.

Alors que Carter et Reagan se déchirent pour la présidence des Etats-unis, Peter Mickelsson, professeur de philosophie en Université respecté (et craint…), a du mal à joindre les deux bouts. Il a quitté sa femme, laquelle s’est remis en couple avec un nabot grotesque, lui demande une pension trois fois plus élevée que son salaire annuel, et continue de lui pomper chaque mois l’équivalent de sa paye pour s’offrir le luxe auquel elle est habituée. Ses enfants sont aux quatre coins du globe et ne donnent pas de nouvelles (bien qu’il n’en cherche pas non plus). L’IRS l’attend au tournant depuis qu’il a arrêté de payer ses impôts quelques années plus tôt. Bref, la déprime se matérialise par une bouteille de Gin qui ne le quitte plus et des idées noires qui lui rongent l’esprit comme les souris rongent les murs de son appartement minable.
Mais sur un coup de tête, et malgré l’amoncellement de factures impayées, Mickelsson décide de contracter un emprunt pour s’offrir une maison à une heure de route de son Université, à Susquehanna en Pennsylvanie. Coup de bol, ou de malchance, la maison qu’il déniche est une bâtisse centenaire décrépie - mais non sans charme - à vendre pour une bouchée de pain. Il comprend pourquoi lorsque les rumeurs sur son acquisition lui parviennent enfin : celle-ci serait hantée. Philosophe, Mickelsson hausse les épaules, et plutôt que de se faire du mouron pour ça il décide de mettre toute son âme à la rebâtir, ainsi que tout l’argent qu’il n’a pas.
Mais les choses ne vont pas en s’arrangeant, il retrouve sa demeure mise à sac quelques semaines après son arrivée, les mormons rodent dans le coin avec des airs de conspirateurs, ses voisins - quoique très aimables et solidaires – sont superstitieux et lui cachent des choses, une voiture verte semble le suivre constamment, il s’éprend d’une prostituée encore mineure qui l’arnaque sans remords, et la faucheuse se met à semer des cadavres autour de lui…

Alors dit comme ça, on pourrait croire à un polar/roman-fantastique/thriller-psychologique/allez-savoir-quoi-d’autre-encore. Mais l’œuvre de John Gardner est tellement plus dense qu’elle n’en a l’air. Le personnage de Peter Mickelsson, véritable pilier du roman, est un être complexe, enseignant, spirituel, mais incapable de tirer profit de la philosophie qu’il offre à ses étudiants, préférant s’embourber dans une situation inextricable qui, on le sent dès le début, ne prendra jamais fin. Irréfléchi, impulsif, puéril, alcoolique, Peter Mickelsson est un vieux con, parfois odieux, parfois délicieux, à la fois effrayant et attendrissant. Et il faut se le farcir, le Mickelsson. Le roman n’est basé que sur son point de vue et ses réflexions, ses pensées et ses sentiments, et vu les contradictions dont il est pétri et les tourments qui l’agitent, c’est un perpétuel tourbillon qui ébranle notre lecture. J’avoue que le résumé ne m’avait pas préparé à ça, ne m’avait pas préparé à cette masse grouillante des pensées de Mickelsson, touffues et malades, à la fois irritantes et hypnotisantes.

On parle de ce livre en le mentionnant comme « un roman philosophique », et il est vrai que, profitant du statut de professeur de philosophie de son personnage, Gardner ne se gène pas pour partir dans d’incroyables digressions. Il nous décrit deux ou trois cours de Mickelsson, et nous instruit sur Platon, Nietzsche, Luther, Wittgenstein. Pour des lecteurs comme moi, peu au fait de la philosophie, c’est parfois un brin indigeste, selon l’humeur. Je me suis surprise malgré tout à m’intéresser franchement à ces digressions qui peuvent durer quatre à cinq pages (et des bonnes pages, écrites en petit caractères avec peu de marges et de dialogues, héhé), où Gardner en profite pour faire passer ses idées, ses convictions, se situer dans des débats de société (l’avortement, pour exemple). Tout ça par le biais des envolées de Mickelsson, perturbées par son cerveau surchauffé.
Il semble peser sur Mickelsson une fatalité que l’on ne comprend pas bien. Chacun de ses problèmes à une solution. Son avocat, son psychologue, ses amis parmi le corps enseignant - notamment Jessica, la belle veuve professeur de sociologie avec laquelle il rêve de développer plus qu’une liaison - et même les habitants de Susquehanna qui lui passent avec pitié ses chèques sans provision, lui permettant de continuer ses lubies sans dépenser un seul sou, tous lui tendent la main. Mais Peter préfère s’enfermer dans un malheur aux contours indéfinis, vivre avec une angoisse qui lui donne des aigreurs d’estomac, en plus du Gin qu’il absorbe comme une plante l’eau de pluie, et il donne toute l’énergie qu’il devrait consacrer à sortir la tête de l’eau à la réfection de la maison, qu’il démolit, rebâtit, ponce, rabote, repeint, décore dans un état second, entouré de l’ombre de ses spectres…

Le titre original prend pour moi plus de sens : Mickelsson’s ghosts. Et en lisant ce titre, j’ai pensé au Chant de Noël, de Dickens, avec ces fantômes qui viennent confronter Ebenezer Scrooge à ses actes et sa situation actuelle. La comparaison s’arrête là. Les fantômes de Mickelsson sont bien moins bavards et éloquents, et embrassent une dimension bien plus large. Qui sont-ils ? Les fantômes de son enfance qui ont façonné ce qu’il est devenu, son père d’une simplicité désarmante et adorés de tous, son grand-père le penseur rigoriste, ses enfants, seuls incarnation d’un bonheur passé, sa femme, sangsue à l’esprit fêlé, ou encore ceux qui se promènent dans sa maison, et qui perturbent doucement l’existence de Mickelsson, preuve de sa démence ou que la superstition des habitants de Susquehanna  est fondée, allez savoir.

Dans la forme, j’ai eu en tête quelque lecture de Philip Roth, ou encore la vision désabusée et destructrice d’un Karoo… Il va falloir que je finisse par vous en parler de celui-là aussi. Mais vous livrer mon ressenti de La Symphonie de spectres était déjà assez usant pour aujourd’hui. Car oui, j’ai mis un mois à lire ce roman, qui fait tout de même 775 pages, et comme, qui le dit justement Fabrice Colin dans sa postface « est un roman éminemment lisible et impossible à lâcher (quoique, tel un bon scotch, il puisse être dégusté à petites gorgées vénéneuses), mais capable d’infliger sans coup férir à son lecteur des digressions grandiloquentes » .
Grandiloquent est le mot, pour définir la prose de Gardner dans ce roman. L’un de mes collègues, après avoir feuilleté deux pages m’a dit « on dirait que c’est écrit comme un vieux roman »,  et effectivement il est rare aujourd’hui de lire ce genre de prose, grandiloquente, sentencieuse parfois, quand elle ne tranche pas avec des citations violentes et crues, mais digne des meilleures plumes de ce siècle. La postface de Fabrice Colin, qui parle bien mieux que moi de l’ouvrage, explique aussi à quel point ce roman incarne la vie de son auteur, John Gardner, lui-même professeur d’Université, lui-même tourmenté, séparé de sa femme, devenu alcoolique, remis en couple avec une jeune de vingt-cinq ans qui l’aime et le craint à la fois. Il meurt tragiquement dans un accident de moto après la parution du roman. Le peu de retombées de ventes l’a apparemment pas mal affecté, puisqu’il est considéré outre-Atlantique comme un ponte de la littérature américaine. Ici aussi il n’a pas eu beaucoup de succès, paru une première fois chez Denoël, puis épuisé, je suis contente que la maison d’édition ait décidé de le ressortir des tiroirs poussiéreux dans lequel il végétait.

Simplement parce que la Symphonie des spectres est son personnage ampoulé, désaxé, extravagant et phénoménal. Une œuvre abondante, en somme, que je vous conseille de lire l’esprit bien ouvert, concentré, pour savoir en apprécier chaque moment comme il se doit.


Un petit passage qui m’a beaucoup marqué :

« Non, ce qu’il ressentait, et avec la force d’une sensation physique ou d’une secousse, c’était plutôt, lui sembla-t-il, cette vieille question à la fois embarrassante et chérie des philosophes : la fugacité du temps. Les jours, les mois, les années, si vivants qu’ils fussent, sombraient dans le néant. Les verts étés sans fin de son enfance dans le Wisconsin, puis ses années d’études à la fois joyeuses et anxieuses (il se souvenait des caractères et même de la texture du papier du Kant qui l’absorbait dans son coin de la bibliothèque), puis vingt ans d’enseignement – mais surtout, en plus affreux, cette longue plage de temps passé avec Ellen… Tout ce temps ensoleillé et lourd d’événements se ratatinait, pour ne laisser que quelques cailloux à l’arête coupante, quelques images figées dont toute émotion a été vidée, ou qui ne contiennent plus que le spectre, exsangue et à face d’enfant, de l’émotion… »


CITRIQ
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vendredi 16 novembre 2012

Anno Dracula, de Kim Newman


Peut-on faire du beau avec du vieux ? Il y a ceux qui sont sceptiques et ne jurent que par l’originalité de la nouveauté. Moi je pense qu’il est assez extraordinaire d’arriver à faire une œuvre de qualité avec de l’ancien. Cela vaut pour à peu près tout. Tout est matière à création, tout est matière à innovation. C’est exactement ce que j’ai pensé en prenant entre les mains le livre de Kim Newman, Anno Dracula, à qui Bragelonne vient de donner une seconde vie au sein de sa maison d’édition.

J’en avais entendu du bien, récemment une amie m’avait faire part dans une liste de ses dix œuvres incontournables dans les littératures de l’imaginaire, et elle m’avait cité ce titre. J’étais bien-sûr contente lorsque j’ai pu récupérer le service de presse au début du mois, j’allais donc pouvoir juger par moi-même de ce roman dont en semble faire grand cas.



Kim Newman est journaliste, critique et scénariste de cinéma en plus d’être auteur de romans et de travailler pour l’univers de Warhammer. Il a écrit Anno Dracula en 1992, première parution en France en 1998, et a été récompensé plusieurs fois de prix littéraires anglais (Prix Bram Stoker, Prix British Science-fiction, Prix Ozone…). Bref, un ponte de la littérature fantastique/horreur de ces deux dernières décennies. Pourtant il n’est plus si connu en France, et Bragelonne nous permet de redécouvrir cette série phare qui a pour thème…. le vampirisme. « No way ! » Allez-vous me dire. « Avec Dracula dans le titre on ne s’en serait pas doutés ! » Oui, oui, bon, racontons un peu l’histoire. Comment reprendre l’histoire de Dracula alors que Bram Stoker en a déjà fait un chef-d’œuvre il y a plus de cent ans ?

Anno Dracula prend place en 1888. A Londres, le Comte Dracula, Vlad Tepes, a conquis le trône d’Angleterre en soumettant la Reine Victoria, elle-même devenue vampire. Le Prince consort fait régner un nouvel ordre, sa garde Karpathe jugule la ville, les vampires sont exposés au grand jour et tout le monde est libre de « passer au ténèbres ». Aristocrates, petit peuple et pires fripouilles se laissent aller à cette nouvelle tendance, celle des non-morts. Les sang-chauds doivent vivre avec, l’humanité change et elle se nourrit de sang humain. Mais une suite d’événements violents vient perturber la mise en place de ce nouveau régime. Un homme assassine des prostituées vampires dans Whitechapel, et cet homme n’est autre que John (dit Jack) Seward, l’un des soupirants de Lucy, la première concubine de Dracula lors de son débarquement en Angleterre trois années plus tôt. Jack est celui qui a du lui ôter la vie définitivement, avant d’échouer avec ses comparses Jonathan Harker et Van Helsing à sauver Wilhemina Harker, et à sauver l’Angleterre. Chaque prostituée assassinée avec son scalpel en argent est un moyen de venger la mort de Lucy. Le reste de Londres est en ébullition, Scotland Yard peine à trouver le couple, son détective phare est en prison avec les autres dissidents au nouveau régime, et de fausses pistes lancées par des tas d’illuminés font barrage à l’enquête. De là plusieurs personnes se croisent, dont chacune pense pouvoir s'emparer de ces terribles meurtres pour tirer son épingle du jeu dans le nouvel échiquier politique du pays…

En l’espace d’un résumé j’ai à peine effleuré ce qui fait l’originalité et tout le sel d’Anno Dracula, son inspiration de la littérature anglaise fantastique et policière. D’où le questionnement de mon premier paragraphe. Car Anno Dracula n’est pas seulement une sorte de suite à l’œuvre de Bram Stoker, mais mêle aussi les romans de Stevenson (on y croise Docteur Jekyll), H.G. Welles (le Docteur Moreau), de Conan Doyle (Sherlock Holmes sans Sherlock), Sheridan Le Fanu (Carmilla), ou encore se moque de l’image des vampires d’Anne Rice. C’est sans compter les références à des nouvelles ou romans fantastiques anglais moins connus, à l’univers de Warhammer, à la cinématographie vampirique du siècle dernier, Nosferatu et autres adaptations, et sans compter les allusions aux mythes vampiriques bien connus (Vlad Tepes l’empaleur, Elizabeth Bathory…). Il s’amuse même à mettre en scène Bram Stoker lui-même (retenu prisonnier aux côtés de Sherlock Holmes) et de sa femme Florence. Et surtout, il réécrit l’histoire de Jack l’éventreur et réinvente l’Angleterre victorienne.

Oui Anno Dracula fourmille de références et s’inspire de toute une mythologie, s’imprègne de tous les supports pour devenir un roman fantastique ET policier, à l’intrigue pleine de rebondissements et aux ramifications sans fin. Un personnage en particulier, le « principal » si l’on peut dire, m’a beaucoup plu. Il s’agit de Charles Beauregard, Gentleman au service de la reine et d’un club « secret » qui n’est pas sans rappeler les services secrets anglais de Ian Flemming. Certainement le seul personnage plus ou moins moral du roman. Son flegme anglais tranche avec l’Angleterre Victorienne que dépeint Kim Newman, vraiment sombre et sanglante (en même temps vous allez me dire que l’histoire de Jack l’éventreur était déjà pas mal sanglante, vous n’avez qu’à imaginer le stade au-dessus !) et recouverte d’une crasse nouvelle que même le fog londonien ne peut pas masquer, et qu’a apporté l’avènement du vampirisme. Il a repris les pires travers de l’histoire de Vlad Tepes dit Vlad l’Empaleur, toutes les déviances et la cruauté qu’on lui attribuait à lui et ses hommes pour pimenter le roman. Les scènes en rapport avec les vampires issus du lignage de Dracula sont assez déplaisantes… Kim Newman imagine que son sang est impur et n'engendre que des vampires mutilés et/ou mourants.

Bref, pot pourri littéraire et concentrés de mythes fantastiques, tout ça avait vraiment de quoi me plaire, et ça m’a effectivement plu…
… mais j’ai été un poil déçue tout de même. Si j’apprécie le talent de l’auteur et sait reconnaitre un certain génie, j’ai été déçue par son écriture et sa narration. Il faudrait peut-être que je me penche sur la version originale pour vérifier la qualité de l’écriture de l’auteur, mais sa plume ne m’a pas rappelé le phrasé magnifique des auteurs gothiques du XIXème siècle. La narration alterne en de (trop) courts chapitres entre une dizaine de personnages qui se croisent tous, et se rejoignent dans un final grandiose, mais cette façon d’alterner les protagonistes m’a un peu énervé, j’aurais préféré qu’on s’en tienne à quelques personnages principaux plutôt que de se retrouver parfois dans la tête de personnages plus que secondaires qui finalement n’apportent pas grand-chose à l’œuvre (pour ceux qui l’ont lu : Penelope la gourgandine fiancée de Beauregard, ou Mary Jane Kelly et ses déboires pré-vampiriques…).

Certains me diront que je suis contradictoire, je clame haut en fort dans d’autres chroniques que j’aime les romans polyphoniques avec de nombreux personnages qui apportent chacun leur personnalité à l’œuvre… mais là j’ai trouvé ça mal mené. Et surtout, surtout, je déteste les chapitres qui ne dépassent jamais plus de cinq pages. Tant qu’à développer des personnages secondaires et donner la voix à tout le monde, autant y aller à fond dans de longs et beaux chapitres bien ficelés, plutôt que dans des mini-épisodes constamment coupés. Et pourtant on sait et on sent que Kim Newman n’est pas un amateur, et il sait développer une intrigue ! C’est juste une technique qui cherche certainement à garder un certain suspense ou quelque chose du genre, une technique de narration à laquelle je n’accroche pas.

Mais ce sont mes seuls bémols. Parce que cette intrigue que tisse Newman est vraiment originale, et il n’a pas du être facile d’y mêler tous ces personnages. Je me dis qu’il a peut-être mis en place certains de ces personnages avec dans l’idée de les développer dans la suite de la série et que je n’ai pas encore lu. Je l’espère, j’espère que ce n’était pas des épisodes justes inutiles dans la narration.
Bon, j’ai quand même beaucoup aimé la fin, qui ouvre complètement l’histoire et laisse penser que la suite va être aussi touffue et extraordinaire que ce premier opus. Je ne peux pas dire avoir été accro au livre durant ma lecture, je ne l’ai pas lu d’une traite comme j’ai pu le faire avec certains autres romans fantastiques, mais c’était vraiment une lecture agréable.

De plus, pour ceux qui veulent le lire et s’intéressent au travail de l’auteur, pour ceux qui après la lecture se posent la question de quelles sont exactement les inspirations de l’auteur et où a-t-il prit telle ou telle idée, il y a les appendices. Kim Newman à rajouté- en plus de la postface et des remerciements habituels - une fin alternative qu’il avait écrite auparavant, le script du film, un article de l’auteur ainsi qu’une nouvelle. Cool, non ?

Est-ce moi ou a-t-il un petit air de Vlad Tepes ?


Maintenant ça serait bien sympa, vu que le script est déjà écrit, de voir le film sur un écran de cinéma ! Après tout, maintenant que Twilight est fini, il nous faut autre chose à nous mettre sous la dent avec des vampires. Et si ça peut-être de meilleure qualité, pourquoi pas ! Bon, je dis ça mais on a vu ce que ça pouvait donner avec Abraham Lincoln, chasseur de vampires… alors restons tout de même sur nos gardes. Si Hollywood pouvait rester en dehors de tout ça, et Gary Oldman ainsi qu’une bonne pincée d’acteurs anglais à l’accent British et un bon réalisateur rosbeef pouvaient prendre ça en main, ça serait mieux !

Mon arrêt maladie se terminant demain, je retourne donc au turbin, plus le temps de flemmarder avec le félidé, Noël arrive les amis, pensez à Anno Dracula =) 

Un extrait du film Dracula de Coppola, classique ! C'est juste après ce passage là que Kim Newman imagine l'échec de Van Helsing et sa petite équipée à sauver Mina des griffes du Comte, changeant ainsi le cours de l'histoire :)  
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dimanche 11 novembre 2012

Une place à prendre, de J.K. Rowling


Elle agite les plumes et fait dégoiser les mauvaises langues, la J. K. Rowling. 

Elle sort un nouveau roman, et attention un « pas pour les enfants ». Alors forcément tout le monde l’attend au tournant et ses fans font le décompte jusqu’à la parution d’Une place à prendre.

Puis vient la parution et la déception. Les fans vomissent leur désappointement, comment se fait-il qu’ils n’ont pas aimé la nouvelle œuvre du grand maître Rowling ?

Source : la voix du nord

Voilà pourquoi j’ai décidé de le lire. Je fais partie de cette génération qui a grandi avec la parution des Harry Potter. Pour moi aussi le nom de J. K. Rowling est indissociable du petit sorcier au front zébré et à la touffe indomptable, de gnomes de maisons, de griffons, d’araignées géantes et de balais volants. Bref, je les ai lus, relus, de mes 11 à 24 ans. La différence, c’est peut-être que depuis mon adolescence où j’ai ingurgité un grand nombre de fantasy et de romans fantastiques, j’ai varié mes lectures et me suis penchée sur la littérature contemporaine dans son ensemble, élargi mon spectre de genres et j’apprécie ce nouveau régime littéraire. Alors quand j’ai su que le nouveau J. K. Rowling n’était pas un livre pour enfant ni un roman fantastique, ça ne m’a pas embêté. Je me suis dit qu’au contraire ça allait être l’occasion pour cette auteur de montrer la qualité de son imaginaire et de son écriture.

J’ai donc ouvert le gros pavé que nous a imprimé Grasset en me disant « surtout, oublier qui est l’auteur ».
Et moi, je l’ai bien aimé.

Un livre pour adulte, c'est-à-dire un roman sans magie (oui forcément, c’est que pour les gamins ces idioties), mais surtout un roman où l’écriture est plus tranchante et le fond plus corrosif. J.K. Rowling nous plonge le nez dans la vie de la petite communauté de Pagford. Aaahh… les bienfaits de la campagne anglaise, pelouses bien taillées et sourires de convenance. Mais le calme apparent de la ville se fissure définitivement lorsque le conseiller communal Barry Fairbrother décède d’une crise cardiaque. Dès lors, ses ennemis au conseil jubilent secrètement, car ils vont enfin pouvoir faire fermer la clinique de désintoxication de Bellchapel et refourguer la patate chaude de la Cité des champs – ramassis de dogués et d’assistés – à la grande ville d’à côté, Yarvil. De l’autre, les amis de Fairbrother déplorent sa mort, un homme si bon, drôle, et très engagé dans la cause sociale, lui qui a grandit les Champs pour finir avec un pavillon verdoyant et une famille adorable dans le centre de Pagford. Les familles de la ville vont donc se déchirer, laissant remonter les rancœurs et ne cachant plus les haines qui se tapissent sous l’hypocrisie ambiante, pour savoir qui va reprendre la place du conseiller Fairbrother au conseil.

Je n’ai pas été déçue d’une part parce que je m’attendais à un univers totalement éloigné de ses précédents romans, d’autre part parce que j’ai quand même retrouvé la plume fluide et légère de l’auteur. Ca m’a rappelé les passages d’Harry Potter se passant dans la maison des Dudley. C’est cette même ambiance, commérages, histoires de famille, petits drames de la vie quotidienne, que Rowling met en avant à Pagford. On suit les altercations entre les différentes familles, mais aussi au sein des familles, entre pères et enfants, adultes et adolescents.
C’est un véritable roman chorale, qui donne la voix à une dizaine de personnages tous liés entre eux. Pourtant il reste cohérents, suit son cour avec facilité et nous emporte avec lui. Ce sont justement ces personnages hauts en couleur qui portent le récit. Chacun nous parle de ses attentes, de ses déceptions, de sa rage ou de ses joies, avec sa façon de voir le monde. Effectivement, le style de l’écriture varie avec les personnages, et certains passages sont plus crus, violents et durs que ce à quoi on pouvait s’attendre, un beau contraste entre l’apparente tranquillité de la campagne anglaise et les sales petites secrets que chacun cache par devers lui.

Une place à prendre est un roman de mœurs, alternant entre comédie (légère, comme savent le faire les anglais, avec cynisme et subtilité) et véritable drame (un croisement entre l’Inspecteur Barnaby et Desperate Housewives, la classe comme comparaison non ?)
Alors tout n’est pas parfait. J.K. Rowling va très loin dans la psychologie des personnages, parfois trop justement, et quelques moments m’ont un peu ennuyé, parce que certaines histoires sont plus intéressantes que d’autres. Mais dans l’ensemble, j’ai vraiment apprécié ma lecture ! Je conseille seulement aux véritables amateurs de fantasy et fantastique, qui n'aiment pas franchement les autres genres littéraires, de s'en détourner : c'est dans ces conditions là, si vous vous attendez à un quelconque aspect merveilleux du roman, que vous allez être totalement déçu.



Bon, vous l’avez vu, ce n’est pas non plus mon coup de cœur de l’année, mais je tenais à le défendre quand même. L’inspiration me manque pour vous faire une chronique de six pied de long, et les mots m’échappent, je ne vais pas être hypocrite, on va en rester là.

Pour le reste, je m’en vais retourner aux vampires, licornes, magiciens et gnomes poilus, j’ai Anno Dracula de Kim Newman à lire, il fallait au moins ça pour les pour les 165 ans de Bram Stoker (et les 100 ans de sa mort, d’ailleurs…). Je vais vous éviter le laïus sur « je m’excuse, je ne prends pas le temps d’écrire » gnagnagna… c’est vrai, en ce moment je passe mon temps à regarder des séries télé débiles et à ecumer des sites de location immobilière pour trouver notre futur toit au chat et moi, on ne peut pas tout le temps être irréprochable. Je réécrirais un superbe et flamboyant  article quand j’aurais enfin terminé la Symphonie des spectres de Gardner (ce mastodonte) et le Anno Dracula (with luck).
En attendant je vais glander un peu avec le félidé, en ce moment on est en arrêt maladie, on passe notre temps à dormir et à se lécher la fourrure avec un bon thé chaud, en cet hiver changeant c’est bien apprécié aussi.


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