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Allison Hewitt is trapped - Un blog trop mortel, de Madelein Roux



Figurez-vous qu’il fut un temps où l’information n’était transmise que de façon orale. Une rumeur, une histoire, un conte, une anecdote. Aujourd’hui, j’ai un ordinateur portable (avec un processeur Intel Core Duo siouplait), branché à une prise électrique, connecté à un Wifi, qui me permet de vous écrire ces quelques mots que vous lirez via le grand réseau Internet. Amen. Je ne vais pas vous refaire mes cours d’Histoire du livre appris durement lors de ma ô combien intéressante formation à l’IUT option métiers du livre il y a quelques années (il s’agissait d’un cours de trois heures par semaine où vous usiez deux cartouches d’encre sur à peu près quinze pages doubles pour pouvoir recracher mots pour mots à votre partiel l’histoire du livre de la préhistoire à nos jours. J’en garde encore un souvenir traumatisant), mais je peux déjà vous dire qu’il y eut l’oralité, puis quelqu’un eu la brillante idée d’inventer l’écriture, puis de trouver des supports, puis de trouver de meilleurs supports plus durables (moins « développement durable »), avant d’en arriver là où nous en sommes aujourd’hui.

Bientôt peut-être n’aurons nous plus de livres, ces choses médiévales et encombrantes qui prennent la poussière sur des étagères qui auraient bien meilleure utilité à supporter Game Boy, Playstation, X-box, Wii, Kinect ou autres technologies encore non-développées dans un futur proche. Vous déposerez votre livre-électronique-reader-lecteur-Ipad-Kindle-peu-importe à côté de votre portable à charger après avoir lu quelques pages de votre roman préféré. Bon, je vous avoue que j’espère que ce temps arrivera dans loooooongtemps. Genre après ma mort quoi ça aurait été chouette. Le souci c’est qu’on y est déjà, et ça me fait un peu peur quand même. C’est idiot, stupide, peut-être. Mais quand même, d’ici quelques décennies (j’espère pour le pluriel) le libraire aura-t-il encore une place dans vos cœurs, chers petits lecteurs ?  Le livre papier trouvera-t-il encore grâce à vos yeux ? Cette petite chose qui sent l’encre, qui se feuillette, se corne, et orne à merveille un coin vide de votre appartement ? Ne vous inquiétez pas, le livre papier ne disparaîtra jamais, j’en ai gardé des tas d’échantillons dans mon appartement. Je pense en amasser le plus possible et quand l’Armageddon du livre arrivera, et que nous perdrons cette bataille, j’en ferais un musée, et vous pourrez faire venir vos petits-enfants chez moi et dire « regarde, c’est avec ça que pépé et mémé ils rêvaient autrefois. Fais attention ne tourne pas les pages trop vite ça coupe. »
Bref. Récemment il est arrivé deux choses qui me font dire que le format papier n’est pas mort. Bon, le succès de l’une de ces choses est encore à prouver, mais pour la seconde, disons que c’est largement un carton.Parlons-en donc...


La première chose, c’est l’arrivée d’un tout nouveau format de livre, qui me rend certes un peu perplexe (totalement même) mais qui semble ravir certains lecteurs. Peut-être avez-vous vu la pub circuler sur le net, ou bien sur les écrans des magasins V*****. Il s’agit du nouveau format Points Deux – ou .2- un format imaginé en Hollande, breveté par son créateur, dont les droits en France ont été achetés pour deux ans par la maison d’édition Points. De base, Points édite des livres de poche. Mais attention ! Points Deux édite des livres ultra-poche ! Plus petits que des livres de poches habituels -10*17 cm en moyenne – il tient réellement dans n’importe quelle poche, avec ses 8*12 cm. Hors son tout petit format, le côté novateur de Points Deux est sont mode de lecture. Car, comme le montre la pub top moumouth qui circule partout (et qu’au début je croyais être un fake, du coup ça m’avait fait bien rire !), Points Deux se lit dans l’autre sens, c'est-à-dire, comme ça :

Ahah, avec une "Apple" à côté. Hm.


Du coup, vous avez l’impression de faire défiler l’écran de votre Lecteur de livre électronique, sauf que c’est du papier, crénom ! (Allez comprendre pourquoi le numéro de page est lui écrit dans le sens de lecture normal d’un livre, mais bon…) En plus de ça, votre livre, pour un format réduit, ne fait qu’un centimètre d’épaisseur : eh oui, car le texte est écrit sur papier bible ! Vous savez, ce papier limite transparent, dont vous n’arrivez jamais à tourner les pages, et que personnellement je trouve très désagréable à lire.
Mais l’avantage c’est qu’il est si fin que les 500 pages de votre pavé en format poche passent comme une lettre à la poste sur un seul centimètre d’épaisseur (l’autre avantage étant que si un jour vous manquez de PQ, le papier bible est très doux au toucher, de quoi ne pas irriter les plus sensibles des an…, enfin. Voilà.) Bon, et tout ça pour la modique somme de… 10 à 13€. Eh oui, votre livre de poche là, celui qu’est plus grand avec un papier qui gratte, ben lui il coute combien déjà ? Entre 2 et 10€ ? Mouais, mais il rentre pas dans la poche de mon mini-short en jean, lui, et en plus il se lit pas comme un écran d’ordinateur, ah ah, cette antiquité ! 
Bon, vous êtes convaincus ? 
Moi pas franchement, mais bon ça se vend déjà. L’avantage c’est que Points possède plutôt des bons titres à son catalogue. Au moins les lecteurs déboursent de l’argent pour une certaine qualité littéraire. Et puis, si ça peut sauver le livre papier, ne crachons pas trop dessus, c’est une arnaque ça c’est sûr, mais ca semble séduire les personnes qui veulent trop In, tu vois ?

L’autre chose, que j’ai largement préférée pour son côté novateur, et ça paraît normal étant donné que je tiens un blog, c’est le destin génial du livre de Madeleine Roux. Cette américaine fan de gore et d’horreur à un jour décidé de créer un blog. Un simple blog intitulé Allison Hewitt is trapped, où une certaine Allison raconte au jour le jour sa survie dans un monde infecté par les zombies. Pas d’explication, juste un texte, très réaliste (si on met de côté l’existence de zombies) écrit par une jeune librairie coincée dans la réserve de sa boutique avec ses collègues, et qui espère en écrivant ce blog attirer l’aide de quelconques survivants. La première réaction des lecteurs à été de féliciter l’auteur du blog pour son écriture. Fluide, pleine d’humour et d’action, avec un contenu intelligent, Allison Hewitt s’est rapidement attirée des fans. Certains lecteurs, voulant rentrer dans le jeu de l’auteur, ont posté des commentaires sur le même ton :

« Isaac Says : May 31, 2009 at 2:02 pm

If you heard sirens in the area, it’s possible that a police car or a different emergency services vehicle has been abandoned nearby. You made it to the car outside, so if your brave/foolhardy enough you could strike out a couple of blocks. Ambulances carry medical supplies – you haven’t mentioned them so far in your blog, so I assume you haven’t got any, and sooner or later someone is going to get hurt. Firefighter’s jackets would be okay for makeshift armor; thick clothing protects from bites. And of course the police have guns, so any officers that didn’t make it could have pistols or better with them. I know it sounds cold, taking stuff from the dead, but this is life and death.

Also, I doubt the virus (or whatever) is airborne, you would definitely have caught it from such close proximity to the infected. An exchange of fluids (like a speck of blood landing in your mouth or eyes) is probably what you should watch for.

The depressing thing is, it seems despite the zombies, humans are still their own worst enemies. 



Le site est ainsi devenu vivant, et le phénomène a prit de l’ampleur. Finalement, un an plus tard, Madeleine Roux, qui avait imaginé ce blog, se voit proposer par une maison d’édition d’être publiée. Le blog n’est pas terminé, Allison était loin d’être tirée d’affaire, et jusqu’à la publication du livre, l’auteur n’a plus rien posté. Autant vous dire qu’après tant d’attente, les fans se sont jetés sur le livre. Celui-ci est sorti en France il y a quelques jours seulement, édité dans la nouvelle collection « ado » de la maison d’édition Fleuve Noire, qui s’appelle Territoires. Pourtant, ce livre aurait mérité d’être moins cloisonné. Il n’a rien d’adolescent. Allison Hewitt est une jeune femme d’une vingtaine d’année, et le déroulement du roman n’a pas le côté naïf habituellement attribué aux romans pour adolescents, bien au contraire (je pense notamment au fait qu’Allison, plutôt du genre badass que fleur bleue, se promène avec une hache et s’amuse à dégommer des zombies avec parfois un peu trop de gaité de cœur, quand elle ne doit pas abaisser sa hache sur quelques humains dont la moralité à été corrompue par la catastrophe, non décidément, elle n’a rien d’une Bella… plutôt du style Mister T. parfois)



Moi j’ai lu ce livre avec joie. Loin de dramatiser les choses et de faire des montagnes des chaires de zombies qui explosent sous des coups de hache, Allison Hewitt is trapped parle plutôt d’une femme avec du caractère et une volonté de vivre implacable qui tente tout pour se sortir d’un merdier sans nom. Allison écrit ses articles avec de l’humour pour ne pas laisser place au désespoir, et s’amuse à ménager le suspense dans ses articles pour se sentir l’âme d’un auteur de littérature (eh oui, entre autre elle était à la base libraire ainsi qu’étudiante en Lettres, d’où la volonté d’essayer de faire son Tolstoï avant de se faire becter par un mort-vivant décomposé).
Le seul bémol c’est certainement le titre que nos chers amis français ont trouvé pour nous … Un blog trop mortel. Quels petits rigolos ces gens chez Fleuve Noir dis donc ! Ca c’est un jeu de mot qu’il est bon qu’il est drôle ! Bref, un titre un peu beaucoup mauvais, mais pour un livre qui vaut le détour, croyez-moi !



 Alors voilà, je trouve ça marrant de me dire qu’avant un homme assis près du feu racontait son histoire à voix haute, avant d’être transcrit des années plus tard sur papier, et qu’aujourd’hui un homme raconte son histoire autour d’une page web, et qu’il finit des années plus tard par être transcrit sur papier… eh oui, on n’arrête pas encore le papier, et vous savez quoi ? C’est tant mieux, bien que j’aime tapoter sur un clavier, lire quelques notes sur un écran et surfer sur des pages web, rien ne vaut à mes yeux le grain du papier, l’odeur de l’encre fraiche ou bien de la vieille reliure, et je ne suis pas prête de me séparer de ça.

Pour ceux qui veulent voir le site d'Allison Hewitt : http://helptheyarecoming.wordpress.com/

 Pour ceux qui n'ont pas vu la pub de Points Deux :




Commentaires

  1. Ah oui, j'ai oublié de dire qu'ils vendaient des marque-pages spéciaux pour 2., qui coûtent plus de 5€... la bonne blague. Un ticket de métro suffira pour ceux qui comme moi n'ont pas 5e à mettre dans un marque page de 8cm qu'ils perdront dès les premiers jours. A la revoyure !

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  2. Je suis moi aussi assez perplexe face au .2 même si je les trouve très jolis! je pense que la fabrication justifie le prix mais je ne serais pas prête à en acheter pour autant!
    "le blog trop mortel" est vraiment un nom pourri, je pense donc lire le livre et faire un mots en suite que je pourrais mettre sur la couv' pour cacher cet vilaine chose! ;)

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  3. C'est clair que c'est moins excitant que la sortie d'une nouvelle tablette mais au moins ils essaient de se démarquer. Je pense en acheter un....nan je plaisante. je vais le regarder dans la librairie et le reposer.

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  4. Aïe! La crise du livre.
    Et bien franchement, tu sais quoi? Moi je crois au format papier pour encore bien longtemps. C'est sûr que la technologie fait des choses fabuleuse, mais jamais au grand jamais un tablette n'aura intégré un brumisateur d'odeur de vieux papier.
    Bref le plaisir du livre en main, de tourner la page, d'écorner son bouquin mis au fond du sac, de humer le papier, de s'endormir le nez dedans, DE LE PRENDRE AUX TOILETTES!!! Ben tout ça jamais un truc avec des circuits imprimés ne pourra le faire, alors une chose est sûre c'est que tant que notre génération et celle qui arrive (je ne me prononce pas pour la suite) seront vivante, le livre triomphera de son combat contre le livre terminator, dument introduit par skynet il y a quelques années (COMPLOT MONDIAL!!!).
    Alors vive la littérature et vive les livre.

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  5. A ce prix-là autant acheter un e-book

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