Accéder au contenu principal

Légendes de la garde - Blacksad - Canardo

Des chats qui fument et des canards en imper...


Great Gatsby
Non je n'arrêterai pas la lutte !

Comme je vous l’ai dit dans l’un des premiers articles de ce blog, je n’ai pas toujours été férue de littérature (je vois que certains ne savaient pas, c’est donc que vous ne lisez pas tous mes post, fripouilles ! Pour votre peine ce sera deux Ave Maria et la relecture du blog du premier au dernier article six fois, et peut-être que Bouddha vous pardonnera). Donc, même si j’aimais voler des livres au CDI sous le nez de la documentaliste, je vivais ce genre de phénomène qui existe souvent pour les amateurs de musique : je relisais quinze fois le même livre jusqu’à épuisement, et je ne variais donc pas beaucoup. C’est un tic qui m’a quitté avec l’âge, mais il n’en reste pas moins que jusqu’à mon adolescence j’étais quand même très limitée dans mes lectures, malgré la bibliothèque bien fournie qui trônait dans la chambre que je partageais avec ma sœur. Il en était de même pour les bandes-dessinées. Certes nous n’en avions pas des masses, l’essentiel de notre bédéthèque étant composé de la série entière des Tintin, des Asterix, des Gaston et… puis c’est tout. Heureusement il y avait aussi la contribution de mon frère, premier découvreur des horizons du genre, c'est-à-dire la collection des Percevan.

Vous ne connaissez pas Percevan ? Eh bien c’est un tort ! Percevan c’est lui :



Toujours accompagné de son gros compagnon Kervin qui possède le cultissime Guimly,  un animal que j’ai toujours rêvé d’adopter, le problème étant qu’il n’existe pas. Bon, ça fait toujours plaisir de rêver non ? Dans tous les cas, jusqu’à la fin de mes études, je n’ai pas cherché plus en avant à élargir ma culture générale en BD. J’étais bien trop accaparée par la lecture de « vraie littérature » comme disait mon prof de librairie (ah ! quel esprit d’ouverture !), quoique quand même seulement de la « SF » (terme réducteur pour un genre littéraire qui ne mérite pas l’attention de l’élite intéllectuelle-qui-pète-plus-haut-que-son-cul-légèrement-bouché-par-un-gros-manche-à-balai). 
Jusqu’à ce que je fasse un stage qui a changé ma vie, et je pèse mes mots !

J’étais donc une jeune et frêle étudiante en DUT Métiers du livre et je voulais par-dessus tout faire mon stage dans l’antre des littératures de l’imaginaire à Toulouse, c'est-à-dire à la librairie Album Toulouse (anciennement Bédéciné, avant qu’ils ne tombent entre les mains de la chaîne). C’est là qu’œuvre Cathy, reine incontestée du monde des littératures de l’imaginaire, grande prêtresse du genre, mon modèle quoi. Bon, ce qu’il s’est passé c’est qu’au lieu de me faire bosser avec Cathy, ils m’ont demandé de rester à la caisse de la partie BD franco-belge du magasin, à mon grand désappointement. Ce qui, finalement, était une super idée. Il m’a suffit d’ouvrir une BD pour avoir envie d’engloutir toutes les bibliothèques de la librairie. J’avais déjà bien entendu parcourue des librairies BD mais là, c’était comme une révélation, je suis tombée dedans comme Obelix. J’ai dévoré  pendant deux mois, en je suis sortie de mon stage avec l’impression d’avoir trouvé une partie de moi-même manquante, une pièce complémentaire du puzzle, et je vous assure que ça fait sacrément du bien ! (Le plus fou était que l’auteur de Percevan était client à la librairie, le rêve quoi !)

Bref, depuis je ne quitte plus l’actu BD, même s’il est dur de rester à jour quand on travaille sur un rayon différent toute la journée. Bon sur ce je vais vous parler du pourquoi du comment de cet article, arrêtons de tourner en rond nom di diou !...

Il se trouve que je suis tombée sur une petite perle lors de mes dernières pérégrinations BDphilesques (précisément lorsque je suis allée à Evreux dans la superbe boutique de L’Orielle à flâner dans les rayons avec un chat noir qui se frottait contre mes mollets, c’était vraiment chouettos !) Il s’agit de Légendes de la Garde, une bande-dessinée scénarisée et dessinée par David Petersen et éditée par Gallimard. Notre premier opus se passe en Automne 1152. Dans la forêt, les souris vivent entourées de prédateurs et d’ennemis. Pour se défendre, ils ont crée la Garde, les guerriers protecteurs qui veillent jour et nuit.  Mais Kenzie, Saxon et Lieam, tous trois membres de la Garde, découvrent un sombre complot fomenté contre la Garde et le gouvernement en place dans la grande cité de Lockhaven…




Que dire, que dire… J’ai souvent entendu dire que la BD anthropomorphique (c'est-à-dire quand des animaux agissent comme des humains) était destinée aux enfants seulement, et bien ce n’est pas vrai ! Légendes de la Garde ravira les plus grands, mais oui, mais oui tout à fait ! Légendes de la Garde est un petit bonheur de lecture et d’illustrations. J’adore le trait de Petersen et le scénar, qui mêle fable et récit d’aventure, est tout simplement génial. Un second tome est sorti il y a peu, qui se passe durant l’hiver 1152, et la série n’est pas encore terminée, ce qui veut dire encore tout plein de bastons de souris avec des capes, des épées et des poils qui volent pendant quelques temps, youpi !


Pour tout dire, ça m’a donné envie de parler de la BD anthropomorphique, qui ne devrait pas être exclue de vos lectures à cause du simple fait qu’un chat fume une cigarette ou qu’un canard porte un imper, non mais franchement, c’est de l’abus d’intolérance ça ! Certains auront compris que je fais référence à deux séries majeures de la BD, et deux séries avec des chats et des canards (encore des chats, franchement, c’est pas fini ce délire ?!).
Pour la première je fais référence à Blacksad. Ze série, avec un grand Z. Blacksad est un chat, mais c’est surtout un chat détective qui a le talent pour se fourrer dans les affaires les plus sombres et sordides, histoire d’en ressortir avec quelques coussinets en moins et de jolis cocards. La série de BD se passe dans les Etats-Unis des années 50, et chaque tome est un délice visuel et un bonheur scénaristique. Mon préféré reste certainement le tome 2, Arctic Nation, ou les animaux au pelage blanc décident de prendre le pouvoir et d’éradiquer la mauvaise graine (un écho résonne en vous ?). Bien entendu ils sont tous à lire, définitivement. Et j’espère avec la ferveur des fanatiques de cette Bd que Diaz Canales et Guarnido nous fourniront un 5ème tome.


La seconde référence parle bien sûr de l’inspecteur Canardo de notre ami Sokal. Sorties il y a plus de trente ans en France (bien avant Blacksad), les enquêtes de Canardo le canard désabusé sont des histoires cyniques et noires tintées d’un humour grinçant qui ravira les amateurs de policier. Vous trouverez toutes les BD de Canardo dans les meilleures librairies de France, héhéhé, et vous verrez ça se lit avec délectation !


Tiens, toi aussi tu chiales Canardo ?!


En parlant de chat (si si rappelez-vous on en a parlé plus haut !) Il vient de paraître un livre aux éditions Tredaniel tout à fait unique en son genre. Il s’agit d’un livre sur la ronronthérapie (figurez-vous que cela existe). Sur-ce, comme j’ai bien besoin d’un peu de relaxation ces temps-ci et que vous avez certainement très envie de sentir les nœuds de votre dos se détendre un brin, je vous passe cette merveilleuse (sentez l'ironie hein) vidéo pleine de ronrons qui font brrrrrrrrrbrrrrrrrr (parce que mieux que de vous farcir le livre à X euros, l’éditeur à posté une longue vidéo sur Dailymotion, très intelligent tout ça !)
Le blog de Légendes de la Garde : http://www.mouseguard.net/
Le blog de David Petersen : http://davidpetersen.blogspot.com/

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

L'Homme dé, de Luke Rhinehart

Il existe peu de roman en poche aux éditions de l’Olivier. Quand j’ai aperçu L’Homme dé sur l’étagère je me suis demandé ce qu’était ce format, et cette maquette que je n’avais vu encore nulle part… L’Homme dé est immédiatement rentré dans ma bibliothèque « à lire » coincée dans un coin de mon cerveau, et je l’ai laissé prendre la poussière une année. Une année avant de me dire « bon, je vais visiter New York City (!) donc faut que je me trouve des livres qui se passent dans la grande pomme ! ». Oui moi quand je vais à un endroit maintenant j’essaye d’emporter des livres du coin (je vous dirais ce que je trouve si un jour je dois aller dans la Creuse, ça sera pas facile ni joyeux.).
M’en passant par Montréal, j’ai donc emporté un roman de Michel Tremblay (The auteur québécois) La grosse femme d’à côté est enceinte, puis j’ai fourré l’Analyste de Caleb Carr dans mon sac, et enfin : L’Homme dé.





J’ai été contente parce que je l’ai lu au retour du voyage, et je pouvais reconnaître les coins…

La belle sauvage, de Philip Pullman

Celui-là, je l'attendais de pied ferme.

Depuis mon arrivée à Montréal, mon budget livre a drastiquement baissé. Eh oui, ici les ouvrages coûtent deux fois plus cher qu'en France : pas de prix unique, prix de l'import, différente monnaie. J'ai donc dû revoir mes priorités, je me focalise sur ce qui me fait vraiment envie, et je carbure aussi avec toutes mes piles non-lues de cette période bénie de libraire acheteuse compulsive !
Pour novembre, j'avais deux livres en tête à acheter : Les griffes et les crocs de Jo Walton chez Denoël, etLa Belle Sauvage, de Philip Pullman chez Gallimard Jeunesse. J'ai profité du Salon du livre de Montréal pour les cueillir sur le stand Gallimard.  Il était là, forcément en piles immenses et bien mises en avant pour les lecteurs, car je n'étais pas la seule à l'attendre avec impatience.


La Belle Sauvage est un roman de Philip Pullman rattaché à l'univers d'A la croisée des mondes (La boussole d'or pour ceux qui ne con…

Toxoplasma, de Sabrina Calvo

J'ai découvert Calvo en France, en lisant son roman fantastique Elliot du néant, paru aux éditions La Volte en 2012. Je me souviens encore de son onirisme, de son humour, de ses références à Mallarmé, Lewis Carroll et Nik Kershaw, et de son atmosphère étrange et foutraque hors du commun. Calvo, avais-je compris à l'époque, sort des sentiers battus.  Cela s'est d'ailleurs confirmé lorsque l'année passée David s'est muée en Sabrina, une peau neuve qui lui va comme un gant, et une nouvelle identité qui la définit aujourd'hui tout autant que sa carrière d'artiste et d'écrivaine.
C'est donc avec plaisir que j'ai vu sortir en fin d'année dernière son nouveau roman Toxoplasma, toujours chez La Volte, et qui prenait place dans ma nouvelle ville de coeur : Montréal. Car Sabrina Calvo habite elle aussi la métropole québécoise, et elle a décidé d'en faire son terrain de jeu.




Cette fois-ci, elle nous entraîne dans les aventures de Nikki, détective pou…