dimanche 29 mai 2011

Les visages, de Jesse Kellerman

Des Visages et des Cracke


Il y a seulement deux semaines, je montais ma nouvelle bibliothèque Expedit de chez Ike* toute seule !

Non, le félidé n'a toujours pas de pouces opposables
et n'en branle pas une ramée pour monter nos meubles,
 sur lesquels il adore se prélasser, au passage !
Crénom j’en étais fière.

Il faut considérer que j’avais passé ma semaine à déménager, empaqueter, porter des cartons, monter des meubles, pousser des meubles, bref mes petits muscles étaient déjà en souffrance. J’ai donc monté cette bibliothèque seule, moi petit être frêle, (je dis Shu* u* aux mauvaises langues qui pensent déjà « pfff vas-y trop facile moi j’t’en monte 10 quand tu veux là ! » ouais ben allez-y, ça fait mal aux mains d’enfoncer des petits bitoniaux en bois à fond !) parce qu’il fallait bien que je case mes derniers cartons de livres. Ils trainaient par terre, et je déteste ça (au contraire le félidé avait élu domicile dans les cartons, la truffe enfouie dans du Irvin Welsh ou roulée en boule sur Richard Morgan. Je crois que j’aimerais être un chat pour dormir sur mes livres moi aussi… ).

Il se trouve qu’avant de partir de V***** j’avais en plus fait un gros achat de livres de SF et fantastiques que je comptais lire avec bonheur pour ne pas perdre pieds dans le genre littéraire qui me tient le plus à cœur. C’était avant d’obtenir mon nouveau job (que je commence mercredi au passage, j’ai des scouic scouic dans le ventre de peur !).
Je vais bien-sûr toujours pouvoir lire de la SF si l’envie m’en prend, mais je vais gérer un rayon Poches, tous genres confondus, et il faut aujourd’hui que j’élargisse au maximum mes lectures !
J’ai donc relégué Abraham Lincoln chasseur de vampires et Desolation Road au premier rang des livres rangés dans ma bibliothèque, un soupir de regret aux lèvres. Puis je suis partie chez notre ami G*****, premier vendeur de livres en France, m’acheter une petite brassée de littérature contemporaine diverse et variée d’occasion. Classiques, nouveautés, littérature française, étrangère, polar, il fallait que je rattrape mon retard pris à ne lire que de la BD et des livres jeunesse. Imaginez que j’en ai eu pour 80€ avec une réduction d'à peu près 40%. Je vous laissez calculer la petite folie que j’ai faite avec ma carte bleue.

J’ai en premier jeté mon dévolu sur un livre dont l’une de mes anciennes collègues m’avait longuement parlé deux ans plus tôt, Les visages de Jesse Kellerman.
K. en avait fait un résumé enthousiaste qui donnait tout de suite envie de sauter sur le livre, et que durant un an et demi j’ai ressorti à foison à mes clients sans jamais l’avoir lu. Puis je l’ai lu, et j’ai compris que même si ma vente fonctionnait neuf fois sur dix, mon résumé était bien fade et ne rendait pas justice à la qualité du livre. Mais parlons-en, de ce livre ! Qu’est-ce donc ? Visiblement, ce n’est pas un livre fantastique… et non effectivement, bien qu’il soit fantastique à lire !
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mercredi 25 mai 2011

Michael Moorcock et moi.

Je vais faire des jaloux.

Il se trouve que j’ai pu assister à l’apparition ô combien peu commune d’un des grands maîtres de la fantasy anglo-saxonne. Il est vieux, avec une grosse barbe et une chevelure poivre et sel, il ne s’agit pas du Père Noël mais bien de Michael Moorcock.
« Quoi ? Qu’ouie-je ? Qu’entends-je ? » Les fanatiques ont fait un bond sur leur chaise, ont tiré leurs couteaux à beurre du tiroir et menacent de m’ouvrir en deux si je ne m’explique pas !



Bon d’abord, il faudrait raconter à nos lecteurs non initiés qui est Michael Moorcock. Il est tout simplement le papa de nombreuses séries cultes de romans de fantasy publiées dans le monde entier. Les cycles les plus connus sont le fameux Cycle d’Elric ainsi que La Légende de Hawkmoon, écrits dans les années 60 et aujourd’hui encore publiés pour votre plus grand plaisir. (Au passage il a aussi participé à des scénarios de comics et à la compositions de chansons de heavy metal et de rock psychédélique britannique, une vie bien remplie puisque notre bonhomme a aujourd'hui 72 ans)

Mais cela faisait longtemps que Moorcock n’avait pas écrit une nouveauté dans ces cycles. C’est pourquoi l’annonce de la parution d’un nouveau tome du cycle d’Elric co-écrit avec l’auteur français Fabrice Colin à fait son petit effet !




Il faut dire que récemment je pensais pas mal à Moorcock. Déjà parce que son livre Mother London me susurre tous les jours de lui ouvrir les pages et de le lire une bonne fois pour toute, malheureusement pour lui il ne fait pas parti des livres en tête de course pour mes prochaines lectures. Ensuite parce qu’un documentaire (sur le chanteur de Heavy Metal Lemmy Kilmister) avait parlé des performances psychédéliques de Moorcock durant des concerts de rock halluciné dans les années 70. Intriguée, j’avais d’ailleurs cherché à en savoir plus sur ces performances, et effectivement c’est terriblement psychédélique et halluciné, mais c’est bien drôle !


Bref, le nom de Moorcock m’était revenu en tête, et je me disais qu’un jour il faudrait que je finisse de lire le cycle de Hawkmoon
Un jour, quand j’aurais le temps, l’argent, l’envie. Quand je serais vieille et retraitée et que ma vie sera consacrée à ma bibliothèque remplie de lectures inachevées.
Parce que pour l’instant, c’est juste pas possible.

Mes différentes pérégrinations professionnelles m’ayant fait dériver vers des rayons éloignés, je n’étais donc même pas au courant que Fabrice Colin s’était attelé à un nouveau tome du Cycle d’Elric. C’est mon ancienne collègue Aude qui me l’a dit, tout en m’annonçant nonchalamment qu’elle rencontrait les deux auteurs le mercredi suivant pour un repas d’éditeur.
Ma tête s’étant allongée sur dix pieds de long, je crois que mon étonnement et mon envie ne sont pas passés inaperçus. Aussi m’a-t-elle immédiatement proposé de venir avec elle, ce que je ne me suis pas permise de refuser, parce que franchement des fois faut pas se foutre de la gueule du monde.

J’ai beau dégoiser comme une pie sur ce blog, je n’en suis pas moins un petit être timide et éffarouché. Aussi le jour-J enfin arrivé, alors que j’aurais dû me réjouir du fait que Pocket et Fleuve Noir donnaient de leur poche pour me fournir verrines de lentilles au foie gras et vin blanc, ainsi qu'un exemplaire gratuit du premier et dernier tome du cycle d’Elric, j’avais la terrible appréhension de me retrouver face au géant.

Il est comme il doit être : vieux, barbu et le cheveu blanc, le visage parcheminé de celui qui en a vu des bien belles, avec de petits yeux perçants de vive intelligence.
Et surtout, il est anglais et ne parle pas un mot de français. Diantre, j’avais terriblement envie de faire dédicacer mon livre, comme la horde d’éditeur/libraires/bibliothécaires qui se mettaient en file pour dire un mot à Mikey et Fabrice, quand je me suis rappelée que je détestait les dédicaces pour plusieurs raisons : d’une part parce que avoir marqué Best Wishes plus un gribouilli sur ma page de garde n’a pas des masses de valeur pour moi (les collectionneurs n’en diraient pas autant mais bon), d’autre part parce que quand il s’agit d’un auteur français les mots me restent dans la gorge, mais alors quand il est anglais j’ai tendance à devenir rouge comme un pili pili et les mots me restent dans le fondement. Imaginez-vous arriver devant une figure comme Moorcock et baragouiner un espèce de « Hey-…-Hi-haem…Hello…-haem… I love you... haem I mean I love your work and... haem. Thank you. » C’est pas le top.

J’aurais aimé avoir un super accent anglais et un vocabulaire super « fluently » et faire  « Hé salut Mikey, comment ca-va-ti ? La super forme ? Alors comme ça tu sors un nouvel Elric ? Trop top moumouth tape m’en cinq, vas-y check lapin ! » 
Non en fait non, non plus. Je n’aurais jamais su quoi lui dire. Je lui aurais bien parlé de ses performances de drogués durant les concerts de Hawkwind, mais le lieu n’était pas approprié. Je lui aurais bien parlé de ce qui l’a poussé à écrire des chansons pour le Blue Oyster Cult, mais ce n’était pas le lieu non plus. Par contre aucune question sur Elric (qu’en plus je n’avais jamais lu), ni même sur Hawkmoon (que j'ai lu) ne me venait en tête. C'était un peu la honte quoi. Donc j'ai laissé mes confrères faire la queue, recueillir un mouvement de tête et un sourire du géant, et j'ai patienté.

Bon, ce n’est pas bien grave, je l'ai aperçu ce grand monsieur. Et puis j’ai assisté au speech hilarant de Fabrice Colin, un auteur français que j’affectionne particulièrement. Et puis je me suis présentée en tant que fraiche libraire accomplie auprès de deux patrons de maisons d’éditions de valeur à mes yeux (La Volte et Folio SF), et puis quand même j’ai mangé des verrines de lentilles au foie gras aux frais des grosses boîtes quoi.

Et puis, un jour je réussirai à passer outre cette timidité et je serrerai la main de Mikey (il a une maison à Belleville ça devrait pas être trop dur de tomber 'par hasard' sur lui non ?^^) et il me dira «Hey my little Guixxx, you've done great things, i’m proud of you ».
Et puis je me réveillerai.
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mercredi 18 mai 2011

Alcool, de Poppy Z. Brite

La petite cuisine du diable et autres histoires


Mes doigts sont fatigués. Ils ont passé plusieurs jours à visser des « bitonios » Ike* dans des planches de bois pourries pour meubler mon super nouvel appartement. Mon corps entier est un hématome, et mes mains crient grâce. (« Grâââââce ! ») Malgré tout je vous écris. Je mets toute ma volonté pour les faire bouger, parce que mon cerveau (intact puisque non engagé dans le montage de meuble suédois) demande à vous parler.

Vous l’aurez compris j’étais donc occupée à déménager. Aujourd’hui l’emménagement a pris forme, et l’appartement est presque (presque) entièrement viable. Le plus important étant que depuis dimanche soir je peux faire à manger. Ca va de manger des légumes, du saucisson et des chips pendant 5 jours, mais un repas chaud c’est mieux... Ce qui est compliqué quand vous n’avez ni poêles ou casserole (bien que vous ayez des plaques de cuisson), ni micro-onde ou four. Et donc hier j’ai débauché deux jeunes et naïfs amis à moi pour m’aider à monter mes meubles (quelle affaire j’vous jure. A trois pour comprendre ces satanés notices Ike*, ça nous a pris 4 heures pour monter mon ensemble Aspelund). 
Pensez donc que les deux gaillards avaient faim après tant d’efforts. Et me voilà à préparer mes premières pates bolognaise dans ma super cuisine toute neuve.
Eh ouais, c’est ça la classe.

Parlons de chats célèbres : ici, les chats de l'auteur
Poppy Z. Brite qui, elle, comprend ma fol... mon entreprise.
« Mais où veut-elle en venir ? » Je vous entends soupirer dédaigneusement de sous ma couette bien douillette ! 
En fait, je ne sais pas trop. J’avais juste envie de raconter un peu ma vie.
Un peu de Guixxx quoi.
Mais penser à mes pâtes bolo, ces pates dont j’avais fini par rêver depuis que j’ai retrouvé l’appétit, m’a fait penser à l’un des livres de ma bibliothèque qui m’a le plus fait baver d’envie. Encore d’une de ces petites trouvailles qu’on est heureux de découvrir, un bon livre dont la confidentialité frôle l’indécence, j’ai nommé Alcool, de Poppy Z. Brite
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lundi 9 mai 2011

Un bûcher sous la neige, de Susan Fletcher

Quand le clan Campbell dégomme du Macdonald


/!\ WARNING : cet article traite d’événements historiques totalement intéressants qui augmenteront votre culture générale et votre babillage en société. Rabats-joie s’abstenir.

Rob, grand Pa-chat d'Ecosse, 1911.


Ce site se délite, me diriez-vous. Certes il se passe plus de temps entre mes posts aujourd’hui qu’hier. Vous savez ce que c’est, au début il y a la passion et après… enfin je vais m’y remettre. Disons qu’en ce moment mes lectures sont un peu gelées, et mes idées embrouillées, mais j’ai toujours plein de trucs à vous raconter ! N’ayez peur, la librairie fantastique is still alive ! Je me suis creusée la tête pour savoir quoi écrire, car pensez un peu qu’il est dur de sans cesse se renouveler et de raconter des choses intéressantes.

En ce moment je lis un livre de 150 pages depuis 15 jours. Pour vous dire à quel point ma faculté de lecture est en hibernation. Il s’agit du livre Katarina Mazetti qui s’appelle Entre Dieu et moi, c’est fini, dans la collection Babel. J’avais lu Le mec de la tombe d’à côté l’an dernier, et il faut dire que Mazetti est douée pour l’écriture, qu’elle a toujours des idées originales et que ses petits romans plein d’humour son très distrayants. Mais ce n’est pas de ce livre dont j’ai envie de vous parler. J’aime parler de ces livres que vous ouvrez un jour et que vous vous empressez de finir comme si votre vie en dépendait. Vous y penser en vous levant, vous y pensez en travaillant, vous y pensez en vous endormant, et vous êtes heureux de vous laisser happer par l’histoire de la première à la dernière ligne. Il y en a des poignées dans l’année, de vraies lectures coup de cœur comme ça. Et quand je pense à ce genre de livre, je pense à Un livre.
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lundi 2 mai 2011

Transmetropolitan, de Warren Ellis

Des lézards géants et des hommes


La campagne continue !
Même à deux têtes, les chats sont nos amis.

Ouais je sais. Une semaine est passée depuis le dernier article, je me suis laissé aller. je tiens à dire une chose avant de continuer plus loin sur un nouvel article : ce blog est une envie de ma part de vous faire partager ce que j’aime, et de vous faire découvrir de nouveaux livres, films ou autre, en espérant que vous y trouviez votre compte. Je ne suis pas journaliste, je ne suis pas écrivain, je ne suis pas une spécialiste de tous les genres que j’explore, et parfois je me trompe et je dis des conneries. C’est là que vous intervenez, postez des commentaires pour échanger avec moi, et que nous sommes tous heureux, moi y compris, de nous coucher moins bêtes ce soir. Voilà, alors je compte sur vous hein, jouez le jeu, ça me fera plaisir !

Je tiens premièrement aussi à m’excuser pour celui de dimanche dernier, qui comparé à mes autres articles précédents à été écrit un peu par-dessus la jambe. J’avais prévu de le faire plus long, plus complet, plus critique, plus mieux quoi, mais les circonstances de ce Bloody Sunday personnel ont fait que je n’ai pas atteint mes objectifs. Il n’empêche que je vous conseille toujours très fortement de lire ces BD, en fait je vous ordonne même de le faire car toute dérogation à cet ordre serait intolérable et contre le bon sens commun ! (et ne me chantez pas le refrain de « j’ai pas d’argent, je suis pauvre » : de un, moi aussi ! et de deux, les bibliothèques sont faites pour ça !)

Bon je sais, si on m’écoute, tout ce dont je vous parle devrait impérativement intégrer votre bibliothèque personnelle, et ça commence à faire beaucoup. Je sais ce que c’est, on achète des livres, puis on achète une bibliothèque pour mettre ses livres, puis on achète encore plus de livres, puis on achète encore plus de bibliothèques, puis on a plus de place, puis le plancher sert de bibliothèque… eh oui, c’est la dure loi des amateurs (fétichistes !) de livres. C’est ce qu’il se passe chez moi aussi… et entre avoir de la place pour vivre et lire il faut choisir (j’ai choisi les livres).

Bref, étant en plein déménagement mes livres sont à présent dans de jolis cartons, attendant d’être sagement déballés dans leur nouvel habitat (c’est toujours Noël à ce moment là, où l’on repose avec délectation un ouvrage sur l’étagère de sa bibliothèque). Du coup j’ai pu passer en revue tout ce que j’avais accumulé depuis plusieurs années. Il y a des tas de livres différents qui hantent ma bibliothèque. Certains sont petits et déformés tellement ils ont été lus, prêtés, trimbalés dans des sacs et écartelés entre des doigts (parfois un reste de moustique incruste les pages cornées). D’autres sont propres et bien fermés, ceux que l’on vous a offert et que vous n’avez jamais lu (et que vous ne lirez jamais, mais bon…  un cadeau est un cadeau !). D’autres encore ne sont pas à vous (« merde, ça fait trois ans qu’il ma l’a prêté, faudrait peut-être que je lui rendre… ou pas. »), d’autres ont encore un ticket de métro coincé entre deux pages, et vous vous dites que ça serait chouette de le finir un jour, tiens, après, ma prochaine lecture peut-être. Et certains sont chargés de souvenirs. Des souvenirs personnels, de lecture intense, de discussions animées, de recommandations appuyées. Certains sont comme ça, par exemple Transmetropolitan. Par exemple...
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