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Fables, de Bill Willingham

Bons baisers de Guslavie et la bobinette cherra.



J’étais hier en territoire guslave. Pour les ignorants l’ambassadeur Guillaume de la Guslavie, pays proche de l’Ukraine surtout connu pour ses mines de diamants et sa Wrestling democraty où les idées politiques sont défendues sur un ring de catch et arrosées de shots de vodka, fêtait son anniversaire ! Et toutes les ambassades présentes en France étaient invitées pour l’occasion.
Vous vous doutez que je suis autant ambassadrice que la Guslavie existe. Donc il m’a fallu trouver un pays, une nation, que dis-je un royaume à défendre. Après moult réflexions, je décidai de me faire ambassadrice Petit Chaperon Rouge du royaume de Fableville. Quelle fut ma déception arrivée sur place de voir combien peu d’invités connaissaient le comic auquel mon ambassade fait référence ! Bon la soirée était épique, les différentes ambassades très bien costumées et le buffet prodigieux, mais ce n’est pas de ça dont je vais vous parler. Vous n’aviez qu’à y être.
Je vais bien-sûr répandre la bonne parole sur le comic Fables, dont Fableville est issue. J’ai d’ailleurs terminé le tome 12 cette semaine et souffre de frustration extrême face à l’attente du prochain ! Eh oui, Fables est une série de BD américaine totalement envoûtante. Donc soyez avertis, une fois commencée vous ne la lâcherez plus.


Mais passons aux présentations...
Fables est une série de comics crée par Bill Willingham et publiée chez Panini Comics dans la collection Vertigo (la collection des comics de qualités que je vous recommande fortement).
L’histoire se situe de nos jours, dans un quartier de New York que ses habitants nomment Fableville. Mais Fableville n’est pas un quartier de New York ordinaire, il est habité par, comme son nom l’indique, des personnages de fables et de contes de fées. Ceux-ci sont arrivés avec les premiers colons il y a plus de 400 ans pour échapper à l’Adversaire, un fable inconnu qui a envahit tous les royaumes imaginaires et en a fait une dictature. Ainsi les réfugiés de contes de fées vivent en paix à Fableville, où Blanche-Neige est adjointe au maire, le grand méchant loup shérif de la ville et la Belle et la Bête, Le Prince Charmant, Jack et le Haricot magiques et d’autres fables sont de simples citoyens. Le premier tome débute avec le meurtre sanglant et non élucidé de Rose-Rouge, la sœur de Blanche-Neige (aussi dans certaine versions appelée Blanche-Rose : relisez vos classiques de Grimm ici). Bigby -the Big Bad Wolf- va alors mener l’enquête, et tous les fables deviennent suspects…

Il fallait y penser ! Rien que l’idée de réunir des contes du monde entier de cette manière est un coup de génie. Et à partir de cette matière première inventée par des écrivains de renoms il y a des siècles de cela, Bill Willingham fait un récit original et ébouriffant. Loin des clichés de Disney, les personnages de Fables sont à l’image des premières versions des contes. Chacun à un caractère bien particulier qui contient sa part d’ombre, même Blanche-Neige, le Prince charmant, ou encore Boucle-d'or. Il arrive même parfois que les rôles s’inversent : le grand méchant loup est un citoyen modèle qui fait amende honorable de ses crimes passés alors que Jack (qui n’a plus de haricots magiques) profites du système pour organiser des arnaques et autres coups montés. Le panel de personnages de contes croisé est impressionnant. Il ne s’arrête pas à Grimm, mais enveloppe tous les personnages de contes issus du monde entier. Ainsi au fil des tomes vous allez croiser Mowgli, Barbe-bleue, Lancelot, Pinocchio, ou encore des personnages de récits traditionnels populaires comme Blue Boy, un personnage inconnu en France issu d’une comptine américaine pour enfants. Il a fallu un travail considérable et une imagination sans limite pour concevoir l’histoire de Fables, qui va bien plus loin que la trame de départ du premier tome, et j’admire le bonhomme. Il fait désormais partie des écrivains que je suis régulièrement et dont je suis sûre de ne pas être déçue par une œuvre. D’ailleurs pour ceux qui préfèrent les romans, Willingham à écrit Peter et Max, sorti chez Bragelonne en 2010, dérivé de sa série Fables, et dont l’histoire s’inspire du joueur de flûte de Hamelin. Un excellent livre que je recommande aussi !
En bref, réparez vos torts ! Il est grave aujourd’hui dans le monde Guixxx de ne point connaître Fables. Au moins, lisez-le pour pouvoir me dire que vous avez détesté et que vous me conchiez, mais lisez-le, nom d’un petit bonhomme de bois !
Pour ceux qui aimeraient découvrir Fables, voici la couverture du premier tome Fables en exil, et pour vous donner un aperçu du contenu, la première page du comic.




P.S : je n’étais pas costumée comme la Red Riding Hood de l’en-tête de l’article, mais j’aurais bien aimé avoir cette classe ;) !

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