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Articles

La maison du Cygne, de Yves et Ada Remy

Il y a des ouvrages dont on entend parler comme d'une merveille disparue. "Tu avais lu La maison du Cygne ?" "C'était sorti dans les années 70, non ? Je m'en souviens, c'était fabuleux !" "Oui, j'avais adoré. Un ouvrage génial des Rémy" "Un roman de SF incroyable chez Ailleurs et Demain ! C'est dommage qu'il ne soit plus édité."



Puis un jour Dystopia Workshop décide de ressortir les ouvrages des Rémy, anciens et nouveaux. On m'offre d'abord Le prophète et le Vizir (fantastique, merci Clément), puis je lis Les soldats de la mer (superbe), puis le Mont 84 (étonnant), quand enfin Dystopia publie une édition revue et corrigée de La maison du Cygne. Je l'attendais de pied ferme, puisque tout le monde ne jurait que par ce roman.
J'ai profité d'un voyage à Paris pour passer en Scylla et l'acheter. Dystopia n'est pas encore disponible au Québec, mais toutes les bonnes librairies de France se sont …
Articles récents

Toxoplasma, de Sabrina Calvo

J'ai découvert Calvo en France, en lisant son roman fantastique Elliot du néant, paru aux éditions La Volte en 2012. Je me souviens encore de son onirisme, de son humour, de ses références à Mallarmé, Lewis Carroll et Nik Kershaw, et de son atmosphère étrange et foutraque hors du commun. Calvo, avais-je compris à l'époque, sort des sentiers battus.  Cela s'est d'ailleurs confirmé lorsque l'année passée David s'est muée en Sabrina, une peau neuve qui lui va comme un gant, et une nouvelle identité qui la définit aujourd'hui tout autant que sa carrière d'artiste et d'écrivaine.
C'est donc avec plaisir que j'ai vu sortir en fin d'année dernière son nouveau roman Toxoplasma, toujours chez La Volte, et qui prenait place dans ma nouvelle ville de coeur : Montréal. Car Sabrina Calvo habite elle aussi la métropole québécoise, et elle a décidé d'en faire son terrain de jeu.




Cette fois-ci, elle nous entraîne dans les aventures de Nikki, détective pou…

Le chant du coucou, de Frances hardinge

J'ai découvert Frances Hardinge dans ce qui me paraît aujourd'hui être une autre vie. Je l'ai découvert grâce à son titre L'île aux mensonges, publié en français chez Gallimard jeunesse, lorsque j'étais encore dans ma propre libraire. C'était il y a un un peu plus d'un an, mais ça me paraît aujourd'hui incroyablement loin.

La lecture de L'île aux mensonges, en revanche, est encore assez fraiche dans mon esprit. Déjà, Frances Hardinge mettait en scène une héroïne aux bords tranchants et à la personnalité sans filtre, et j'avais beaucoup aimé. Comme Triss dans Le chant du coucou, c'était aussi une jeune fille issue d'une bonne famille et qui tente de s'extirper du carcan imposé par ses proches et la société. Peut-être vous en parlerais-je dans un autre billet. J'attends la suite avec impatience.
Donc quand j'ai vu que sortait Le chant du coucou - édité par L'Atalante en 2018 et traduit par Patrick Couton - je n'ai pas hés…

Un cantique pour Leibowitz, de Walter M. Miller Jr.

Lorsque j'ai quitté ma librairie il y a maintenant presque un an, je m'étais dit que les mois suivants ce changement de vie - où je ne pouvais pas travailler du fait de mon processus d'immigration au Canada - seraient dédiés à la lecture d'oeuvres qui m'ont toujours fait de l'oeil mais que je n'avais jamais pris le temps de lire.
J'avais fait pas mal d'achats (en prévision du prix des livres au Québec qui est deux fois plus élevé) et conçu une liste d'ouvrages en format de poche que je comptais rafler dans une librairie une fois sur place. J'ai mis plus de temps que prévu, mais j'ai fini par trouver l'un de ces titres à la superbe librairie d'occasion L'Echange, sur le Plateau Mont-Royal, et il s'agissait d'Un cantique pour Leibowitz, de Walter M. Miller Jr., un classique de la science-fiction américaine écrit à la fin des années 50 et disponible en français chez Folio SF.


Un cantique pour Leibowitz commence son histoire…

Document 1, de François Blais

J'ai quitté la France pour vivre au Québec il y a maintenant plusieurs mois. On ne peut pas dire que j'y suis allée sans connaître, je vis avec un québécois depuis près de sept ans ! J'y suis allée en vacances deux fois, j'ai même visité des endroits que certains de mes amis québécois n'ont jamais vu, comme des coins reculés de la Côte Nord ou le Rocher Percé en Gaspésie. J'ai écumé Montréal au peigne fin, en baskets et en short par 30 degrés sans eau, ratissant ses pâtés de maisons rectangulaires avec enthousiasme. J'ai regardé les films, populaires ou moins populaires, découvert les humoristes des années 80 à ceux d'aujourd'hui, écouté quelques artistes en vogue et les chansonniers célèbres, lu quelques romanciers qui se sont exportés, et tout ça alors que j'étais encore de l'autre côté du monde, au pays des franchouillards pain-saucisson-vin.
Aussi quand je suis arrivée ici, j'étais pratiquement bilingue. Ouais ouais, bilingue parisien-q…

Alouettes, de Jeanne-A Debats

Je ne parle en général jamais d'un tome 2 sans avoir d'abord évoqué le premier. Mais ça va être le cas avec ma dernière lecture, Alouettes, de Jeanne-A Debats paru en format de poche dans la collection Hélios.  Alouettes est bien un tome 2. Ce n'est pas marqué sur la couverture, il n'y a pas de nom de série qui vous saute aux yeux, mais c'est bien la suite d'un roman paru quelques années plus tôt : L'Héritière, et il fait partie d'une série qui s'appelle apparemment Testament (j'ai fait quelques recherches pour le savoir ça...).  L'avantage de cette série, c'est que vous n'êtes pas obligé de lire le premier pour comprendre l'intrigue du second, mais je vous le déconseille fortement - ça serait bien trop frustrant.
J'avais découvert Jeanne-A Debats avec ses nouvelles dans La vieille anglaise et le continent en édition Folio SF. Je m'étais déjà dit que cette auteur avait du talent. Je m'étais même dit qu'elle en avait …

Les griffes et les crocs, de Jo Walton

C'est le cinquième roman de Jo Walton que je lis, et je suis toujours aussi agréablement surprise. Après la Trilogie du subtil changement, romans policiers uchroniques qui réussissaient à nous plonger dans trois univers littéraires différents, après l'uchronie féministe et humaniste de Mes vrais enfants, voici traduit en français Les griffes et les crocs. Cette fois pas d'uchronie (vous aurez compris que l'auteur aime jouer de ce processus pour développer ses intrigues) mais une réécriture des romans de moeurs victoriens - comme ceux d'Anthony Trollope ou Jane Austen (pour ne citer qu'eux) - au coeur de la bonne société des... dragons (!).



Les griffes et les crocs nous raconte effectivement l'histoire de la famille Argonin, qui va voir son quotidien voler en éclat suite à la mort du père de famille, Bon Argonin.  Le Digne Argonin est pour nombre de dragons un exemple de succès : il a réussi à s'extraire de sa basse condition en accumulant les richesses et …