mardi 21 juin 2011

Spin, de Robert Charles Wilson

Game of Spin... ou presque.


Bianca, jeune libraire qui découvre les métiers du livre.

Ces temps-ci je délaisse pas mal ma littérature de l’imaginaire natale pour me diriger vers des sphères un peu moins connues (pour moi, j’entends). Je le fais avec plaisir, mais j’ai tendance à être nostalgique de ce qu’était ma passion auparavant. Je me souviens avec joie (et honte) de tous mes essais artistiques en tant qu’écrivain, les quelques cinquante pages ébauchées sur mon ordinateur à l’aube de mes seize ans, qui finissaient inexorablement dans la « corbeille », et que je ne faisais lire à personne. Je piquais mes idées dans tout ce que je lisais (et je suis parfois d’accord avec Eddings/Master qui disait dans son Codex Riva qu’il valait mieux éviter de lire pour ne pas être influencé et « plagier » nos lectures), ma syntaxe était mauvaise (autant que mon orthographe), mon intrigue bancale, mes personnages caricaturaux et je ne trouvais jamais de fin.

Bref, ces envies me reviennent quand je me remets à lire de la Fantasy, où quand je regarde, les yeux écarquillés de plaisir, le cœur qui bat la chamade, des séries comme Game of Thrones (shit, faut vraiment que je lise Martin. Oui, oui, je sais, c’est une lacune, je suis impardonnable, je suis une sous-déjection, etc…etc. Oui, ben j’ai lu plein d’autres choses en attendant, donc bon, ne me lynchez pas !)
Et puis ce soir, 10ème épisode de la 1ère saison, et je me remets à faire des rêves de châteaux dressés vers le ciel, de dragons, de rois et de reines, de méchants manipulateurs et d’assassins cachés derrière les murs.



En commençant cet article je ne pensais pas parler de ça, puisque je m’étais dit « je vais parler de Spin ». Et là, clairement, il n’y a aucun lien entre Le trône de fer (titre français de Game of Thrones, qui à la base s’appelle A song of Ice and Fire) et Spin. A part que les deux auteurs ont des noms à rallonge à la mord-moi-le-noeud, ils ne sont pas franchement dans la même veine. Dark Fantasy d’un côté, Science-fiction de l’autre, à part qu’ils sont classés sur les mêmes étagères en librairie, aucun lien (Karamazov, fils unique). Donc, passons de suite de Georges R. R. Martin (et non pas Ronald Ruel, même si on y a tous pensé ! mais Raymond Richard, beaucoup moins la classe quand même.) à Robert Charles Wilson.

Spin, donc...
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mardi 14 juin 2011

Seul le silence, de R.J. Ellory

The sound of silence

Quel bien long silence que voilà. Il est vrai qu’il se passe tellement de choses nouvelles récemment que j’ai un peu laissé la régularité de tenir ce blog de côté. Néanmoins, je pense à vous souvent, chers petits lecteurs assoiffés de savoir (au moins !).

Je pense à vous depuis que j’ai repris le boulot, et depuis que je sens comme une pression sur mes épaules qui me dit « dis-donc là, t’as vu toutes les nouveautés qui sortent à mettre sur table, à lire et à conseiller ? Tiens celui-là par exemple, Charleston Sud, hein, ou bien Les enfants de Las Vegas, ou bien L.A Story, ils n’attendent que toi, alors bouge toi les nerfs optique ! », pression à laquelle je n’arrive pas à répondre, car ma faculté de lecture s’est soudainement endormie il y a deux mois, et je me fais violence pour la retrouver. Si si, je gesticule intérieurement, me sermonne, me secoue les épaules (quand ce n’est pas un Bruno bourré qui le fait), me donne un coup de pied au cul, mais une petite voix dans une partie inconnue de mon lobe frontal m’aiguille toujours vers plein d’autres trucs à faire.

Bon, mine de rien (mine de crayon !*), ces deux dernières semaines, j’ai lu un peu, j’ai lu trois livres. L’un dont je vous ai parlé récemment, Les Visages, un autre que je viens de finir – Les hommes-couleurs- et entre les deux celui dont je vais vous parler. Il s’agit encore d’un polar, édité par la même maison d’édition que le Kellerman – Sonatine - et qui s’intitule Seul le silence. Un titre approprié pour mon hibernation récente… Bien, donc non je ne vais pas transformer ce blog FANTASTIQUE en blog sur le polar, mais ce roman de R.J Ellory (et non point ELLROY, bande de moules, arrêtons de les confondre, cela n’a rien à voir) faisait partie d’une longue liste de livres qui m’ont été moult fois conseillés, et je me devais de le lire. Quand on n’arrête pas de vous dire « j’ai lu Seul le silence, c’est gééééééééééééénial » ou bien « t’as lu le dernier Ellory ? Excellent, comme toujours ! » vous finissez par vous dire que d’une part Ellory est définitivement un auteur à lire, et d’autre part que Seul le silence ne doit pas vous filer entre les doigts.



Donc, il a fait partie des quinze livres de tous genres confondus que j’avais acheté chez notre ami G*****, et j’ai pris un véritable plaisir à sa lecture. Je ferais une comparaison douteuse en vous disant que, à l’instar du Seigneur des Anneaux, j’ai mis une petite quarantaine de pages à me faire au style et à m’intéresser à l’histoire. Mais nombre de grands et bons romans fonctionnent ainsi (autre comparaison douteuse, on dit toujours qu’il faut dépasser la 24ème page de Harry Potter pour vraiment devenir accro).

« Bien, bon, d’accord, me dites-vous, mais c’est quoi ce livre ? Hein ? Comment-quoi-qu’est-ce nom d’un petit bonhomme en bois, c’est qu’elle va arrêter de nous faire languir celle-là ?! »

L’histoire débute en 1942 à Augusta Falls, petite ville de Géorgie aux Etats-unis, lieu de naissance de notre narrateur, Joseph Vaughan. Celui-ci nous raconte son histoire, depuis la mort de son père alors qu’il n’avait que douze ans, jusqu’aux derniers instants de sa vie, où il fait enfin face au démon qui l’a hanté toute son existence. Ce démon, c’est celui qui assassine les petites filles d’Augusta Falls durant son enfance, des petites filles à côté de qui il s’asseyait en classe, des voisines, des sœurs, qui sont retrouvées mortes et mutilées près de chez lui. Sa vie bascule lorsque lui-même, âgé de quatorze ans, découvre l’une de ces petites filles sur son terrain. Dès lors, il restera obsédé par ces meurtres qui semblent ne jamais s’arrêter, et par ce tueur insaisissable qui déroute la police de tous les comtés avoisinants et toute la communauté.

Pour le coup, R.J. Ellory est un véritable maître dans l’art du suspense. On sait dès la première page que Joseph a retrouvé l’auteur de ces crimes, puisque le récit de sa vie est essaimé de courts chapitres en italique dans lesquels il s’adresse directement à lui, mais le mystère reste entier jusqu’à la fin. (bien que pour ne pas me venter, mon suspect principal s’est trouvé être le tueur, gnéhéhéhé, mais ça c’est mon double sens Miss Marple, pas tout le monde ne l’a !)

Mais plus qu’un thriller, plus qu’un roman à suspense dont on tourne frénétiquement les pages pour savoir le fin de mot de l’histoire, Seul le silence fait partie de ces grands romans américains parfaitement inoubliables. Si l’enquête sur ces meurtres est un élément omniprésent du récit, celui-ci est surtout porté par la chronique sociale et le paysage historique qu’Ellory dépeint. Il nous parle d’une Amérique qui rentre tout juste en guerre dans les années quarante, de ses conséquences sur la vie des gens qui la subissent, de l’empreinte sanglante et honteuse qu’elle a laissé sur toute une population. Il décrit le Brooklyn intellectuel des années 50, les campagnes changeantes des années 60, la mutation des Etats-Unis durant ces trois décennies avec une justesse et un réalisme saisissant. Plus qu’un polar, donc, d’autant plus que l’écriture d’Ellory, qu’il attribue à Joseph Vaughan, est d’une finesse et d’une poésie qui contraste atrocement avec les événements terribles qui constituent le livre. Il faut savoir que Joseph Vaughan est dans le livre lui aussi écrivain, soutenu dans son enfance par l’institutrice de la ville qui voit en lui ses talents littéraires et le pousse à écrire et à exploiter ses capacités. Et oui, Joseph Vaughan/R. J. Ellory écrit divinement bien. J’ai adoré cette prose, légère comme une plume (un personnage récurrent dans le bouquin d’ailleurs), fine, qui vous emporte corps et âme dans le récit.
Voilà, encore un livre que j’ai été triste de finir, qui a maintenue mes sens en éveil le soir avant de me coucher, la journée au boulot, où je n’avais qu’une seule envie : savoir la suite!

Je n’ai pas besoin de vous dire que je le conseille, donc. Vous tirerez seuls les conclusions de ce billet élogieux sur Ellory, et vous en ferez ce que vous voudrez !

Au fait, vous avez lu le dernier Ellory ?

Envie d'en savoir plus sur l'auteur ? : Une interview de l'Express

* Ce jeu de mot encore plus que douteux était destiné à ma soeur Goule !

Ah ah, chose drôle, maintenant les bandes-annonces pour les livres se multiplient, donc pour vous, qui avez la flemme de lire ce billet en entier, un p’tit trailer pour vous donner envie de le lire (vous allez voir les effets spéciaux sont insoutenables, c'est d'la qualité !):



Seul le silence de R.J. Ellory - Bande-annonce par livre-de-poche

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jeudi 2 juin 2011

Farlander, de Col Buchanan

A vous l'antenne, Nelson !


Voilà longtemps que notre ami Vincent Texas Ranger ne nous a pas servi une critique de son royaume far far lointain, où les gens parlent la langue du hamburger.
Voici donc pour votre plus grand plaisir des nouvelles du correspondant américain, aussi appelé dans le south west Twentycents Multipleflus (qui, au passage, devait revenir cet été, et a réussi à se faire prolonger jusqu'en décembre, bastard)


"Il n’est pas évident de commencer une nouvelle lecture après la puissance hypnotique d’un Patrick Rothfuss, mais éventuellement il faut se retrousser les manches et s’y jeter en étant bien conscient que le contraste risque de faire mal, très mal.

Il est donc délicat de choisir quel auteur aura la lourde tâche d’être moins intéressant que mon héros à barbe longue. Pour ce faire, j’ai décidé de faire confiance aux éditions Bragelonne, qui avaient eu l’excellente idée de traduire Rothfuss et de présenter son livre comme la bombe de l’année.

Je me suis donc renseigné sur leur nouvelle bombe, celle de 2011, qu’ils présentent comme déchirant sa race. J’ai nommé Farlander, de Col Buchanan. C’est donc tout fier que j’ai commandé mon livre en ligne (note de la bloggeuse : WTF ?! Tu veux que je fasse un arrêt cardiaque ?! Have you lost your mind ispice de fou ??? Un livre s’achète en librairie voyons, même au pays des hamburgers. Non mais.), dans la langue de Shakespeare, avec l’idée de me la raconter lourdement auprès de mes potes français amateurs de fantasy « Quoooiii ? Tu n’as pas encore lu Farlander ?! Mais mon pauvre ami, c’est la bombe de l’année ! Je m’en fout que ça ne soit pas encore traduit, depuis quand c’est une excuse ?! ». Se faire détester est devenu tout un art.

Et par une belle mâtiné de printemps Texane (35°, des coups de soleils à tous les coins de rue), j’ai découvert dans ma petite boite au lettre un colis en carton d’une forme familière. Non, point un sex-toy ce n’était, mais bien le nouveau petit protégé Bragelonnien, à la couverture alléchante. On y découvrait un homme noir, recouvert d’une belle cape de même couleur, tenant en sa main droite un beau sabre brillant, et jetant à un mec hors champs un regard meurtrier dans une rue moitié médiévale moitié fantastique avec un bateau volant dans un ciel de cendres. (Je ne sais pas pourquoi j’ai perdu quelques précieuses minutes à vous décrire cette couverture sachant que Guixxx, en bloggeuse appliquée, va sans doute rajouter l’illustration.)

Bref, je tenais en mes mains l’objet de tous mes désirs (on parle toujours du livre). La première chose qui m’est apparu est qu’il était bien plus petit et léger que ma précédente lecture. Mais bon, si c’était du condensé de tuerie, ça m’allait (dans le sens littéral du terme, à savoir « ce bouquin est une tuerie », je préfère préciser car le sujet de l’histoire pourrait porter à confusion : y’a un assassin, un apprenti, des méchants, et des tueries.)

Le petit message de Glen Cook sur la couverture, auteur de La Compagnie Noire, m’a aussi rassuré. Si Glen Cook a aimé, ça doit valoir le coup. A moins que Glen Cook ne couche avec Col Buchanan, bien entendu.
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