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Une place à prendre, de J.K. Rowling


Elle agite les plumes et fait dégoiser les mauvaises langues, la J. K. Rowling. 

Elle sort un nouveau roman, et attention un « pas pour les enfants ». Alors forcément tout le monde l’attend au tournant et ses fans font le décompte jusqu’à la parution d’Une place à prendre.

Puis vient la parution et la déception. Les fans vomissent leur désappointement, comment se fait-il qu’ils n’ont pas aimé la nouvelle œuvre du grand maître Rowling ?

Source : la voix du nord

Voilà pourquoi j’ai décidé de le lire. Je fais partie de cette génération qui a grandi avec la parution des Harry Potter. Pour moi aussi le nom de J. K. Rowling est indissociable du petit sorcier au front zébré et à la touffe indomptable, de gnomes de maisons, de griffons, d’araignées géantes et de balais volants. Bref, je les ai lus, relus, de mes 11 à 24 ans. La différence, c’est peut-être que depuis mon adolescence où j’ai ingurgité un grand nombre de fantasy et de romans fantastiques, j’ai varié mes lectures et me suis penchée sur la littérature contemporaine dans son ensemble, élargi mon spectre de genres et j’apprécie ce nouveau régime littéraire. Alors quand j’ai su que le nouveau J. K. Rowling n’était pas un livre pour enfant ni un roman fantastique, ça ne m’a pas embêté. Je me suis dit qu’au contraire ça allait être l’occasion pour cette auteur de montrer la qualité de son imaginaire et de son écriture.

J’ai donc ouvert le gros pavé que nous a imprimé Grasset en me disant « surtout, oublier qui est l’auteur ».
Et moi, je l’ai bien aimé.

Un livre pour adulte, c'est-à-dire un roman sans magie (oui forcément, c’est que pour les gamins ces idioties), mais surtout un roman où l’écriture est plus tranchante et le fond plus corrosif. J.K. Rowling nous plonge le nez dans la vie de la petite communauté de Pagford. Aaahh… les bienfaits de la campagne anglaise, pelouses bien taillées et sourires de convenance. Mais le calme apparent de la ville se fissure définitivement lorsque le conseiller communal Barry Fairbrother décède d’une crise cardiaque. Dès lors, ses ennemis au conseil jubilent secrètement, car ils vont enfin pouvoir faire fermer la clinique de désintoxication de Bellchapel et refourguer la patate chaude de la Cité des champs – ramassis de dogués et d’assistés – à la grande ville d’à côté, Yarvil. De l’autre, les amis de Fairbrother déplorent sa mort, un homme si bon, drôle, et très engagé dans la cause sociale, lui qui a grandit les Champs pour finir avec un pavillon verdoyant et une famille adorable dans le centre de Pagford. Les familles de la ville vont donc se déchirer, laissant remonter les rancœurs et ne cachant plus les haines qui se tapissent sous l’hypocrisie ambiante, pour savoir qui va reprendre la place du conseiller Fairbrother au conseil.

Je n’ai pas été déçue d’une part parce que je m’attendais à un univers totalement éloigné de ses précédents romans, d’autre part parce que j’ai quand même retrouvé la plume fluide et légère de l’auteur. Ca m’a rappelé les passages d’Harry Potter se passant dans la maison des Dudley. C’est cette même ambiance, commérages, histoires de famille, petits drames de la vie quotidienne, que Rowling met en avant à Pagford. On suit les altercations entre les différentes familles, mais aussi au sein des familles, entre pères et enfants, adultes et adolescents.
C’est un véritable roman chorale, qui donne la voix à une dizaine de personnages tous liés entre eux. Pourtant il reste cohérents, suit son cour avec facilité et nous emporte avec lui. Ce sont justement ces personnages hauts en couleur qui portent le récit. Chacun nous parle de ses attentes, de ses déceptions, de sa rage ou de ses joies, avec sa façon de voir le monde. Effectivement, le style de l’écriture varie avec les personnages, et certains passages sont plus crus, violents et durs que ce à quoi on pouvait s’attendre, un beau contraste entre l’apparente tranquillité de la campagne anglaise et les sales petites secrets que chacun cache par devers lui.

Une place à prendre est un roman de mœurs, alternant entre comédie (légère, comme savent le faire les anglais, avec cynisme et subtilité) et véritable drame (un croisement entre l’Inspecteur Barnaby et Desperate Housewives, la classe comme comparaison non ?)
Alors tout n’est pas parfait. J.K. Rowling va très loin dans la psychologie des personnages, parfois trop justement, et quelques moments m’ont un peu ennuyé, parce que certaines histoires sont plus intéressantes que d’autres. Mais dans l’ensemble, j’ai vraiment apprécié ma lecture ! Je conseille seulement aux véritables amateurs de fantasy et fantastique, qui n'aiment pas franchement les autres genres littéraires, de s'en détourner : c'est dans ces conditions là, si vous vous attendez à un quelconque aspect merveilleux du roman, que vous allez être totalement déçu.



Bon, vous l’avez vu, ce n’est pas non plus mon coup de cœur de l’année, mais je tenais à le défendre quand même. L’inspiration me manque pour vous faire une chronique de six pied de long, et les mots m’échappent, je ne vais pas être hypocrite, on va en rester là.

Pour le reste, je m’en vais retourner aux vampires, licornes, magiciens et gnomes poilus, j’ai Anno Dracula de Kim Newman à lire, il fallait au moins ça pour les pour les 165 ans de Bram Stoker (et les 100 ans de sa mort, d’ailleurs…). Je vais vous éviter le laïus sur « je m’excuse, je ne prends pas le temps d’écrire » gnagnagna… c’est vrai, en ce moment je passe mon temps à regarder des séries télé débiles et à ecumer des sites de location immobilière pour trouver notre futur toit au chat et moi, on ne peut pas tout le temps être irréprochable. Je réécrirais un superbe et flamboyant  article quand j’aurais enfin terminé la Symphonie des spectres de Gardner (ce mastodonte) et le Anno Dracula (with luck).
En attendant je vais glander un peu avec le félidé, en ce moment on est en arrêt maladie, on passe notre temps à dormir et à se lécher la fourrure avec un bon thé chaud, en cet hiver changeant c’est bien apprécié aussi.


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